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Séminaires du G.R.I.H.L
Séminaire commun.

Christian Jouhaud, Alain Viala, Jean-Pierre Cavaillé,
Alain Cantillon, Laurence Giavarini, Sophie Houdard, Judith Lyon-Caen,
Dinah Ribard, Nicolas Schapira 

1er, 3e et 5e mardis du mois de 17 h à 20 h (salle 7, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 16 novembre 2010 au 5 juin 2011 ; 2e et 4e mardis du mois de 17 h à 20 h (Université Paris-III, salle 410, 4e étage, centre Censier, 13 rue de Santeuil 75005 Paris) du 8 novembre 2010 au 22 juin 2011.

2011-2012: Écritures du passé : visualisations, localisations

Le travail du séminaire, consacré aux rapports entre histoire et littérature dans toute leur diversité, est organisé autour de deux chantiers de recherche conduits au sein du GRIHL : « Voir le passé ? » et « Les écrits et le local ». La perspective est résolument interdisciplinaire : la marque identitaire de ce séminaire est de réunir des historiens et des littéraires autour d'objets et de problématiques définis en commun. La chronologie est ouverte et large, entre Renaissance et XXe siècle. Quelques séances sont réservées à des invités qui acceptent de déployer leurs objets propres au sein des problématiques partagées. En outre, des ateliers de lecture de textes actuels, historiographiques ou théoriques, sont proposés en rapport avec l'avancée ou les incertitudes des questionnements communs.


2010-2011:
Écritures du passé : visualisations, localisations

La raison d'être du séminaire du Grihl est de réunir des historiens et des littéraires autour d'objets et de problématiques définis en commun selon une chronologie ouverte et large, entre Renaissance et XXe siècle. En 2010-2011, le travail du séminaire a été centré sur les deux chantiers de recherche ouverts au sein du groupe : « Voir le passé ? » et « Les écrits et le local ». Quelques séances sont en outre traditionnellement réservées à des invités qui acceptent de déployer leurs objets propres au sein des problématiques partagées ; ce fut le cas cette année de trois invitées qui ont abordé la question des sociabilités savantes et de l'écriture collective : Ann Blair (Harvard, directrice d'études invitée) avec un exposé intitulé «  Être un auteur collectif parmi les humanistes tardifs » , Déborah Blocker (Berkeley) : «  De Lucrèce à La Poétique en passant par la médecine et la théologie : l'esthétique mystico-matérialiste de Lorenzo Giacomini, accademico Alterato (1552-1598) » , Stéphanie Bung (Berlin) : « “Cela s'appelle les Chroniques du Samedy” : pratique de sociabilité, recueil galant, roman épistolaire avant la lettre  ».

Un groupe de sept séances a été consacré à la réflexion méthodologique et historiographique. Une discussion a ainsi eu lieu autour du numéro des Annales HSS consacré aux « savoirs de la littérature » avec la participation d'Antoine Lilti (directeur de la rédaction des Annales ) et de plusieurs des auteurs présents dans ce numéro. La notion de savoirs de la littérature a également été questionnée dans la présentation d'un travail construit autour de textes de Jules Barbey d'Aurevilly («  Le temps, la mort, l'histoire : Barbey d'Aurevilly » , Christian Jouhaud, Judith Lyon-Caen, Dinah Ribard ). Sabina Loriga a proposé une mise au point, «  De la biographie à l'histoire » , à partir de son livre récent ( Le petit x. De la biographie à l'histoire ), et une séance a été consacrée à l'ouvrage de Carlo Ginzburg Le Fil et les traces (Laurence Giavarini, J. Lyon-Caen). Dans le même esprit d'analyse et de débat, les participants au séminaire sont revenus sur la question des stratégies d'écriture («  Stratégies sociales, écriture et action » , Ch. Jouhaud, D. Ribard, Nicolas Schapira) et ont entrepris de discuter à partir des propositions théoriques et historiques d'Alain Cantillon sur « Les études littéraires et l'histoire » . Enfin, dans une perspective plus directement historiographique, une séance a traité de l'invention du baroque occitan (Jean-Pierre Cavaillé , «   Robert Lafond et Félix Castan, l'invention du baroque occitan »).

