Le Débat Stratégique Nº46 -- Septembre 1999
Editorial : Leçons à recevoir ou leçons à tirer ?
Il y a dix ans la guerre de Golfe n'avait amené les Européens qu'à des conclusions sans conséquences majeures pour les institutions militaires. Aujourd'hui celle du Kosovo les contraint à tirer des leçons plus difficiles. La proximité des peuples et des lieux de conflits, l'implication beaucoup plus massives des forces européennes, le sentiment que rien n'est vraiment gagné imposent des réflexions plus drastiques.
Or ce n'est pas tant d'Europe que sont venus les premières conclusions mais beaucoup plus d'Outre Atlantique où, dans la lignée des conclusions du sommet de l'OTAN d'avril dernier, les grandes orientations qu'il faudrait prendre sont clairement indiquées aux alliés, et volontiers développées par les partisans de l'option atlantique. Sur le continent, les industriels de l'armement, pressés par les urgences économiques, semblent les premiers à prendre des décisions, à dégager des orientations. Mais celles-ci s'adaptent moins à un objectif géopolitique qu'aux demandes plus ou moins exprimés de clients militaires en partie mondialisés. Tout se passe comme si les représentations fictionnelles des risques et des menaces, notamment dans le cinéma américain, précédaient les scénarios des états-majors.
Le lieu de la décision politique en matière de sécurité reste dès lors vide ou ténu en Europe. Son intégration dans les structures de l'Alliance, souhaitée par beaucoup de nos alliés, présente pourtant bien des inconvénients dès qu'il s'agit de mener une opération concrète comme celle du Kosovo. Or ni l'environnement européen proche (Russie), ni surtout les grandes régions du monde (Asie au premier chef) ne sont à l'abri des affrontements. La présidence française de l'Union, qui approche, se doit de faire progresser les moyens de l'affirmation de cette dernière et de son autonomie.
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Dernière mise a jour :
Vendredi 22 Octobre 1999