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Séminaires du G.R.I.H.L. >> Séminaire de Dinah Ribard

 

 

Le travail intellectuel : histoire (1600-1900)

 

2e et 4e mardis du mois de 11h à 13h
(salle 5, 105 Bd Raspail)
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2010-2011 : Savoirs, métiers, écritures

2e et 4e mardis du mois de 11 h à 13 h (salle 5, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 9 novembre 2010 au 14 juin 2011

On continuera dans ce séminaire à explorer les voies possibles d'une réinstallation de l'histoire du travail intellectuel dans l'histoire du travail avec, cette année, le souci de proposer quelques pistes vers une synthèse possible. Différents dossiers historiques et historiographiques touchant à l'organisation, à la pensée et à l'écriture, entre XVIIe  siècle et premier XIXe  siècle, de métiers artisans et ouvriers et d'activités aujourd'hui considérées comme intellectuelles ou artistiques, seront abordés. On s'intéressera en particulier au travail des peintres de décoration, à celui des laboureurs, des métiers du bâtiment et du vêtement, ou encore des juristes ou des prêtres.

Un certain nombre de séances seront organisés en commun avec Judith Lyon-Caen sur la question des pratiques historiographiques amateurs et avec Simona Cerutti sur celle du travail comme propriété.

2009-2010 : Savoirs, métiers, écritures

Le séminaire s'est organisé, cette année, autour de deux questions principales : celle de la « culture juridique », à partir des interventions de deux invités, Angelo Torre (Université du Piémont Oriental, directeur d'études invité) et Paolo Napoli (CENJ), qui ont été discutées dans une série de séances ; celle du travail intellectuel des moines. Au cours de la première série de séances, on s'est notamment interrogé sur la productivité analytique de l'affirmation d'une temporalité spécifique irréductible du droit et/ou de la culture juridique, dans la mesure où la revendication d'une temporalité propre caractérise d'autres histoires intellectuelles que celle du droit. On a aussi travaillé, en étudiant le travail de juristes orléanais du XVIIIe siècle sur une coutume particulière et en dialogue avec les propositions d'Angelo Torre, sur la notion de « folklorisation des coutumes ». Il s'agissait à chaque fois de confronter l'analyse en termes de travail intellectuel aux analyses en termes de culture en l'occurrence juridique. La question du travail intellectuel des moines, d'autre part, a permis de réfléchir sur l'équivalence entre travail des mains ou du corps et travail de l'esprit. A la différence des prêtres, les moines étaient en effet censés travailler. A l'époque moderne, de nombreux débats (dont le plus connu, en France, est la controverse entre Mabillon et Rancé, à la fin du XVIIe siècle) ont permis l'élaboration de l'équivalence théorique entre l'étude, mais aussi la direction des couvents ou d'autres activités socialement représentées dans le monde monastique, et le travail manuel. Mais que fait un moine qui publie un livre, non d'érudition ecclésiastique ou assimilée (ou assimilable), mais consacré à un métier manuel, comme l'a fait par exemple le Père Charles Plumier, minime, auteur en 1701 d'un volume intitulé L'Art de tourner  ? Plusieurs questions ont ainsi été abordées : celle de l'écart entre la compréhension du travail intellectuel comme travail et sa compréhension comme activité socialisée, celle des arts et techniques comme objets de curiosité, celle encore de la théorisation, dans la continuité des années précédentes. Deux autres objets, enfin, ont fait l'objet d'un ou de plusieurs séances de séminaires : le corpus des dépêches diplomatiques rédigées en 1848 par le personnel nouvellement mis en place par la révolution dans les différents pays européens, qui fait l'objet d'une recherche récemment entamée avec Morgane Labbé (CRIA), a été abordé comme source pour saisir l'apprentissage du discernement d'une pensée collective dans l'événement ; un ensemble de brochures sur les techniques d'arpentage a permis de développer une interrogation sur l'abstraction et ses lieux, en dialogue avec une séance animée par Marie Glon, doctorante au Centre Edgar Morin, qui a présenté son travail sur l'écriture de la danse à l'époque moderne.

Publications  :

L'Historien et la littérature , Paris, La Découverte , collection « Repères », 2010, 128 p, en collaboration avec Judith Lyon-Caen

Articles :

« La discipline, la doctrine et les livres. L'écriture de l'histoire littéraire de la France par les bénédictins de Saint-Maur » dans Geneviève Espagne (dir.), Histoires de littératures en France et en Allemagne autour de 1800 , Paris, Kimé, 2009, p. 25-46

« Le philosophe et la bibliothèque : érudition, amour des livres et pratiques de pouvoir chez Victor Cousin » (en collaboration avec Mathilde Bombart) dans Les Bibliothèques, entre imaginaires et réalités. Actes des colloques Bibliothèques en fiction, 8-9 juin 2006, et Bibliothèques et collections, 25-26 janvier 2007 , études réunies par Claudine Nédelec, Artois presses université, 2009, p. 207-220.