Un deuxième bloc de huit séances peut être distingué – séances directement consacrées, à partir d'objets très divers, soit à la problématique « Voir le passé ? », soit à celle de la localisation des écrits, et qui ont toutes abouti à un croisement des deux thèmes et donc au déplacement des questionnements suscités par chacun d'entre eux. Ce fut le cas pour les deux séminaires animés par N. Schapira, «  Voir le passé dans l'écriture des secrétaires sous l'Ancien régime » et «  Localiser les littérateurs dans la société parisienne (XVIIe siècle) : des guides de Paris aux Historiettes de Tallemant des Réaux » , mais aussi pour deux séances qui traitaient directement de problèmes de localisation: « Lieux d'énonciation et localisations géographiques : l'Icarie (1840-1859), lieux d'aventures » (A. Cantillon) et « ‘Je poursuis partout ici son ombre' : une étude des récits de voyage à Jérusalem du XVe  au XIXe  siècle » (Mathilde Bernard). La discussion menée autour du livre de L. Giavarini, La Distance pastorale. Usages politiques de la représentation des bergers (XVIe - XVIIe siècles), a mêlé les deux approches, et une séance consacrée à ouvrir le dossier de l'œuvre de Michel Borwicz (Sophie Houdard, J. Lyon-Caen, D. Ribard : «  Le Dossier Borwicz : témoignage et savoir dans l'après-seconde guerre mondiale » ) a relié, autour de la problématique du témoignage, des lieux (le ghetto, les camps en Pologne, la Sorbonne d'après guerre, l'édition parisienne), et des temporalités différentielles de la vision du passé. La question du témoignage a aussi été abordée dans la séance «  Une histoire feuilletée : Valognes 1830-1930-1982  » (Ch. Jouhaud et J. Lyon-Caen), travail issu d'une collaboration du Grihl avec la revue Penser/Rêver , et dans l'exposé de Marion Brétéché, «  Faire profession de témoignage : les pratiques et lieux d'écriture d'Anne-Marguerite Dunoyer (1707-1719) » .

Durant l'année 2010-2011, une réflexion sur les images matérielles, leurs rapports à l'écrit dans des contextes précis et la question de la présence du passé a également été menée au cours de cinq séances, l'une consacrée à des peintures du XVIIIe siècle commentées au XXe, «  Pierre Michon et les spectres de Watteau » (Alain Viala) , une deuxième à une bande dessinée, « Voir le passé dans Le Bouclier arverne » (A. Cantillon et Ch. Jouhaud) et une troisième au film documentaire, «   La dissidence filmée : le passé et le temps de l'histoire » (a utour du film de Ruth Zylbermann, Dissidents, les artisans de la liberté). Un atelier de lecture a, par ailleurs, permis une discussion de l'article de G. Didi Huberman « Ouvrir les camps, fermer les yeux » (L. Giavarini, S. Houdard, J. Lyon-Caen). Enfin, Anne Simonin (CNRS) a présenté un travail sur «  Dessine-moi un éléphant : Babar dans la Seconde guerre mondiale » mêlant analyse d'images et d'émissions de radio de la France Libre.

Le Grihl a d'autre part organisé ou participé à l'organisation d'une série de journées d'études sur les figures de Leszek Kolakowsi, Michel de Marillac, Maurice Fourré.

Bibliographie :

- Politiques de l'épistolaire au XVIIe siècle. Autour du Recueil Faret, éd. M. Bombart et E. Méchoulan, Paris, Garnier, 2011 (articles de D. Blocker, M. Bombart, B. Brottier, L. Giavarini, Ch. Jouhaud, D. Ribard, N. Schapira)

- « La littérature pour politique : Etudier les Mémoires », Les Temps Modernes , 661 (nov.-déc. 2010), p. 85-97 (Ch. Jouhaud, D. Ribard et N. Schapira).

