Miroirs de la raison d'état

Cahiers du Centre de Recherches Historiques, Avril 1998, n°20.  

SOMMAIRE

Introduction
Christian JOUHAUD, CNRS - Centre de Recherches Historiques

Etat, monarchie, public
Marcel GAUCHET, EHESS - Centre de Recherches Politiques Raymond Aron

Autonomie et hétéronomie de la politique : la question de la finalité
Michel SENELLART, Université de Nancy II

Le silence et la justification : les pratiques de l'état (France, XVIIe siècle)
Christophe BLANQUIE, Centre de Recherches Historiques

La tactique du lierre : sur l'état de la raison d'état
Christian JOUHAUD, CNRS - Centre de Recherches Historiques

L'établissement de la raison d'état et la Saint-Barthélemy
Marie-Madeleine FRAGONARD, Université de la Sorbonne Nouvelle - Paris 3

A propos de l'établissement de la raison d'Etat et la Saint-Barthélemy
Denis CROUZET, Université de Paris Sorbonne

Gabriel Naudé : destinations et usages du texte politique
Jean-Pierre CAVAILLE, Université de Toulouse-le-Mirail

Apories de l'humanisme et raison d'état dans le Mascurat de Gabriel Naudé
Hartmut STENZEL, Université de Giessen

Quelques remarques sur l'adhésion
Alain VIALA, Université de la Sorbonne Nouvelle - Paris 3 et Oxford University

Note préliminaire sur le théologico-politique
Robert DESCIMON, EHESS - Centre de Recherches Historiques

Appendice
Marcel GAUCHET, L'Etat au miroir de la raison d'état : La France et la chrétienté

 

 Introduction

Le 3 juin 1997, le Grihl a organisé une journée de travail autour d'un texte de Marcel Gauchet intitulé L'état au miroir de la raison d'état : la France de la chrétienté. Ce long article nous avait frappé par la puissance de son argumentation, mais aussi parce qu'il  traversait, avec la problématique de la raison d'état, un ensemble de grandes questions comme l'histoire de l'espace public ou les rapports du théologique et du politique.  Le concept de "raison d'état" et son historiographie devenaient ainsi l'aune à laquelle mesurer, depuis plusieurs horizons disciplinaires, les déplacements récents et les questions sans réponse de nos travaux d'histoire politique sur la France d'Ancien Régime. Marcel Gauchet a accepté d'être présent lors de cette journée, de participer aux discussions, de proposer un commentaire conclusif, puis de réagir par écrit à quelques-unes des réflexions qu'avait suscitées son travail. Cette présence généreuse a permis à la discussion d'avoir  vraiment lieu et à la table ronde d'apparaître comme un succès aux yeux de tous les participants.

A cette occasion, le Grihl, qui n'avait que quelques mois d'existence, a également cherché à montrer que travailler à l'intersection de l'histoire et du littéraire - comme il a vocation à le faire - ce n'est en rien se cantonner à une histoire littéraire. La "raison d'état" permettait de mettre à l'épreuve, sur un objet ouvertement politique, les questionnements interdisciplinaires. Avec les dix textes rassemblés dans cette vingtième livraison des Cahiers du CRH, on découvrira donc des contributions d'historiens, de littéraires, de philosophes,  nourries d'expériences et d'objectifs tout à fait divergents, mais faisant converger leurs problématiques dans le partage opératoire du concept de "raison d'état" et la lecture active de l'article de Marcel Gauchet.

 Chacun des auteurs a présenté à sa guise sa contribution. Il ne s'agit pas ici de la publication d'un colloque : certains ont pu choisir de rédiger leur intervention comme une communication avec notes érudites et présentation académique, d'autres, au contraire, ont préféré rester au plus près de l'oral afin de conserver dans l'écrit une part de la spontanéité du débat. L'essentiel est bien que cette diversité rende compte de l'ouverture de la discussion et contribue peut-être, par cet objet textuel hybride et paradoxal, au développement d'une forme de publication intermédiaire, probablement  nécessaire pour saisir les enjeux les moins évidents d'un tel débat autour d'une notion aussi cardinale que celle de "raison d'état".

Le texte initial de Marcel Gauchet, auquel se réfèrent explicitement ou implicitement tous les intervenants,  peut être lu en appendice. Son intervention finale, nourrie par la discussion à laquelle elle réagit, est en tête du volume. Elle est suivie par les trois  articles qu'elle cite directement. Prennent place ensuite quatre contributions qui, par paire, partagent des objets de travail : un événement (la Saint-Barthélemy) ou un auteur (Gabriel Naudé). Enfin viennent les remarques de deux "modérateurs", Alain Viala et Robert Descimon. Ce sommaire montre qu'il y a plusieurs entrées possibles dans ce Cahier. Puissent des cheminements fructueux s'y dessiner, une fois franchie l'une ou l'autre de ces entrées. 

Christian Jouhaud

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1 Groupe de Recherches Interdisciplinaires sur l'Histoire du Littéraire
2  Paru dans Raison et déraison d'Etat. Théoriciens et théories de la raison d'Etat
aux XVIe et XVIIe siècles, Yves-Charles ZARKA éd., Paris, PUF, 1994, 436 pages, pp. 193-244.

 

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