Laurent Giovachini,
L'armement français au XX° siècle. Une politique à l'épreuve de l'histoire,
Editions Ellipses, collection les cahiers de l'armement, Paris, 2000, 203 pages
[bibliographie, index des noms]Ce livre présente une synthèse historique du système français de production d'armement, considéré sous ses aspects industriels, politiques, économiques et organisationnels. Le XXè siècle est périodisé en huit séquences dont les titres résument la problématique. Avant 14 : " rationalisation du domaine de l'Etat et essor de l'industrie privée ". 1914-1918 : " guerre industrielle et économie mixte ". Front populaire : " les nationalisations au service du réarmement ". 39-40 : " la bataille pour l'armement ". Après-guerre : " ministres communistes et aide américaine ". " Aéronautique et nucléaire : les ambitions cachées de la IVè République ". 1960-1989 : " L'âge d'or du complexe militaro-industriel ". A l'aube du XXIè siècle : " concentration, émancipation et banalisation ". L'auteur présente six portraits majeurs : Albert Thomas, Pierre Cot, Raoul Dautry, Charles Tillon1, Pierre Guillaumat, Henry Martre et annexe un texte de chacun d'eux sur la politique d'armement. Il souligne les quatre principaux dilemmes de l'évolution actuelle : statut public ou privé des entreprises d'armement, concentration ou pas des compétences politico-administratives dans ce domaine, degré de priorité à accorder au développement de capacités de recherche et de production indépendantes, quelle coordination entre une programmation inscrite dans la durée et une nécessaire capacité d'adaptation à court terme ? Les responsabilités de l'auteur auraient pu le conduire à éluder les questions difficiles. Il n'en est rien. Ce livre lucide et bien écrit est un instrument historique indispensable. Jean Paul Hébert 1 - On nuancera la phrase de la page 80 dans le portrait de Charles Tillon " Dès le changement d'attitude du PC à l'égard de l'occupant nazi, il prend la tête des francs-tireurs partisans... " qui peut être comprise comme indiquant que Tillon aurait attendu 1941 pour s'engager clairement dans la lutte antinazi. Il n'en est rien. Dès juin 1940, Tillon manifeste clairement cette ligne anti-nazi et l'appliquera sans se soumettre aux contorsions idéologiques de Duclos. (cf. Philippe Robrieux, Histoire intérieure du parti communiste 1920-1945, Fayard, Paris, 1980 - pages 514 et s.).
Magnette Paul,
La citoyenneté européenne,
Ed de l'Université de Bruxelles, 1999.
Balibar Etienne,
Nous citoyens d'Europe, les frontières, l'Etat, le peuple,
Paris, La Découverte, 2001, 320 p, 135 frs.Tiré d'une thèse, le livre de P. Magnette a toute la force d'un travail universitaire ramené à des proportions lisibles pour donner l'analyse d'un processus et sa critique. Le processus : la communauté économique a créé des droits (circulation du travailleur, égalité de traitement) que le passage à l'Union politique n'a pas substantiellement accrus (ni par de véritables droits sociaux, ni par des droits électoraux, ni par une protection des ressortissants à l'extérieur). Un moment (57-90) surpris par la discrétion des institutions communautaires (Cour de justice, Commission, Parlement) les Etats ont dans les années 90 repris le contrôle du processus en tonnant contre le " déficit démocratique " qu'ils mettaient en place. D'où un espace civique " orléaniste " où les seuls citoyens qui " ont une part active sont les élites de la vie sociale, entrepreneurs et groupes d'intérêts dirigeants politiques et hauts fonctionnaires, cadres et associations civiles ". L'esprit critique sans le souverainisme. Moins construit, puisque rassemblant des articles édités par le philosophe Balibar depuis une dizaine d'années, l'ensemble a l'avantage de présenter le cheminement d'un observateur " d'en bas ", appliquant sa réflexion de philosophie politique à la question du " citoyen en Europe ", la confrontant à d'autres observateurs contemporains (Schnapper, Habermas...). Rejetant les conclusions hégéliennes sur l'impossibilité d'une entité politique se substituant à l'Etat du fait de la crise même de ce dernier, Balibar affronte notamment la question des communautés immigrées, l'émergence d'une citoyenneté sans communauté, et en refondation permanente. Pour cette citoyenneté quatre chantiers s'ouvrent : la démocratisation de la justice sur le territoire européen, l'articulation des luttes syndicales, la question des frontières, et enfin le dépassement des langues par la traduction. Deux efforts pour la construction d'un espace public nouveau, dont l'enjeu ne se limite pas à l'entité européenne. André Brigot |
Florilège technostratégiqueThe best wayto keep the peace is to redefine war on our terms Avec de la technologie avancée, nous devons affronter la menace qui nous vient par fusée. Grâce à la mise en commun du renseigement et des mesures de contrainte, nous devons affronter la menace qui peut nous venir par container sur cargo ou dans une valise. Nous n'avons pas de plus haute priorité que la défense de notre peuple contre l'attaque terroriste. Pour réussir l'Amérique sait que nous avons besoin de travailler avec nos alliés. Nous n'avons pas gagné ensemble dans la guerre froide, pour simplement suivre ensuite des routes séparées, poursuivre des plans séparés avec des technologies séparées. Les dangers qui sont devant nous, nous concernent tous. Les défenses que nous devons construire doivent nous protéger nous tous. Et deuxièmement, comme vous le savez d'expérience propre, nous devons faire progresser notre Paix et faire progresser notre technologie. Nous assistons à une révolution dans la technologie de la guerre, la puissance est de plus en plus définie non par leur taille mais par la mobilité et l'agilité. La supériorité de plus en plus vient de l'information. La sécurité se gagne par la furtivité et par des forces projetées sur la courbe allongée des armes guidées avec précision. La meilleure manière de conserver la paix est de redéfinir la guerre selon ce qui nous convient. Président BUSH, Norfolk Speech, 13/2/2001 |