« Le disgrazie di Etampes. Azione politica, percorsi sociali e scritture nel seicento » (en collaboration avec Nicolas Schapira), Quaderni Storici , 1, aprile 2010, p. 41-82

« Radicales séparations. Ermitages et guerres de plume en France à la fin du XVIIe siècle », Archives de sciences sociales des religions , 2010/2, n° 150, « Ecritures radicales au Grand Siècle », p. 117-133

« Le travail intellectuel : travail et philosophie, XVIIe-XIXe siècle », Annales HSS , mai-juin 2010, n° 3, « Histoire du travail », p. 715-742

« Professeurs, maîtres et enseignants à l'époque moderne. Etude d'un travail intellectuel », Actes de la recherche en sciences sociales , n° 184, 2010, p. 90-107

« Historiographies d'un écrivain au service d'aristocrates : Michel de Marolles » dans Armelle Lefebvre (dir.), Comparaisons, raisons, raisons d'Etat. Les politiques de la république des lettres au tournant du XVIIe siècle , Munich, Oldenbourg, 2010, p. 133-150

« Institution ou politique : le cas Fontenelle », Revue Fontenelle , n° 6-7, 2010, p. 219-233

« La littérature pour politique : étudier les Mémoires  » (en collaboration avec Christian Jouhaud et Nicolas Schapira), Les Temps Modernes , n° spécial « De Gaulle, la France et la littérature », nov.-déc. 2010, p. 85-97

 

2008-2009 : Savoirs, métiers, écritures

Outre une séance consacrée à un parcours d'« original » (Pierre-Joseph Buc'hoz, 1731-1807) aux innombrables publications (d'histoire naturelle, de médecine charitable, de recettes destinées aux artisans ou aux cultivateurs), peu à peu transformées en écriture d'une autobiographie intellectuelle extra-institutionnelle destinée à apitoyer les autorités révolutionnaires, le séminaire s'est organisé, cette année, autour de deux grands objets : le travail intellectuel lié aux métiers de la couleur (les métiers de la teinture et de la peinture) d'une part, le travail doctrinal des professeurs de droit d'Ancien Régime d'autre part. Un certain nombre de discussions ont aussi été menées par les participants au séminaire sur les évolutions de l'organisation de la recherche et de l'enseignement supérieur dans notre pays, dans le cadre du mouvement de protestation contre les réformes actuelles de cette organisation.

La série de séminaires consacrés à la question du travail doctrinal est partie d'une interrogation, soulevée l'an dernier, sur l'activité des professeurs de droit : qu'était censé faire, et que faisait au juste un professeur de droit d'Ancien Régime ? Quelle était la part de l'activité d'enseignement, la part de l'écriture, la part de la consultation, la part de la participation à la vie des communautés (urbaines notamment – le cas des professeurs de droit d'Orléans a été plus particulièrement regardé), auxquelles il appartenait ? Que signifiait écrire de la doctrine, et quels étaient les supports de la production doctrinale ? Le quasi-genre de « l'explication » (explication des ordonnances royales notamment) et ses formes matérielles a ainsi fait l'objet d'une séance.

Les teinturiers et autres professionnels de la couleur (parmi lesquels Buc'hoz, auteur d'un traité sur les matières tinctoriales) présentent la particularité intéressante, dans la perspective d'une histoire du travail intellectuel, d'avoir produit ou suscité la production d'un très grand nombre d'écrits, manuscrits puis imprimés. On a ainsi pu étudier le retravail, à la fin du XVIIe et au XVIIIe siècle, des anciennes recettes, conservées et augmentées depuis le Moyen Age et caractérisées par leur caractère mystérieux pour les non-teinturiers, dans des livres qui se présentent pourtant comme des outils de communication et d'amélioration du métier et font usage de la chimie et de la physique des couleurs la plus contemporaine, voire dans des ouvrages d'ordre règlementaire, produits pour accompagner les règlements des manufactures de tissus et donc l'encouragement donné par la monarchie au développement de l'activité textile. D'autres séances ont montré les liens entre teinture, peinture, ou encore fabrication d'estampes colorées, ont permis de travailler sur le cas de la manufacture des Gobelins ou d'étudier le parcours social de divers spécialistes de la couleur.

Enfin une invitée, Stéphanie Loncle, nous a proposé une réflexion en termes de travail intellectuel sur l'activité des directeurs de théâtre au XIXe siècle.

Publications :

Histoire Littérature Témoignage. Ecrire les malheurs du temps , Paris, Gallimard, collection « Folio Histoire », 2009, 405 p. (en collaboration avec Christian Jouhaud et Nicolas Schapira).

Articles :

- « Religieuses philosophes, religieuses sans clôture, ermites et vagabondes : appartenances et dissidences au XVIIe  siècle », in Jean-Pierre Cavaillé (dir.) Femmes, irréligion et dissidences religieuses (XIVe -XVIIIe  siècles), L'Atelier du Centre de recherches historiques , 04 | 2009, [En ligne], mis en ligne le 04 septembre 2009. URL : http://acrh.revues.org/index1367.html .

