Le Débat Stratégique Nº58 -- Septembre 2001

La Macédoine, contre-exemple pour l'Union ?

Par André Brigot



L'affaire de la Macédoine suscite un doute quant à la volonté politique des gouvernants européens de s'engager seuls dans une politique de sécurité. Voilà un territoire incontestablement partie de l'espace de l'Europe où les forces européens sont très largement majoritaires sur le terrain, sont placées délibérément par les Gouvernements de l'Union sous l'autorité de l'OTAN, alors même que leur mission (récupérer les armes des rebelles) est à la hauteur des capacités des seuls européens, et que les Etats-Unis étaient parfaitement d'accord pour que les Européens prennent seuls la direction des Opérations.

Un peu comme l'opération de police en Albanie en 1996, où les responsables européens ont refusé de placer sous la direction de l'UEO une mission que cette organisation était capable de mener avec l'accord du gouvernement albanais et l'appui des E.U.

Dans ces cas, ce ne sont pas les E.U. qui s'opposent à l'affirmation de l'Union, mais les gouvernants européens qui refusent, pour de multiples raisons d'éprouver et de prouver leurs capacités. Ce faisant, certes sans panache, peut-on néanmoins, remarquer que nous instrumentalisons l'OTAN ? Face à une structuration des forces européennes encore en cours, utiliser la structure otanienne militaire, c'est se servir de l'outil que nous payons largement, qui fonctionne, et pour une mission qui nous importe. Les Etats-Unis ont besoin d'une Alliance politique, les Européens utilisent à leur profit ses capacités militaires. Certes, il n'y a pas beaucoup de témérité à refuser de tester les capacités européennes. Mais s'il s'agit de se donner le maximum de temps pour les améliorer, les préparer pour le cas où les Européens n'auraient plus d'autre choix que d'agir seuls, alors, le recours à l'Alliance est " de bonne guerre ".

André Brigot




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