Le Débat Stratégique Nº59 - Novembre 2001
Notes de lecture
LivreS blancS européenS,
L'Institut Royal de défense belge
Etude comparative des livres blancs, documents officiels et notes de politique
générale relatifs à la politique de sécurité et de défense des quinze Etats membres
de l'Union Européenne.
Revue Sécurité et Stratégie de 2001
Cette heureuse initiative donne une vision synoptique des perceptions des
différents Etats. Alors que l'Institut d'Etudes de Sécurité de l'UEO se voit
chargé d'élaborer les éléments d'un ? Livre Blanc Européen ", la mise en
regard des préoccupations nationales est riche d'enseignement.
Les auteurs ont synthétisé les approches en une dizaine de thèmes : l'
environnement stratégique ; les concepts de sécurité et de défense ; la
participation aux alliances ; la coopération internationale ; les missions
des forces armées ; la participation aux missions de paix et humanitaires ; les
personnels ; les équipements ; les budgets de défense ; la structure des
forces armées. Selon les auteurs, si les changements politiques internationaux
ont été pris en charge par les différents Etats, l'intégration d'une nouvelle
géopolitique dans les structures organes fonctionnement et équipements
nationaux reste inachevée.
L'évolution fait apparaître trois catégories d'Etats dans l'Union. Un
premier groupe, aux armées professionnalisées, a avancé dans la
désignation et l'organisation de forces destinées à la réponse aux crises dans le
cadre de l'Union et de l'OTAN, tout en maintenant l'importance de la défense
collective : Espagne, France, Italie, Portugal, Royaume-Uni et Bénélux.
L'Allemagne ferait partie de ce groupe si elle renonçait à la conscription, ainsi que le Danemark s'il renonçait à sa dérogation en matière de politique européenne de défense au sein de l'Union. Un deuxième groupe rassemble les (ex) neutres qui, sans rejoindre l'Alliance atlantique, réforment leurs institutions militaires en adoptant une conception de leur défense moins " nationale " en intégrant les missions de " Petersberg " de l'Union (gestion de crises) dans l'évolution de leurs forces : l'Autriche, la Finlande, la Suède et l'Irlande. Enfin, la Grèce, pour qui l'environnement régional reste perçu comme si menaçant qu'il influence le contenu de sa politique nationale de défense. A cette répartition, il faut ajouter la spécificité " transversale " des deux Etats disposant d'une dissuasion nucléaire nationale, parallèlement au maintien de capacités nucléaires "à double clef" dans le cadre de l'OTAN pour d'autres Etats.
L'élargissement de l'Union vers 2004 à plusieurs pays d'Europe centrale et orientale influera sur le poids respectif de ces regroupements. En même temps, que les diverses formes d'extension et d'association de l'Alliance atlantique font que le Conseil de Partenariat rassemble maintenant 46 Etats . Un tel gigantisme pourrait conduire certains d'entre eux à resserrer les rangs dans une structure européenne en formation, malgré l'attachement à l'intergouvernementalisme. Le Livre blanc de l'Union devrait y contribuer.
Elargissement : une nouvelle OTAN,
William Hopkinson
, Cahiers de Chaillot n° 49, Institut d'Etudes de Sécurité de l'UEO Paris, oct. 2001
L'auteur, après avoir détenu plusieurs postes de responsabilité dans les institutions britanniques et atlantistes se "consacre maintenant à la lecture et à l'écriture", comme indique la présentation, sa liberté de ton pour analyser l'élargissement de l'Alliance en 2002 mérite d'être saluée. Au delà de l'examen des divers scénarios (élargissement limité à trois ou étendu) c'est toute la signification d'une l'Alliance étendue dans son espace et ses missions et contrôlée par les Etats-Unis qui est interrogée. Ecrit par un français ce serait polémique ; sous la plume d'un britannique, ce réalisme pragmatique émerveille. La cinglante préface de la directrice de l'Institut, sur l'OTAN après le 11 septembre, accroît l'intérêt de cette lecture décapante.
A.B.
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