- « Dessous et dehors de l'Académie des Sciences. Les pratiques de l'institution », in Barbara Marx / Christoph Olivier Mayer (Hrsg.), Akademie und/oder Autonomie. Akademische Diskurse vom 16. bis 18. Jahrhundert , Frankfurt am Main, Peter Lang, p. 261-279.

- « Travail intellectuel et violence politique : théoriser la noblesse en France à la fin du XVIIe siècle  », dans Vincent Azoulay et Patrick Boucheron (dir.), Le Mot qui tue. Une histoire des violences intellectuelles de l'Antiquité à nos jours, Seyssel, Champ Vallon, 2009, p. 353-368.

- Articles « Huet » et « Baillet » in L. Foisneau, ed., Dictionnary of Seventeenth-Century French Philosophers , London/New York, Thoemmes-Continuum, 2008.

- « Le travail de l'expérience : biographies de philosophes, styles de vie philosophique et vie humaine à l'époque moderne » dans « Une vie humaine … ». Récits biographiques et anthropologie philosophique , textes réunis et présentés par Charles Ramond, Pessac, Presses Universitaires de Bordeaux, 2008, p. 9-24.

- « Le droit canon au Collège royal. Etienne Baluze et la politique du savoir juridique » dans Jean Boutier (dir.), Etienne Baluze, 1630-1719. Erudition et pouvoirs dans l'Europe classique , Limoges, PULIM, 2008, p. 93-113.

 

 

2007-2008 : Savoirs, métiers, écritures

Trois grands objets ont occupé, cette année, l'essentiel des séances du séminaire. Dans la continuité de l'an dernier, d'abord, la question du travail théorique et de sa temporalité propre a été reprise, à travers l'étude des contextes locaux - politiques, sociaux et religieux - de la production de théories de la noblesse et des origines, à la fin du XVIIe siècle. On s'est à cette occasion intéressé à la question des « originaux » et des productions théoriques inactuelles.

Le travail intellectuel des artisans et des ouvriers a constitué le deuxième objet étudié en séminaire, toujours dans la continuité des années précédentes. L'art des verriers et de la verrerie, art noble dont les praticiens ne dérogeaient pas, a permis de faire le lien avec les séances sur les théories de la noblesse. La dimension intellectuelle du métier de tailleurs d'habits, qui avait été travaillée les années précédentes pour les XVIIe et XVIIIe siècles, a été étudiée cette année à partir de la très importante production de traités, de brochures et de journaux professionnels due à des tailleurs dans la première moitié du XIXe siècle, notamment dans les années 1830-1840. Cette production, où la question de l'application de la science (en particulier la géométrie descriptive) aux opérations et aux gestes du métier est centrale et âprement discutée, a permis de réfléchir sur l'échelle à laquelle l'investissement de l'esprit dans le travail de tailleur était pensée par des tailleurs au XIXe siècle, par rapport à l'époque moderne. Les séances consacrées à la période 1830-1840, qui est aussi celle de l'émergence de nombreux poètes ouvriers, ont par ailleurs permis de faire le point sur l'avancement du travail - qui doit donner lieu à la publication d'un livre en 2009 - autour de la figure d'Adam Billaut, le poète menuisier de Nevers, dont les œuvres publiées entre 1644 et 1663 sont réimprimées en 1842. Mais le plus grand nombre de séances, cette année, a porté sur les peintres, vernisseurs et doreurs théoriciens aussi bien que peintres en tableau, et sur la question de la peinture. Un corpus de procès portant à la fois sur des problèmes de paiement et donc de rapports avec les clients, et sur des problèmes d'organisation du travail, a permis d'amorcer l'interrogation sur le travail du droit sur le statut de la peinture et de la sculpture, et une formule de Daniel Arasse, « les peintres pensent avec des moyens de peinture », qu'on a essayé de faire fonctionner comme outil pour réfléchir au travail intellectuel de toutes sortes d'artisans, a aidé à ne pas séparer le questionnement sur la peinture des autres cas étudiés dans le séminaire.

Quelques autres séances, dont l'une avec Michèle Leclerc-Olive (CEMS), ont été consacrées à la succession des projets de mont de piété français (imprimés et manuscrits), entre début XVIIe siècle et fin du XVIIIe siècle, en passant par l'activité de Théophraste Renaudot. On s'est intéressé au dosage des différents éléments (calcul, savoir théologique, droit, imagination règlementaire) qui les composent, mais aussi à leur archivage et à leur réemploi, en particulier au moment où la création du mont de piété parisien (1778) détermine l'émergence d'un débat, notamment dans les journaux. On a ainsi tenté de saisir la pensée de l'ordre social à l'œuvre dans ces projets qui réfléchissent davantage sur le crédit en général que sur le crédit populaire.

Enfin, une invitée (Dena Goodman, directrice d'études invitée) est venue parler de la formation à l'épistolarité au XVIIIe siècle.