- Penser / Rêver n° 19, « C'était mieux avant », Glossaire (« C'était mieux ailleurs … », avec la participation d'A. Cantillon, L. Giavarini, S. Houdard, Ch. Jouhaud, J. Lyon-Caen, D. Ribard)

- Penser/Rêver n° 20, « Le temps du trouble » (articles de Ch. Jouhaud et J. Lyon-Caen, « La plaque. Mémoires de Valognes » ; L. Giavarini, « Qu'est-ce qui revient dans ‘le temps d'un retour' ? », D. Ribard, « Le trouble politique d'un temps de réforme », N. Schapira, « L'histoire qui vient avant la mémoire », A. Cantillon, « ‘Y a l'autre qu'a rien fait' »)

2009-2010: Écritures du passé : visualisations, localisations

La réflexion amorcée l'année précédente autour de « Voir le passé ? » a été poursuivie à partir d'une série d'études de cas construites dans un éclectisme chronologique souhaité et assumé, et croisée avec la problématique de la localité/localisation des écrits (comment le fait de regarder un écrit – y compris une œuvre littéraire – du point de vue de ce qu'il y a de localisé en lui déplace la construction de sa signification). D'autre part, le séminaire a accueilli plusieurs invités et, à trois reprises, s'est transformé en journée ou demi-journée d'étude.

« Voir le passé ? » a d'abord été abordé par Alain Cantillon à partir de la question de la visualisation dans deux fictions théoriques (« Voir Blaise Pascal écrire en 1966 » et « Voir Notre Dame de Paris en 1850 »). Marine Roussillon a interrogé les formes du « voir le Moyen-Âge » au XVIIe siècle à partir de son travail de doctorat. Dinah Ribard a proposé un dossier sur les personnages-reliques dans le roman du XIXe siècle et Laurence Giavarini sur la distance pastorale dans l'Astrée (« Voir l'immémorialité du passé ? »). Le déplacement chronologique a été poussé plus loin avec l'exposé de Mireille Corbier sur les aléas de la vision entre Antiquité et XXe siècle, autour d'une inscription romaine gravée. Deux séminaires ont été plus directement centrés sur la problématique de l'image : Pierre-Antoine Fabre a traité de la vision, de l'image et de l'imagination dans la culture jésuite de l'époque moderne et une séance a été consacrée à la question de la restauration de peintures du XVIIe siècle, avec la participation de deux restauratrices. Giovanni Careri a présenté une analyse des complexités du voir à la Chapelle Sixtine. Enfin deux doctorants, Maxime Perret et Clément Duyck sont intervenus sur ce thème avec, respectivement, un exposé sur « Les vues balzaciennes du Grand-Siècle dans les Scènes de la vie privée  » et « Les images du passé dans les Relations de Marie de l'Incarnation ».

« Localité/localisations » a été abordé au premier semestre par un ensemble de trois séminaires. Angelo Torre, professeur à l'Université du Piémont oriental et directeur d'études invité, a traité dans cette perspective d'« histoires de places » en Piémont au XVIIIe siècle et de Primi Visconti et l'histoire, et Nicolas Schapira a présenté un dossier intitulé : « Localisation ; l'écriture de la noblesse du Dauphiné entre Paris et Grenoble (XVIIe siècle)». Au second semestre, trois doctorants ou post-doctorants ont proposé un travail sur cette question : Filippo d'Angelo a fait une intervention sur « Localisation et dépaysement dans l'œuvre de Giovanni Paolo Marana », Marion Lemaignan sur « Christine de Suède en voyage : de la ville à l'Europe, tentatives de localisation », et Marjorie Gaudemer sur « L'exhumation des théâtres en marges, ou les enjeux de la localisation en histoire socio-culturelle (fin XIXe-début XXe siècle). Sur la question des déplacements ou de la délocalisation d'une science, la théologie du XVIIe siècle, Xenia von Tippelskirch et Nicolas Schapira ont animé une séance intitulée « "Il y a bien de la théologie sous les robes de cette femme" : l'écriture de Mme Guyon peut-elle rencontrer celle de Jean Maillefer ? ».

En marge de ces deux thèmes, deux invités sont venus présenter leur travail, Michael Lucey, professeur à Berkeley et directeur d'études invité, sur « Sexualité et champ littéraire, France – XXe siècle », Stéphane Zékian, chargé de recherche au CNRS, sur « Nommer le XVIIe siècle au lendemain de la Révolution  », et une étudiante de master, Mathilde Barbedette, est intervenue sur la mise en écriture d'un événement par René-Louis de Voyer d'Argenson (1694-1757) dans une pièce inédite, La Prison du Prince Charles-Edouard Stuart.

