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Anthropologie de la musique et de la danse : une approche des mondes contemporains

Journée d'études
8 juin 2010

organisé par Sara Le Menestrel
dans le cadre de MUSMOND, projet de recherches financé par l'ANR

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perspective

Cette journée d’études s’inscrit dans le cadre du séminaire de l’EHESS intitulé «  Terrains croisés en anthropologie de la musique et de la danse ». Elle propose une réflexion sur certains des enjeux majeurs de l’anthropologie contemporaine par le prisme de la musique et de la danse. L’analyse des logiques communes de circulation, de mutations et de hiérarchisations à l’œuvre dans les pratiques musicales et dansées permet d’interroger des notions omniprésentes dans les problématiques anthropologiques actuelles. Il s’agit donc, à partir des objets que constituent la musique et la danse, de mettre à l’épreuve des outils conceptuels tels que le métissage, les réseaux transnationaux, l’acculturation, et la mondialisation. Notre approche est centrée sur les parcours de musiciens et de danseurs. À partir de leurs itinéraires, nous dégageons des connaissances qui dépassent la singularité des individus pour éclairer des processus collectifs.

 

Circulations, réseaux, changement d’échelles 

Notre réflexion entend dépasser le constat des circulations des pratiques musicales et dansées. Il s’agit ici d’analyser les changements d’échelles et les processus de désancrage et de réancrage dont relèvent ces mouvements circulaires. Par ailleurs, l’émergence, la production et la diffusion des musiques et des danses sont indissociables du rôle des industries artistiques et des institutions politiques et culturelles. Ce processus ne doit pas être envisagé en termes de contrôle univoque, mais de compromis entre les intentions des producteurs, des artistes, et les appréciations parfois divergentes du public. Nous engagerons dans cette perspective une réflexion critique sur la construction des catégories utilisées dans différents cadres (institutionnels, artistiques et académiques) pour définir les musiques et les danses étudiées et les débats taxinomiques qui en découlent : « populaires », « de masse », « savantes », « traditionnelles », « ethniques », « folkloriques », « noires », « blanches », « métisses », « sacrées », « profanes », « musique à danser » sont autant de classifications dont l’instrumentalisation et l’impact social, économique et politique devront être analysés.

 

Le métissage à l’épreuve 

Les musiques et les danses dites du monde sont aujourd’hui souvent perçues comme un véritable creuset culturel, érigées en symbole de partage et d’enrichissement. Elles dépasseraient tous les clivages, tout en étant définies par opposition à la « culture légitime ». Le paradigme du métissage musical occulte de plus les discordances, les mécanismes de domination au sein des musiques populaires, le maintien dans la pratique de diverses formes de discriminations, les conflits de pouvoir, les réprobations d’attitudes et de goûts. La mise en avant des différents apports dont se composent les musiques et danses du monde s’accompagne bien souvent de la revendication d’une tradition et d’une légitimation de la différence. C’est précisément ce double processus de valorisation du métissage et de rhétorique des origines qui sera au centre de notre attention. La capacité du concept de métissage à analyser les interactions culturelles se heurte constamment aux paradoxes persistants qui l’habitent, désignant des processus jugés inhérents à la dynamique culturelle et revenant en définitive à réintroduire une lecture biologisante des sociétés. Les groupes d’individus impliqués dans les processus dits d’acculturation entrent dans des rapports souvent inégalitaires, mais dont aucun n’est dépourvu de possibilités d’intervention. Les notions de métissage et d’authenticité seront interrogées en mettant en lumière les réappropriations, les tensions et clivages sociaux inhérents aux processus qu’elles décrivent.

 

programme

Maison Suger, 16 -18 rue Suger
75006 Paris
Métro : St Michel
dans la limite des places disponibles


  • 9h30     Introduction, Sara Le Menestrel (CNRS), coordinatrice du programme MUSMOND

Approche méthodologique

  • 9h45  Bernard Lahire (ENS, Lettres et Sciences Humaines): «  Échelle individuelle d’observation et mélanges culturels des genres »
  • 10h30   Commentaires : Gabriel Segré (U. Paris-Ouest La Défense)

 

Circulations, métissage, changements d’échelles

  • 10h30   Jocelyne Guilbault (U. of California, Berkeley, Department of Music): «  Réflexions théoriques : hybridité et circulation dans les études sur les musiques populaires »
  • 11h15   Commentaires : Nicolas Puig (IRD)
  • 11h30   Discussion

12h45   Déjeuner

  • 14h30 - Christian Rinaudo (U. de Nice-Sophia Antipolis/IRD Mexico): «  Métissage et différence dans la ville de Veracruz : africanité élective et mode de vie bohème dans le monde de la musique populaire »
  • 15h15 - Deborah Kapchan (NYU, Department of Music): «  Diasporic Trajectories and Musical Genealogies: Randy Weston, Abdellah El Gourd and the Travelling Spirit Masters »
  • 16h - Commentaires : Guillaume Samson (Pôle régional des musiques actuelles de La Réunion) et Sara Le Menestrel (CNRS).
  • 16h15 - Discussion

17h30   Clôture de la journée

 

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Mise à jour / Update: 01.10.2010