Publications

- « Enonciation individuelle et énonciation collective II. L'envers des Provinciales  : agir en (quasi) corps par l'écriture », Chroniques de Port-Royal, « La campagne des Provinciales 1656-1658 », 2008, p. 177-188.

- (avec Nicolas Schapira ) « La localité du centre. Paris-Rome-Versailles-Villiers-le-Bel : les lieux de deux curés de la région parisienne au XVIIe  siècle », Les dossiers du Grihl , 2008-01, Localités : localisation des écrits et production locale d'actions, [En ligne], mis en ligne le 16 juillet 2008.

- « Secrétaire, témoin, auteur. Les Vies de Voltaire par ses secrétaires », Studies on Voltaire and the Eighteenth Century , 2008-4, p. 150-161

- « Le “petit maître de Saumur” : Tanneguy Le Fèvre et la socialisation de l'érudition protestante », Bulletin de la Société de l'Histoire du Protestantisme Français, t. 154, janvier-février-mars 2008, p. 41-59.

- « Travail, formalité des pratiques et socialisation du social  », dans Lire Michel de Certeau - La formalité des pratiques / Michel de Certeau lesen - Die Förmlichkeit der Praktiken , Philippe Büttgen et Christian Jouhaud (dir.), Zeitsprünge. Forschungen zur Frühen Neuzeit, Vittorio Klostermann, Frankfurt am Main, 2008, p. 143-161.

- « Un artisan exemplaire ? Henry Buch et les frères cordonniers et tailleurs » dans L. Giavarini (dir.), Construire l'exemplarité. Pratiques littéraires et discours historiens (XVI e -XVII e  siècles), Dijon, EUD, 2008, p. 229-242.

- « Réflexions sur l'écriture comme lieu de savoir dans les livres de philosophie en France au XVII e  siècle », Revue de Synthèse, t. 128, 6e  série, n 3-4 / 2007, p. 395-417

 

2006-2007 : Savoirs, métiers, écritures

Le séminaire, cette année, s'est organisé autour de deux groupes de séances. Le premier a été consacré à différentes formes de prise en charge (charitable, administrative) des pauvres, dans le but de revenir sur un lieu bien identifié par les approches de l'histoire du social sous l'angle intellectuel. Il s'agissait d'exposer aux questions produites par une réflexion en termes de travail intellectuel un ensemble d'objets historiques caractérisés par leur air de famille : la mise en place de moyens d'identification des populations et de contrôle des déplacements des individus, l'émergence de savoirs du social dans le cadre de l'assistance, autrement dit la rationalisation de l'exercice du pouvoir sur la société ou, dans un autre lexique, sa disciplinarisation. L'étude d'une grande campagne de charité (1651-52), de plusieurs épisodes de l'histoire de l'Hôpital Général et des aléas du privilège de l'évêque d'Orléans (délivrer les prisonniers lors de son entrée dans la ville) au XVIIIe siècle a aussi permis de tester la capacité de l'histoire du travail intellectuel à se tenir à l'écart de l'historiographie des transitions et des modernisations. Les « relations charitables » de 1651-52, qui donnent à lire des méthodes de comptage des pauvres et d'assistance à grande échelle en même temps que des descriptions tragiques des effets de la famine, ont particulièrement nourri l'interrogation sur la robustesse de l'échelle rendue nécessaire par le choix d'étudier le travail intellectuel, celle du travail lui-même.

Le second ensemble de séances a ouvert une réflexion sur l'enseignement du droit et le travail politique sur la discipline juridique dans la deuxième moitié du XVIIe et au XVIIIe siècle autour de la figure de Robert-Joseph Pothier (1699-1772), le « père du Code Civil », professeur de droit français à Orléans et auteur de nombreux traités de droit français. L'un d'eux, le Traité du contrat de louage , a permis un premier croisement entre cette réflexion et la question du travail. Les réformes de la faculté de droit de l'Université de Paris à partir des années 1650, le vif débat historiographique sur la création des chaires de droit français et l'activité d'Etienne Baluze au Collège Royal, où il occupe à partir de 1689 une chaire de droit canon, ont donné les moyens de définir un certain nombre d'autres pistes qui seront suivies l'an prochain.

Les séances sur Pothier et sur Baluze visaient aussi à continuer à proposer des analyses de trajectoires de savants dans ce séminaire ; l'érudit protestant Tanneguy Le Fèvre (1615-1672), professeur à Saumur après avoir travaillé à l'Imprimerie Royale, a fait l'objet d'une autre de ces analyses, qui ont toutes permis de réinterroger la notion de travail intellectuel subversif. Enfin, le terrain des arts et métiers n'a pas non plus été abandonné cette année. Deux séances ont été consacrées à l'art du tailleur, notamment dans sa mise en écriture dans le cadre de l'entreprise de Description des arts et métiers menée par l'Académie des sciences, et on s'est intéressé aux projets visant à faire de l'Hôpital Général une manufacture, ainsi qu'au commentaire de l'Ordonnance du commerce du commerce de 1673 par un collègue de Pothier à Orléans, Daniel Jousse.