Enfin le Grihl, dans le cadre du travail sur « Voir le passé ? », a organisé une demi-journée d'étude autour du livre Les Scènes indésirables du psychanalyste Michel Gribinski, avec des interventions de Pierre Bergounioux, Alain Cantillon, Laurence Giavarini, Christian Jouhaud, Patrice Loraux, Hélène Merlin-Kajman. Judith-Lyon-Caen et Dinah Ribard ont pris en charge une demi-journée sur « Figures et activités du critique, XVIIIe et XIXe siècles » à laquelle a pris part Gisèle Sapiro (CSE). L'année universitaire s'est terminée, avant une ultime de séance de bilan, par une journée d'étude co-organisée avec le CARE et consacrée à « Ecritures et expériences : littérature et religion entre XVIIe et XIXe siècle ».

Publications :

- Dinah Ribard et Judith Lyon-Caen, L'Historien et la littérature , Paris, La Découverte , collection "Repères", 2010, 128 pages.

- Les Dossiers du Grihl  : http://dossiersgrihl.revues.org/ (dernier numéro en ligne : « Masculinité et "esprit fort" au début de l'époque moderne », dir. Jean-Pierre Cavaillé, Sophie Houdard et Cécile Soudan)

- « Femmes, irréligion et dissidences religieuses (XIVe-XVIIIe siècles), L'Atelier du Centre de recherches historiques , 04/2009, dir. Jean-Pierre Cavaillé, Sophie Houdard et Xenia von Tippelskirch : http://acrh.revues.org/index1204.html

- Xenia von Tippelskirch (dir.), « Ecritures radicales au Grand Siècle », Archives de sciences sociales des religions , 2010/2, n° 150

 

2008-2009 : Voir le passé ?

Cette année a été celle de l'ouverture d'un nouveau chantier, « Voir le passé ? », auquel plusieurs séances exploratoires ont été consacrées. Deux séminaires de présentation, de proposition d'objets - le passé dans L'Anglaise et le Duc d'Eric Rohmer - et de pistes bibliographiques (Christian Jouhaud, Laurence Giavarini, Judith Lyon-Caen) ont été organisés au début de l'année. Jean-Luc Chappey a ensuite traité d'ordre et de désordre biographique dans les dictionnaires historiques (1750-1830), Manuel Charpy de la «  culture matérielle » et des « expériences du temps et de l'histoire dans les intérieurs parisiens du XIXe  siècle », Sophie Houdard des mystiques du XVIIe siècle chez les aliénistes et les élèves de Charcot, Christian Jouhaud de « Voir le passé dans Maigret et les témoins récalcitrants  », le roman de Simenon, Marine Roussillon de « Voir le Moyen Age au XVIIe siècle » et Alain Viala de Camargo (« quand la littérature revoit la peinture XVIII-XIXe  siècle »). Le dossier « Localisations » a été travaillé en parallèle : Jean-Pierre Cavaillé a analysé la figure et les productions de Beatrice Bugelli, « poetessa pastora » (1802-1885), Julien Goeury a étudié les processus de localisation dans les Œuvres (1601) d'André Mage de Fiefmelin et Dinah Ribard la recherche des origines menée à Caen à la fin du XVIIe siècle. Enfin, quelques séances ont été consacrées au livre collectif en cours de rédaction dans le cadre du thème précédent, « Ecriture et action », qui continue à nourrir notre réflexion : en témoigne, par exemple, la journée d'étude « Le prédicateur et la prédication », co-organisée avec le CARE le 2 juin 2009.

