Le Débat Stratégique Nº45 -- Juillet 1999

Editorial : Trois élections méditerranéennes sous surveillance militaire


L'Algérie élit un président civil, bien que coopté par le commandement militaire et accusé de manipuler l'électorat par l'opposition (qui s'est retirée du scrutin), mais M. Bouteflika paraît lancer une dynamique populaire de paix et cherche par son amnistie à ouvrir une ère nouvelle.

En Turquie, autre régime où l'armée nationaliste kemaliste et en principe laïque, joue un rôle coutumier dominant, les élections annoncent un renforcement préoccupant du nationalisme et une réorientation vers le Grand Moyen-Orient.

Israël, de son côté, élit un président militaire qui, par la lente négociation de mise en place de sa coalition, manœuvre pour ne dépendre ni du Likoud, ni d'aucun parti à programme en position de s'opposer à sa gestion du processus de paix.

Dans ces trois pays les élections paraissent aujourd'hui, malgré les différences de scrutins, de structuration des partis, de type et de niveau de corruption, et de développement, un procédé régulier de légitimation auquel les pouvoirs réels souvent militaires, se prêtent pour engager des processus de paix interne-externe qui ressemblent à des négociations diplomatiques.

La Méditerranée, comme les Caraïbes, demeure un lieu important d'affrontements et de négociations avec les forces nouvelles que suscitent un peu partout, sur la faille Nord-Sud, la décomposition des États sous le choc des exigences néolibérales des organisations financières mondiales. Les régimes y oscillent de manière tendue entre la répression interne la plus sauvage et l'espérance de paix, et les corps militaires, souvent partagés, ne sont pas nécessairement les plus violents.




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©CIRPES -- Dernière mise a jour : Mercredi 14 juillet 1999