 

Publications

« Un artisan exemplaire ? Henry Buch et les frères cordonniers et tailleurs », Construire l'exemplarité , URL : http://www.fabula.org/colloques/document330.php

(en collaboration avec Nicolas Schapira) « A la recherche des écritures protestataires dans la France du XVIIe siècle. Du répertoire à l'action », Genèses , 64, septembre 2006, p. 146-162.

«  La Fontaine ou le savoir exhibé », Le Fablier , 17, 2006, La Fontaine , poète savant , dir. G. Peureux, p. 13-20

« Belles-lettres et philosophie à l'Académie : parler du savoir, parler du pouvoir dans les éloges académiques » dans Bonnes lettres / Belles lettres. Actes des colloques du Centre d'Etudes et de Recherches Editer / Interpréter de l'Université de Rouen (26 et 27 avril 2000 - 6 et 7 février 2003) , textes réunis par C. Poulouin et J.-C. Arnould, Paris, Champion, 2006, p. 343-361.

« Les Lumières avant les Lumières ? Historiographie de l'opinion publique et discours d'auteurs (dix-septième siècle) », Studies on Voltaire and the Eighteenth Century , 2006-12, p. 65-74.

Co-direction (avec Nicolas Schapira) : Revue de Synthèse , 6e série, t.128, n°1-2/2007, L'histoire par le livre (XVIIe-XXe siècle). Présentation : « Histoire du livre, histoire par le livre », p. 19-25 (Dinah Ribard, Nicolas Schapira)

« Livres, pouvoir et théorie. Comptabilité et noblesse en France à la fin du XVIIe siècle », Revue de Synthèse , 6 e série, t. 128, n° 1-2 / 2007, L'histoire par le livre (XVIIe-XXe siècle) , p. 97-122.

 

 

2005-2006 : Savoirs, métiers, gestes

Deux questions, cette année, ont servi à aborder le travail intellectuel sous de nouveaux biais. Un premier parcours a été effectué autour des théories de la noblesse. Le point de départ était le jeu sur l'opposition entre noblesse et travail, d'une part, et le caractère noble des activités intellectuelles, d'autre part, dans les traités français sur la noblesse de la fin du XVIIe siècle. On s'est intéressé à la production de ces traités, en particulier celui de La Roque (1678), très lu en son temps, et aussi très fréquemment utilisé par les historiens en quête d'une conception « indigène » de la noblesse d'Ancien Régime, à mettre en regard avec les pratiques nobiliaires. Mais son Traité de la noblesse , comme les autres du même genre, n'est en fait pas dissociable des grandes enquêtes lancées par Colbert à partir des années 1660. La typologie complexe qu'il propose produit - offrant par là au pouvoir une théorie de ses pratiques - une réduction de la noblesse à deux catégories, l'immémoriale et l'anoblie par décision royale manifestée par des titres, c'est-à-dire rien moins qu'une compréhension commode de ce qui serait une conception dominante de l'appartenance à la noblesse. On a alors proposé, pour analyser le parcours de La Roque et l'élaboration de sa théorie de la noblesse, la notion de travail de recentrage : recentrage de ses écrits, au départ généalogiques et exécutés pour la noblesse de Normandie, en direction du cœur du pouvoir politique et sur leur cœur théorique. Si, chemin faisant, on a pu montrer qu'il avait en fait participé aux recherches de noblesse dans sa province, on s'est surtout intéressé aux tentatives d'un ensemble d'intellectuels de Caen pour constituer leurs activités en laboratoire d'un savoir politiquement utile.

Le cas de La Roque a donc permis de passer de la question de la position théorique des activités intellectuelles dans les typologies de la noblesse à celle des rapports pratiques de dépendance réciproque entre groupes de notables et acteurs intellectuels engagés dans la production d'une connaissance sur la noblesse et les généalogie familiales. On a alors examiné différents dossiers destinés à prouver la noblesse de tel ou tel malgré sa profession, en particulier celle de notaire, intéressante par son accès aux documents mêmes utilisés par les spécialistes de la noblesse et par son propre rapport à l'écriture.