Le séminaire hebdomadaire du GRIHL se tient en alternance dans les locaux de l'EHESS et dans ceux de l'Université Paris III-Sorbonne nouvelle. Cette particularité a permis aux membres du groupe d'éprouver dans la durée la fécondité du travail en commun et inversement de se trouver en position de mesurer le risque de la mise en concurrence des établissements et des équipes. L'interdisciplinarité et la coopération entre établissements qui sont à la base des enquêtes collectives et des réflexions méthodologiques conduites au GRIHL ont, au cours du second semestre, incité les organisateurs du séminaire à se poser la question de la cohérence entre la réalité de leurs pratiques institutionnelles et scientifiques et les positions prises dans le conflit concernant les réformes de l'Université et de la recherche. Dans le cadre de l'opération « changeons le programme » (et, parallèlement, dans celui des « cours alternatifs » de Paris III), ont donc été organisées plusieurs séances consacrées soit à l'information et à la discussion sur tel ou tel aspect du mouvement en cours, soit à l'analyse des divers objets écrits produits dans le contexte de ce mouvement (« Ecrire dans l'action », les 10 et 17 mars 2009). La décision a été prise d'annuler d'autres séances dont la tenue aurait signifié une rupture de solidarité entre les collègues du GRIHL en grève à Paris III ou dans d'autres universités et ceux de l'EHESS ; cela non sans vives et intéressantes discussions au sein du groupe. Au cours de ce même second semestre, ont néanmoins été accueillis un directeur d'études invité et une maîtresse de confrences invitée : David Norbrook, Oxford University («  The Writing Shadow : Lucy Hutchinson and the Literature of English Republicanism ») et Mathilde Bombart, Rutgers University (« Ecritures et lectures à clé : histoires de déchiffrement et historiographie littéraire (XVIIe-XIXe siècles) »).

Au premier semestre, Déborah Blocker (University of Berkeley), a donné un séminaire sur «  Dire l'« art » à Florence au XVIe  siècle : poétiques au service du prince et poétiques hétérodoxes » et l'année universitaire a été inaugurée par un colloque franco-allemand de doctorants, en association avec l' International Graduate Center for the Study of Culture de l'Université de Giessen.

Publications :

-Christian Jouhaud, Dinah Ribard, Nicolas Schapira, Histoire, Littérature, Témoignage. Ecrire les malheurs du temps , Paris, Gallimard, 2009.

- Les Dossiers du Grihl, 2009-01.

 

2007-2008 : écriture et action (XVIe-XIXe siècles)

La mise au point du livre collectif issu de l'enquête « Ecriture et action » a occupé un nombre significatif de séances du séminaire au cours des deux semestres de l'année 2007-2008. C'est ainsi qu'un texte élaboré par Dinah Ribard et Nicolas Schapira reprenant les grandes questions méthodologiques et historiographiques soulevées par notre enquête (trame possible d'une future introduction) a d'abord été soumis à la discussion lors de deux séances. Ce travail a servi en outre à repérer des points qui devaient encore être clarifiés ou approfondis. Dans cet esprit, un séminaire a été consacré à un atelier de lecture sur « Montaigne et l'action » et un autre à la question paradoxale de l'inaction (« Ecrits d'inaction et actions d'écriture entre 1650 et 1700 »). D'autre part, des dossiers devant prendre place dans le livre ont été présentés sur « les secrétaires de l'Ancien Régime en action » (Nicolas Schapira), sur « jansénisme et polémique au temps de la Fronde  » (Yasushi Noro, Université de Tokyo, dont les propositions ont été commentées par Christian Jouhaud et Eric Méchoulan, Université de Montréal) ; Dinah Ribard, Myriam Tsimbidy), sur « les “historiens informateurs ” à la fin du XVIIème siècle aux Provinces-Unies » (Marion Brétéché), sur « les relations de la course de bague des “ Plaisirs de l'Île enchantée” » (Marine Roussillon), sur « les actions d'écriture du poète Dassoucy » (Guy Catusse), sur « opposition politique et “ représentation poétique ” dans la première moitié du XIXème siècle » (Judith Lyon-Caen et Dinah Ribard), sur « les Perrault et leurs mondes sociaux » (Oded Rabinovitch, Brown University). Eléonore Serdeczny a de même présenté les aspects du travail de thèse qu'elle conduit sur la collection de mazarinades et les manuscrits de Dubuisson-Aubenay susceptibles de nourrir le travail sur « Ecriture et action ».

Plusieurs membres du GRIHL ont aussi évoqué celles de leurs recherches en cours ou en voie d'achèvement qui dialoguent avec ce travail collectif. Christian Jouhaud, Dinah Ribard et Nicolas Schapira ont fait le point sur leur livre Histoire, littérature, témoignage : le dossier des malheurs du temps  : ils ont successivement traité de l'écriture de la peste au XVIIème siècle, des « Mémoires » dans leur rapport à la question du témoignage, des « histoires tragiques » des historiens de l'Ancien Régime. Alain Cantillon a présenté une recherche en cours sur « le retour de Ravaillac en 1820 » et une réflexion conduite sur le livre de Louis Marin, Opacité de la peinture . Judith Lyon-Caen et Anne Martin-Fugier ont traité des « “mœurs parisiennes” et de l'écriture de l'actualité, de l'Empire à la monarchie de Juillet ».

