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Miroirs
de la raison d'état Cahiers
du Centre de Recherches Historiques, Avril 1998, n°20.
SOMMAIRE
Introduction Le 3 juin 1997, le Grihl a organisé une journée de travail autour
d'un texte de Marcel Gauchet intitulé L'état au miroir de la raison
d'état
: la France de la chrétienté. Ce long article nous avait frappé par
la puissance de son argumentation, mais aussi parce qu'il
traversait, avec la problématique de la raison d'état, un ensemble de
grandes questions comme l'histoire de l'espace public ou les rapports du théologique
et du politique. Le concept de
"raison d'état" et son historiographie devenaient ainsi l'aune à
laquelle mesurer, depuis plusieurs horizons disciplinaires, les déplacements récents
et les questions sans réponse de nos travaux d'histoire politique sur la France
d'Ancien Régime. Marcel Gauchet a accepté d'être présent lors de cette journée,
de participer aux discussions, de proposer un commentaire conclusif, puis de réagir
par écrit à quelques-unes des réflexions qu'avait suscitées son travail.
Cette présence généreuse a permis à la discussion d'avoir
vraiment lieu et à la table ronde d'apparaître comme un succès aux
yeux de tous les participants. A cette occasion, le
Grihl, qui n'avait que quelques mois d'existence, a
également cherché à montrer que travailler à l'intersection de l'histoire et
du littéraire - comme il a vocation à le faire - ce n'est en rien se cantonner
à une histoire littéraire. La "raison d'état" permettait de mettre
à l'épreuve, sur un objet ouvertement politique, les questionnements
interdisciplinaires. Avec les dix textes rassemblés dans cette vingtième
livraison des
Cahiers du CRH, on découvrira donc des contributions
d'historiens, de littéraires, de philosophes,
nourries d'expériences et d'objectifs tout à fait divergents, mais
faisant converger leurs problématiques dans le partage opératoire du concept
de "raison d'état" et la lecture active de l'article de Marcel
Gauchet. Chacun des auteurs a présenté à sa guise sa contribution. Il ne s'agit
pas ici de la publication d'un colloque : certains ont pu choisir de rédiger
leur intervention comme une communication avec notes érudites et présentation
académique, d'autres, au contraire, ont préféré rester au plus près de
l'oral afin de conserver dans l'écrit une part de la spontanéité du débat.
L'essentiel est bien que cette diversité rende compte de l'ouverture de la
discussion et contribue peut-être, par cet objet textuel hybride et paradoxal,
au développement d'une forme de publication intermédiaire, probablement
nécessaire pour saisir les enjeux les moins évidents d'un tel débat
autour d'une notion aussi cardinale que celle de "raison d'état".
Le texte initial de Marcel Gauchet, auquel se réfèrent explicitement ou
implicitement tous les intervenants, peut
être lu en appendice. Son intervention finale, nourrie par la discussion à
laquelle elle réagit, est en tête du volume. Elle est suivie par les trois
articles qu'elle cite directement. Prennent place ensuite quatre
contributions qui, par paire, partagent des objets de travail : un événement
(la Saint-Barthélemy) ou un auteur (Gabriel Naudé). Enfin viennent les
remarques de deux "modérateurs",
Alain Viala
et Robert Descimon. Ce
sommaire montre qu'il y a plusieurs entrées possibles dans ce Cahier. Puissent
des cheminements fructueux s'y dessiner, une fois franchie l'une ou l'autre de
ces entrées. 1
Groupe de Recherches Interdisciplinaires sur l'Histoire du Littéraire
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