L'enquête a alors été élargie, dans la deuxième partie du séminaire, aux écrits visant à ennoblir les professions et les métiers, en travaillant sur l'hypothèse que l'élimination des possibilités d'anoblissement discret et progressif, par l'accès à la notabilité, avait des effets sur leur prestige et les hiérarchies qui les organisaient. On s'est donc intéressé aux tentatives d'ennoblissement des différents métiers entre fin du XVIIe siècle et milieu du XVIIIe, notamment autour de la question de « l'art ». Tout un dossier de documents a été rassemblé, depuis des statuts et règlements de métier rédigés sous des formes fortement littérarisées jusqu'à des brochures consacrées à la « science » du tailleur ou à la dimension spirituelle de son « art », ou à des plaidoiries centrées sur la question de ce que l'acheteur achète dans un tableau. Cette enquête a amené à retravailler les recueils et collections consacrés aux problèmes de police (Delamare, Lamoignon, et d'autres moins connus) ainsi que la littérature des « devoirs d'état » et l'analyse qu'en a donnée Michel de Certeau. Ont été également pris en compte la poésie produite dans le cadre d'un « art » (en particulier celle d'un poète arquebusier des années 1630, François Poumerol), ainsi que les manuels sur les techniques propres à tel ou tel métier, notamment les manuels de dessin, de charpenterie et de « trait », très abondants au XVIIIe siècle. On a ainsi pu revenir sur l'historiographie de l'enseignement technique. Enfin, une séance a été consacrée aux écrits de Gaston de Renty (1611-1649), étudié l'année dernière en tant que protecteur temporel des frères cordonniers et tailleurs et supérieur de la Compagnie du Saint-Sacrement, donc du point de vue de son action en direction du monde du travail, et retrouvé cette année en tant qu'auteur de livres de mathématiques qui se présentent comme des initiations à visée pratique (et en français). On a tenté de faire le lien, jamais fait par ses différents biographes, entre ces deux aspects de l'activité d'un dévot.

Enfin, un invité (Frédéric Gabriel, Paris), est venu parler de l'élaboration scripturaire et théorique autour de la notion de « vicaire » (celui qui accomplit ce qu'il accomplit en lieu et place d'un autre) dans la théologie française du XVIIe siècle.

Publications 2005-2006 :

« Pratique(s) jésuite(s) de l'écrit : le Père Tournemine, les Mémoires de Trévoux et Fénelon », Dix-septième siècle , 228, juillet 2005, p. 513-526

« Philosophie et non-philosophie : Fontenelle et Descartes », Revue Fontenelle, 2-2004, 2005, p. 55-68

« Racine sans le théâtre. Le travail biographique dans les Mémoires sur la vie de Jean Racine  » dans La Réception de Racine à l'âge classique : de la scène au monument , études présentées par N. Cronk et A. Viala, Oxford, Voltaire Foundation, Studies on Voltaire and the Eighteenth Century , 2005-8, p. 39-58

« Projets, chimères et utopies. Ecriture et avenir aux XVIIe et XVIIIe siècles » [in] R. Behrens / J. Steigerwald (Hrsg.), Die Macht und das Imaginäre. Eine kulturelle Verwandtschaft in der Literatur zwischen Früher Neuzeit und Moderne , Würzburg, Königshausen & Neumann, 2005, p. 89-103

« Sur plusieurs frontières : le président d'Espagnet (1564-après 1637) », Comètes , 2, « Sciences / Lettres - classements et croisement, XVIe-XVIIIe siècles », dir. M. Brunet et B. Parmentier, URL :
http://www.cometes.org/revue/numeros/numero-2-sciences-lettres/dinah-ribard-sur-plusieurs-frontieres-le-president-despagnet/

« De l'écriture à l'événement. Acteurs et histoire de la poésie ouvrière autour de 1840 », Revue d'histoire du XIXe siècle , 32, 2006-1, p. 79-91

2004-2005 : Savoirs, métiers, gestes

Le séminaire s'est structuré, cette année, autour de deux objets principaux. La question des pathologies intellectuelles, d'abord, c'est-à-dire les écrits, dont beaucoup de livres, sur les maladies des intellectuels écrits par des médecins entre XVIIIe et premier XIXe siècle. On s'est efforcé de les interroger non comme une production nouvelle révélatrice d'une progressive professionnalisation des activités intellectuelles, mais du point de vue des opérations, des gestes intellectuels réalisés par les auteurs de ces livres. Ces médecins - plusieurs cas ont été étudiés, de celui, célèbre, de l'auteur de l'essai De la santé des gens de lettres et de l' Avis au peuple sur sa santé , Tissot, à ceux de ses successeurs revendiqués Brunaud et Réveillé-Parise, à celui de Fourcroy traducteur de Ramazzini et à d'autres moins connus comme Hecquet ou Saucerotte - ont pour point commun d'élaborer, dans et par ces livres, un rapport spécifique à leur profession. Les livres sur les pathologies intellectuelles s'insèrent en effet - y compris dans la carrière de leurs auteurs, qui ont le plus souvent produit à la fois des ouvrages adressés aux intellectuels et des ouvrages de médecine « charitables » destinés aux divers praticiens de la santé populaire (médecins de campagne plus ou moins qualifiés, dames charitables, curés ou pasteurs, mais aussi employeurs) - dans tout un ensemble d'écrits dont la visée peut être qualifiée de législatrice : il s'agit pour ces médecins, et c'est là leur travail intellectuel spécifique, de se poser en quelque sorte en régulateurs des rapports de la société à la médecine. La réflexion sur la désinstitutionnalisation des pratiques ou par les pratiques entamée l'an dernier (en l'occurrence les pratiques d'écriture sur des sujets médicaux qui se définissent comme destinées à agir hors de l'univers professionnel des médecins) a pu ainsi être poursuivie, entre fin XVIe - début XVIIe siècle, époque des premiers livres de médecine « charitable », et milieu du XIXe siècle, où les productions du journaliste médical qu'était Réveillé-Parise ont été observées de près. Chemin faisant, on s'est efforcé de relire dans cette perspective les pages consacrées par Michel Foucault, dans Naissance de la clinique , à Fourcroy et aux acteurs de la réorganisation révolutionnaire de l'enseignement médical.