Comme chaque année, le Grihl a également accueilli des interventions d'invités. Cette année ces interventions avaient été rassemblées au second semestre, après un premier semestre dévolu aux travaux collectifs en cours. Dena Goodman, directrice d'études invitée, est intervenue sur « le genre, la mobilité et l'écriture ou comment traverser le monde au XVIIIème siècle ». Maya Szymanowska, doctorante, a évoqué la figure de « Jean-André Morstin : un poète diplomate entre la France et la Pologne au XVIIème siècle ». Le séminaire du Grihl a eu aussi le plaisir de retrouver trois de ses membres que leurs fonctions ont éloigné de l'enquête collective qui s'achève : Caroline Callard (maître de conférences à l'Université de Paris IV) qui a présenté sa recherche sur « écriture et spectralité : du “droit de déguerpissement” des maisons hantées invoqué devant les parlements », Anna-Maria Forssberg (conservateur au Musée des armées de Stockholm) qui a traité de « propagande de guerre en Suède et en France au XVIIème siècle : une tentative de comparaison », Antoine Lilti (maître de conférences à l'Ecole Normale Supérieure) qui a évoqué « les paradoxes de la célébrité : l'écriture “paranoïaque” de J.-J. Rousseau ».

Enfin le Grihl, a organisé trois journées d'étude, l'une sous la responsabilité de Xenia von Tippelskirch (boursière Marie Curie et désormais professeur à l'Université de Bochum) sur « Radicalisme religieux et pratiques d'écriture à l'époque moderne » dans laquelle une séance du séminaire a été absorbée (les actes de cette journée de travail sont en cours de publication), une autre, prise en charge par Jean-Pierre Cavaillé, Alain Mothu et Filippo d'Angelo, sur «  L'équivoque blasphématoire » , une autre enfin organisée par Jean-Pierre Cavaillé , Sophie Houdard et Xenia von Tippelskirch sur «  Femmes, irréligion et dissidences religieuses au début de l'époque moderne » .

Publications

Lire Michel de Certeau - La formalité des pratiques / Michel de Certeau lesen - Die Förmlichkeit der praktiken , Philippe Büttgen et Christian Jouhaud (dir.), Zeitsprünge, Forschungen zur Frühen Neuzeit, Vittorio Klostermann, Frankfurt am Main, 2008, 270 p.

Actes du colloque franco-allemand autour de «  La formalité des pratiques  » de Michel de Certeau, organisé à Göttingen, les 27-28 janvier 2006, en collaboration avec la Mission Historique Française en Allemagne.

Mise en ligne des 24 volumes du Mercure François (1605-1643) conservés dans le Fonds ancien de la Bibliothèque de l'Ecole Nationale des Ponts et Chaussées à Marne-la-Vallée.

Les dossiers du Grihl, 2008-01, « Localités : localisation des écrits et production locale d'actions », Mathilde Bombart, Alain Cantillon et Cécile Soudan (dir.), publication en ligne, juillet 2008.

 

2006-2007 : La perspective de l'achèvement de notre enquête consacrée à la question des rapports entre écriture et action nous a conduits d'une part à resserrer cette année les présentations en séminaire sur les objets travaillés par les auteurs du livre collectif en cours d'élaboration, d'autre part à solliciter des intervenants extérieurs au Grihl dont les recherches étaient susceptibles d'apporter un éclairage différent sur les problématiques de l'action, soit par leur écart chronologique, soit par leurs arrières plans théoriques.

