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Être et se penser Français

Nation, sentiment national et identités dans le monde atlantique français du XVIIe au XIXe siècle

 

Colloque organisé par Cécile Vidal et François Weil
16-18 octobre 2008
amphithéâtre de l'EHESS, 105 bd Raspail, Paris 6e

(le programme des communications est au bas de cette page)

pour tout renseignement, contacter Cécile Vidal  mel 

 

présentation

Depuis les années 1980, les historiens de part et d’autre de l’Atlantique, s’appuyant sur une déjà très ancienne et abondante historiographie, ont multiplié les travaux sur la nation, le nationalisme et les identités nationales. De nombreuses études ont été consacrées en particulier à la conscience nationale et au nationalisme britannique non seulement en Grande-Bretagne, mais dans l’ensemble du monde atlantique britannique au cours de la période moderne. Elles ont notamment montré que les colons des Treize Colonies, loin de se détacher de la métropole, avaient pleinement adhéré au nationalisme britannique en plein essor à partir des années 1740 et que l’Empire avait joué un rôle croissant dans la définition de l’identité nationale britannique aux XVIIIe et XIXe siècles. En revanche, les ouvrages relatifs à la France moderne se focalisent le plus souvent sur la métropole et tiennent peu compte des colonies françaises. La formation d’un premier Empire français outre-mer, la migration et l’établissement de Français dans les comptoirs d’Afrique et les colonies d’Amérique, la rencontre avec des nations amérindiennes en position de force en Nouvelle-France, le développement de la traite et de l’esclavage des Africains au « Nouveau Monde », l’essor des rivalités impériales n’auraient-ils eu aucun impact sur les conceptions de la nation et le nationalisme français ? Peut-on vraiment penser ces phénomènes en occultant le contexte colonial et impérial, alors que l’on peut poser l’hypothèse que les colonies constituèrent un laboratoire de la francité ?

Le fait que les historiens français se soient relativement peu intéressés à ces questions doit être mis en relation avec le faible développement en France de la nouvelle histoire atlantique qui connaît au contraire un vif essor dans les universités anglophones depuis le début des années 1990. Les tenants de ce nouveau courant historiographique considèrent le monde atlantique comme une unité d’analyse historique ; ils ont montré qu’une grande partie des échanges et des interactions ayant lieu entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques entre la fin du XVe siècle et le milieu du XIXe siècle ne respectaient pas les frontières nationales et impériales. Les débats portent actuellement sur le degré d’intégration du monde atlantique. Certains chercheurs insistent en effet sur la nécessité de mettre en évidence autant l’unité que les divisions de cette région. De fait, les études atlantiques ont tendance à se subdiviser en recherches sur l’Atlantique britannique, espagnol, français, etc., sans que soit toujours précisé ce que recouvrent ces notions. Existait-il un « Atlantique français » entre le XVIIe et le XIXe siècle et, le cas échéant, à quoi correspondait-il ? Ce colloque cherchera à apporter une réponse – partielle – à cette question en explorant ce que l’on appellerait en anglais « Frenchness » et que le terme de francité traduit bien imparfaitement. Si des travaux existent ponctuellement sur tel ou tel aspect de la francité, ils privilégient en général la métropole et surtout ils ne portent pas la plupart du temps sur la longue durée, s’intéressant à la période moderne ou, le plus souvent, à la période contemporaine. Il s’agira donc ici d’analyser la manière dont les interactions entre métropole et colonies ou anciennes colonies au sein du monde atlantique français ont influé sur l’évolution de la francité du XVIIe au XIXe siècle, avant, pendant et après la Révolution française.

Le colloque durera trois jours. Les articles auront circulé et auront été lus préalablement. Lors du colloque, chaque séance sera consacrée à deux articles : chacun d'entre eux sera brièvement résumé en 15 minutes, puis les deux articles seront commentés ensemble en 30 minutes afin de lancer les discussions ; l’essentiel du temps sera consacré au débat. Le français et l'anglais seront les deux langues principales du colloque.

 

programme

l'accès au texte est restreint

Jeudi 16 octobre 2008

09h30 – 10h : Introduction : Cécile Vidal et François Weil, CENA, EHESS

I – Nation, citoyenneté et naturalité / nationalité

10h – 12h : Séance 1 : Président : Jean-Frédéric Schaub, EHESS

14h – 16h : Séance 2 : Président : Robert Descimon, EHESS


II – Sentiment national et identités

16h30 – 18h30 : Séance 3 : Présidente : Françoise Vergès, University of London

 

Vendredi 17 octobre 2008

10h – 12h : Séance 4 : Présidente : Arlette Jouanna, Université Montpellier III

14h – 16h : Séance 5 : Président : Jean Hébrard, University of Michigan

16h30 – 18h30 : Séance 6 : Président : François-Joseph Ruggiu, Université Paris IV

 

III – Discours et représentations : le regard sur les « nations »

Samedi 18 octobre 2008

09h30 – 11h30 : Séance 7 : Président : André Burguière, EHESS

13h30 – 15h30 : Séance 8 : Président : Pap Ndiaye, EHESS

 

16h – 17h : Présidents : Cécile Vidal et François Weil, CENA, EHESS

  • Conclusions : Jacques Revel, EHESS

 

 


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Mise à jour / Update: 18.02.2012