Le deuxième objet mis en chantier cette année donnait lui aussi à voir un travail intellectuel sur des métiers artisanaux (cordonnier et tailleur) ; mais ce travail portait cette fois sur les conditions d'exercice de ces métiers. Il s'agissait de communautés dont l'existence est attestée jusqu'à la Révolution , fondées au milieu du XVIIe siècle (1645 et 1647) dans le but de réunir des artisans pour travailler et vivre ensemble dans un esprit de perfection chrétienne. Quasi-religieuses (mais seulement quasi : les frères cordonniers et tailleurs ne furent jamais un ordre religieux), ces communautés rassemblant des compagnons tailleurs et des compagnons cordonniers permettaient à ceux-ci de modifier profondément leurs conditions de travail, puisque l'application du modèle monastique conduisait à l'élection du maître, à l'imitation des abbés. Les statuts successifs des frères, dont il existe différentes versions manuscrites et imprimées, ont été étudiés, ainsi que les conflits et procès dans lesquels ils se sont trouvés engagés, les politiques de leurs protecteurs (dévots proches de la Compagnie du Saint-Sacrement au départ, curés et parlementaires liés aux milieux jansénistes étudiés par Catherine Maire par la suite) et enfin leur rôle crucial dans la répression, et par là la production de sources sur le compagnonnage. Cet objet permettait d'observer la spiritualisation du travail manuel et des métiers mécaniques comme travail intellectuel, de poser la question des conditions sociopolitiques de possibilité d'un tel travail intellectuel, et de réfléchir sur l'acquisition et l'accumulation de savoirs (notamment scripturaires et juridiques) qu'une telle organisation a pu rendre possible. L'enjeu était aussi de croiser deux historiographies qui se croisent peu souvent : l'histoire religieuse et l'histoire du travail.

Quelques séances ont été consacrées à la poursuite du travail sur le poète-menusier Adam Billaut (avec une réflexion sur la rencontre entre sa trajectoire sociale et celle de son protecteur Michel de Marolles) et à la « collection Lamoignon », recueils manuscrits rassemblant des copies d'actes divers qui concernent en particulier la police du travail à Paris, constitués au XVIIIe siècle et conservés aux archives de la préfecture de police. Enfin, deux invités sont venus parler du rapport au travail de magistrats du XVIIe siècle à travers la question de leur emploi du temps (C. Blanquie, CRH), et de la manière dont la difficulté de l'érudit Casaubon à penser le caractère professionnel de son activité intellectuelle le conduit, en particulier dans son journal, à retravailler les catégories comme celle « d'étude » ou « d'encyclopédie » (H. Parenty, Lyon).

 

Publications  :

« L'utopie physique de Cyrano de Bergerac », dans Lectures de Cyrano de Bergerac Les Etats et Empires de la Lune et du Soleil, dir. B. Parmentier, Presses Universitaires de Rennes, 2004, p. 37-48.

« Histoire littéraire et histoire : le parallèle Corneille-Descartes (1765-1948) », Dix-septième siècle, n°225, 2004-4, « Corneille après Corneille, 1684-1791 », dir. M. Dufour-Maître, p.577-583.

« Sottise et inadaptation : le philosophe dans le monde » dans Sottise et ineptie, de la Renaissance aux Lumières. Discours du savoir et représentations romanesques , études réunies par N. Jacques-Lefèvre et A.-P. Pouey-Mounou, Nanterre, Littérales n° 34 / 35, 2004, p. 95-106.

« Racine historiographe et le genre de la Vie  » dans Racine et l'Histoire , textes réunis et publiés par M-C Canova-Green et A. Viala, Biblio 17 n° 155, Tübingen, Gunter Narr, 2004, p. 207-223.

« L'écriture historienne de Pierre Michon : la parole et la vision » dans Ch. Jouhaud (dir.), « Pierre Michon, historien », Critique , 694, mars 2005, p. 187-195.

« Politique de la littérature : les romans à clef du XVIIe siècle selon Victor Cousin », Littératures classiques , 54, n° spécial Lectures à clés , dir. M. Bombart et M. Escola, 2005, p. 257-268.