C'est ainsi que Kate Tunstall (Université d'Oxford) a exposé sa manière d'envisager le croisement entre action de l'écriture et action de la peinture à la fin du XVIIe siècle, qu'Eckart Birnstiel (Université de Toulouse le Mirail) a présenté le manuscrit du protestant cévenol Jean Valat dans la perspective du décalage - producteur d'une théorie implicite de l'action par l'écriture - entre écriture du Refuge et actions du temps de la persécution et de l'exil. Martine Grinberg (EHESS) a évoqué une forme d'écriture spécifique, celle des coutumes dans la France du XVIème siècle, occasion de poser le problème de la pensée de l'action dans l'écriture juridique et les pratiques professionnelles des jurisconsultes. Mireille Corbier (CNRS) a, quant à elle, offert à notre réflexion le cas de la Rome antique, en présentant ses recherches, rassemblées dans un livre récent consacré aux écritures exposées. Trois autres conférenciers invités se sont efforcés de tourner vers notre problématique des objets et des analyses élaborés dans une autre perspective : Gisèle Sapiro (CNRS) sur la construction d'un habitus critique sous la Restauration , Gregory Brown (University of Las Vegas) sur l'historiographie du soi et le problème de la modernité, Jean-Pierre Van Elslande (Université de Neuchâtel) sur les constructions littéraires d'une histoire de l'enfance aux XVIe et XVIIe siècles.

Deux séances ont, par ailleurs, été consacrées par des membres du Grihl (A. Cantillon, J.-P. Cavaillé, L. Giavarini, D. Ribard, N. Schapira) aux perspectives théoriques ouvertes par deux ouvrages récents ainsi mis en discussion : celui dirigé par S . Laugier, Ethique, Littérature, vie humaine et celui de L. Thévenot, L'action au pluriel. Sociologie des régimes d'engagement . Ch Jouhaud a proposé une mise au point sur écriture polémique et action à partir du commentaire de la thèse récemment soutenue de T. Baranova-Debbagi centrée sur les écrits diffamatoires pendant les guerres de religion, M. Tsimbidy a présenté ses travaux sur le cardinal de Retz polémiste, tandis qu'A. Cantillon évoquait les conflits et controverses autour des Provinciales .

Plusieurs dossiers en cours d'achèvement ont été offerts à la discussion du séminaire : A . Cantillon autour de Pascal (écrits et actions de précarité, lieux de l'énonciation), J.-P. Cavaillé sur l'engagement lettré dans l'affaire Galilée, L. Giavarini sur la distance et l'action dans et autour de l' Astrée , X. von Tippelskirch sur les pratiques d'écriture au sein des mouvements mystiques de la fin du XVIIe siècle, A. Viala sur la censure et l'action d'écriture en 1665. Deux doctorantes sont également intervenues dans ce cadre : M. Bernard sur les actions d'écriture dans l'édification de la St Barthélemy en événement et J.-M. Hostiou sur écriture et action dans la querelle des théâtres (1680-1715).

Enfin une séance intitulée « action des écrits, action des livres » a accueilli pour une présentation et un débat les auteurs du numéro de la Revue de synthèse (2007, 1-2, « L'histoire par le livre ») dirigé par D. Ribard et N. Schapira, et une autre a été élargie à la dimension d'une demi-journée d'études autour du travail de J. Lyon-Caen, J. Carroy et M. Renneville sur les crimes littéraires au XIXème siècle.

Publications

" Ecriture et prison au début de l'âge moderne ". Cahiers du CRH, 2007, n°39, volume coordonné par Jean-Pierre Cavaillé . Textes de Jacques Berchtold, Mathilde Bombart , Guy Catusse , Jean-Pierre Cavaillé, Sophie Houdard , Christian Jouhaud , Michèle Rosellini et Cécile Soudan

 

2005-2006 : Notre travail sur la question des rapports entre écriture et action commence à approcher du moment où il pourra donner naissance à un livre collectif. Dans cette perspective, nous avons voulu d'une part poursuivre la réflexion sur les préalables théoriques à un rapprochement conséquent de la notion d'action et de l'observation de pratiques d'écritures clairement situées et, d'autre part, multiplier ces points d'observation. A cette fin, l'éventail des objets choisis a été largement ouvert. On peut toutefois distinguer deux séries de séances dans le déroulement du séminaire, par ailleurs perturbé par les grèves étudiantes de mars et avril. Les unes ont été consacrées au croisement d'un questionnement sur une possible typologie des textes d'action et d'une interrogation sur les postures d'écriture prises dans l'action par différents types d'acteurs sociaux. Les autres l'ont été à des auteurs du XVIIe siècle regardés du point de vue de la problématique écriture et action.

