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De part et d'autre de l'Atlantique |
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le mouvement libéral et conservateur comme entreprise de subversion hétérodoxeJournée d'études organisée par Romain Huret (Lyon II, CENA) et Jean Solchany (IEP Lyon, LARHRA)
Cette journée d'études propose une réflexion sur la montée en puissance du conservatisme et du libéralisme dans la seconde moitié du XXe siècle. Au-delà des analyses fournies par les idéologues de ces mouvements, soucieux de magnifier leur histoire comme la success story d'une juste cause, il s'agira de décrypter les stratégies de promotion mises en oeuvre pour asseoir la légitimité des idées néolibérales et néoconservatrices dans le champ intellectuel, idéologique et politique, au niveau international comme au niveau national. Le couple orthodoxie/hétérodoxie offre une grille de lecture fructueuse pour rendre compte de cette histoire. En effet, lorsqu'il prend forme à la fin des années 30 et dans le courant des années 40, le mouvement néolibéral et néoconservateur se conçoit et se présente comme une alternative sans concession à des conceptions de la société et de la politique accusées de dominer les débats et d'avoir mené le monde à la crise, qu'il s'agisse du socialisme, du keynésianisme, de l'interventionnisme, de l'étatisme et même d'une certaine forme de libéralisme. Car cette posture de l’hétérodoxie sert également à dénoncer ceux qui, au sein même du courant libéral et conservateur, sont accusés d'avoir adopté les grands principes de leurs adversaires. Nombre d'intellectuels néoconservateurs et néolibéraux brandissent alors l'étendard de la marginalité pour défier ce qu'ils considèrent comme un ordre établi. L'ambition de la contre-mobilisation libérale et conservatrice est donc fondamentalement hétérodoxe, n'ayant d'autre but que de mettre un terme à la domination des idées « progressistes » ou considérées comme telles en leur substituant une représentation de la société fondée sur un corpus de valeurs et de principes présenté comme intrinsèquement supérieur. C'est donc un combat pour la conquête du magistère intellectuel et idéologique qu'il importe de contextualiser et d'historiciser. Organisée par le LARHRA (équipe RESEA), le CENA et l’Atelier sur l’Amérique du Nord (Lyon II, ENS Lyon, IEP de Lyon), la journée d'étude cherchera d'une part à cerner un certain nombre de figures ou de réseaux responsables de l'élaboration d'une contre idéologie "hétérodoxe", d'autre part à identifier les modes de diffusion des idées néolibérales et néoconservatrices. L'approche comparatiste mettant en regard continent européen et espace nordaméricain permettra de souligner le caractère transnational de l'idéologie néolibérale et néoconservatrice, non pas dans une logique d'"histoire des idées" au sens traditionnel du terme, mais dans une perspective plus globale d'histoire sociale, culturelle et politique de la production intellectuelle et idéologique. La circulation des argumentaires d'un pays à l'autre et de part et d'autre de l'Atlantique recevra une attention particulière. L'enjeu sera également de faire varier les échelles d'analyse, les approches biographiques et les analyses de réseau se complétant pour rendre compte d'une entreprise de promotion intellectuelle et idéologique qui a su efficacement fédérer les énergies individuelles. Le croisement des compétences proposées par l'histoire et la science politique permettra une approche aussi globale que possible d'un phénomène multiforme.
12 h 30 – 14 h 30 : pause déjeuner
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