 

 

2003-2004

1/ Ecrire l'avenir : projets, réformes, utopies ; 2/ savoirs déplacés (XVIIe-XIXe siècle)

Le séminaire s'est ouvert cette année avec l'ambition de procéder à un premier repérage des questions et des enjeux liés au projet d'une histoire du travail intellectuel, et non des professions intellectuelles, des personnels intellectuels, des institutions culturelles, ou encore des disciplines de savoir. Une question, celle de la visibilité, a été plus particulièrement creusée : parce qu'il n'est pas réductible aux occupations des professions intellectuelles (définies, précisément, par leur appartenance aux institutions où s'exercent les disciplines, ou comme le résultat d'une professionnalisation), le travail intellectuel exige, pour pouvoir être étudié en tant que tel, la construction de terrains d'observation. Cette opération permet aussi d'identifier les moments de passage, fugaces ou plus durables, de l'invisibilité à la visibilité : c'est alors la capacité des pratiques intellectuelles à désorganiser les définitions institutionnelles, à redistribuer les rapports entre compétences, emplois et métiers, qui rend possible des déplacements sociaux le plus souvent observés à l'échelle individuelle. Les implications politiques de ces remises en cause sont évidentes, mais leur interprétation doit être donnée pour chaque cas : elles peuvent aussi bien aboutir à la contestation des hiérarchies de pouvoir, que les déplacer ou les conforter.

Aborder l'histoire sociale des institutions culturelles (universités, académies, ordres religieux, etc.) et des disciplines par le biais de la désinstitutionnalisation des pratiques (ou par les pratiques) a aussi permis de commencer à revisiter des questions comme celle de la vulgarisation (mise en perspective notamment à l'aide du cas des livres de théologie en français et, dans une autre séance, à partir de la production polémique suscitée, en 1643-44, par l'intensification du conflit entre l'Université de Paris et le collège jésuite de Clermont), de la disciplinarisation entre XVIIe et XVIIIe siècle (à partir notamment d'un texte de Michel Foucault), de la distinction savoir / savoir-faire, ou du marqueur du genre (une séance a été consacrée aux livres « pour les dames »). Une autre question a été constamment à l'horizon de la réflexion : celle de l'élargissement du cadre d'observation, de la mise en rapport des pratiques qui nous apparaissent à l'évidence comme intellectuelles (lire, écrire, penser, composer, théoriser) avec d'autres (rendre ou demander des services, obtenir des protections, par exemple, ou, à une autre échelle, construire une carrière - ce qui a notamment amené à travailler sur les correspondances entre Descartes et l'artisan Ferrier, d'une part et entre George Sand et Agricol Perdiguier, d'autre part).

Deux dossiers ont fait l'objet de plusieurs séances. D'abord, le cas de Claude Irson, un enseignant et auteur de manuels de grammaire, puis d'arithmétique et de comptabilité (il apparaît à ce titre dans les enquêtes de Pierre Jeannin et Jochen Hoock sur les Ars mercatoria ) qui parvient, à la fin du XVIIe siècle, à se constituer une compétence spécifique (qu'on a caractérisée comme une posture « réglementaire ») à la jonction de la comptabilité et du droit, et à faire reconnaître cette compétence en obtenant une charge d'expert inventée pour lui. Ce parcours, indissociable de son insertion dans le monde marchand parisien, croise aussi l'action politique : aux yeux de ses protecteurs proches du ministre, Irson a su apparaître (de là un livre composé sur commande) comme capable de répondre au besoin d'une interprétation pratique des ordonnances colbertiennes. Ce cas a ainsi permis d'aborder de biais la question des rapports entre savoirs et techniques de pouvoir et celle des projets de réforme. Ensuite, on a repris le dossier du « menuisier-poète » Adam Billaut, présenté dès l'origine, et plus encore au moment des polémiques sur les « poètes-ouvriers », dans les années 1830-1840 (polémiques partiellement liées à l'action des saint-simoniens), comme le cas unique d'un écrivain artisan au XVIIe siècle. Il s'agissait ici de comprendre les moyens, le sens et les enjeux de la construction d'une telle identité, dans la France du premier XVIIe siècle, pour un poète dont l'appartenance au monde de l'artisanat est très discutable, et pour les hommes de lettres qui ont participé à cette mise en scène. Il s'agissait également par là de revisiter le moment de production scripturaire intensive sur le phénomène de longue durée des écrivains ouvriers ou artisans qu'a été l'événement « poètes-ouvriers » (qui était aussi un événement « poètes locaux »), sous la monarchie de Juillet.

Publications  

« Réduire une équivoque. Textes et conduites dans la polémique entre Bossuet et Fénelon », Stratégies de l'équivoque, Cahiers du CRH , 33, avril 2004, p. 141-154 et « Equivoque, écriture et action. Eléments de discussion avec Jean-Pierre Cavaillé » (avec Nicolas Schapira), p. 187-188.

« Anonymat philosophique et exigence autoriale à l'époque moderne », Identités d'auteur dans l'Antiquité et la tradition européenne , éd. Claude Calame et Roger Chartier, Grenoble, Jérôme Millon, 2004, p. 119-126.

 

 

 

 

 

 

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