De la première catégorie relèvent les interventions centrées sur des écrits - publiés ou non, imprimés ou manuscrits - qui ont en commun de prendre sens dans l'action qu'ils permettent de saisir. Les libelles en sont un exemple net (Héloïse Hermant sur les guerres de plume en Espagne à l'époque de la régence de Charles II). Mais bien d'autres écrits peuvent être abordés dans cette perspective (les « écrits paysans » étudiés par Dinah Ribard et Nicolas Schapira, les collections de procès constituées au XVIIe siècle étudiées par Hélène Fernandez). Les correspondances, parfois secrètes, parfois reproduites ou même publiées, racontent des actions et interviennent dans leur progression comme dans leur mise en mémoire (Jean-Pierre Cavaillé sur l'attentat commis à Rome contre J.-J. Bouchard, Filippo de Vivo sur les relazioni des ambassadeurs vénitiens, Xenia von Tippelskirch et l'équipe qu'elle a commencé à rassembler pour travailler sur les rapports entre radicalisme religieux et radicalisme politique sur la correspondance d'action de la spirituelle Mectilde du Saint-Sacrement). Jusqu'à la rature comme action d'écriture - à l'autre extrémité par rapport aux libelles sur l'échelle des rapports de l'action d'écrire à la publication - saisie et analysée sur deux objets aussi différents que les Pensées de Pascal et les registres de l'Académie de peinture par Alain Cantillon et Alain viala.

La seconde série alternée de séminaires a été ouverte par une mise au point d'Alain Brunn sur La Rochefoucauld et l'action d'écriture, suivie par deux séances sur le cardinal de Retz (Jean-Pierre Cavaillé, Laurence Giavarini, Dinah Ribard, Nicolas Schapira), une séance sur Corneille (Sylvaine Guyot), une autre sur Bossuet prédicateur (Cinthia Méli), une enfin sur Charles Coypeau Dassoucy (Guy Catusse). Par ailleurs, le séminaire du Grihl s'est associé, cette année encore, pour deux séances avec celui de Pierre-Antoine Fabre, afin de rouvrir le dossier des Provinciales de Pascal du point de vue des rapports entre écriture et action (Alain Cantillon, Pierre-Antoine Fabre, Jean-Pascal Gay, Dinah Ribard).

La collaboration avec le séminaire de Pierre-Antoine fabre s'est en outre prolongée par une séance où a été accueillie l'équipe qui a assuré la réédition de l'Histoire littéraire du sentiment religieux de l'abbé Bremond pour une réflexion commune sur et autour de ce travail (Christian Jouhaud). Le Grihl a d'autre part accueilli quatre exposés d'invités : Jean-Luc Chappey sur les stratégies sociales et narratives dans l'écriture d'une histoire de la Révolution française, Patricia Toboul sur la pédagogie de Fénelon et les arts du dessin, Laurence Fontaine sur Shakespeare et les cultures de l'échange dans l'Europe moderne, Bruna Filippi sur les usages et les fonctions des emblèmes d'Alciato.

En 2004-2005, Les rapports entre l'écriture et l'action ont été abordés dans toutes les dimensions envisageables: action par l'écriture, action de l'écriture, action dans l'écriture, écritures de l'action. Ils seront repérés et questionnés à partir de quatre «terrains»: 1 - actions d'écriture et action politique (l'action d'écriture dans la politique, l'action politique dans l'écriture), 2 -  l'invention scripturaire de l'intérêt et de l'intéressant comme condition et comme  effet de la production et de la réception littéraires de l'écrit, 3 - écriture et réclusion : actions d'écriture de prisonniers au début de l'époque moderne, 4 - les «malheurs du temps et leurs témoins » (XVIIe siècle): présence et évidence du malheur dit par ceux qui le vivent ou le voient (c'est la question du témoignage, souvent porté par des textes, littéraires ou non, dont le but n'est pas de témoigner), effets de la stylisation ou de la mise en forme comme action d'écriture qui porte ce malheur jusqu'à ceux qui sont amenés à en rendre compte dans leur travail de compréhension du passé: où (qu'est-ce qu'une écriture localisée ?), quand, comment le malheur se trouve-t-il construit comme événement ?

 

Programme

Programmes des séminaires des années précédentes

Programmes des ateliers des années précédentes

 

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