Le Débat Stratégique Nº69 - Mai 2003

Notes de lecture



Quel modèle pour la PESC ?, Hans-Georg Ehrhart, Cahier de Chaillot n° 55, 2002, 80 pages.

Trop souvent abordée soit sur le mode de la dérision, soit sous ses aspects institutionnels abscons, la PESC est ici décrite à la fois comme instrument de sécurité civilo-militaire et comme projet normatif. L'auteur rappelle les modèles théoriques qui pourraient s'appliquer à la PESC en proposant que celle-ci devienne un " acteur de sécurité coopérative ". Le multilatéralisme qui la constitue lui interdit sans doute la voie de la superpuissance militaire, mais lui facilite les dimensions normatives, préventives, et l'articulation avec d' autres institutions de sécurité : OSCE, ONU. Dans des évaluations et recommandations, l'auteur rappelle la nécessité d'un Livre Blanc européen, la priorité donnée à la prévention et donne par ailleurs les avancées institutionnelles et capacitaires récentes. Il souligne l'importance d'une " culture opérationnelle ", et on pourrait dire d' une culture stratégique ", tant il s' efforce d'intégrer les objectifs politiques qu'il souhaite voir pris par l'Union dans des propositions concrètes.
Une synthèse qui rassemble des éléments trop souvent séparés (théorique, institutionnels, straté gique…) ; une sensibilité à plusieurs cultures et sensibilités (atlantiste, allemande, française...) donne les bases d'une perception représentative d'une large partie des populations européennes. La conduite de l'affaire irakienne montre à quel point une sensibilité européenne se forme ; un tel livre permet de l'approcher.

A. B.


La Russie face à l'Europe , Dov Lynch, Cahiers de Chaillot n° 60, 2003 www.iss-eu.org

En faveur d'une coopération accrue, raisonnée et organisée entre la Russie et l'Union, l'auteur dégage quelques grands de la politique étrangère russe, souligne les atouts que l'Union développerait en mettant en œuvre les politiques décrites dans des " stratégies " qui restent à l'état de documents. Le pragmatisme britannique laisse dans l' ombre un troisième acteur : les Etats-Unis. La " communauté atlantique " s'identifie-t-elle aux objectifs de l' Union ? A défaut d'affronter des divergences sur l'Asie centrale, l'Iran, l' Irak, l'auteur développe les possibilités de coopérations frontalières de sécurité régionale, en particulier en Moldavie.

A. B.


L'Union Européenne et la réduction de la menace en Russie, sous la dir. de Burkard Schmitt, Cahier de Chaillot n° 61.

Au-delà de ce titre ambigü (pourquoi pas "risque"), un exposé très précis des mesures conduites par l'Union européenne et les Etats-Unis pour garantir la sécurité et demanteler les matériels et les installations liés aux armes de destruction massives en Russie. Ces activités " CTR " (Cooperative Threath Reduction) entrent dans la politique européenne de sécurité commune, en grande partie financées par les programmes Tacis. Une dizaine de centres de recherches européens et américains participent au suivi de ces opérations et le CSIS de Washington, think tank plutôt républicain fait une évaluation qui propose que l'Union paie plus. Plus judicieux, les auteurs recommandent que ces activités soient intégrées dans l'ensemble de la politique de l'Union, à travers une vue d'ensemble " transpiliers " (communautaire, PESC…) permettant entre autres de donner plus de consistance à la " stratégie commune vis-à-vis de la Russie ".

A. B.


Politiques et militaires face à la démocratie en Afrique, Emmanuel Dupuy, Revue politique et parlementaire, avril 2003.

Un article court mais très précis, à l' articulation de la sociologie politique et de la sociologie militaire sur l'évolution des appareils militaires en Afrique. Forces armées officielles, gardes présidentielles, milices, forces privées, gangs et maffias sont analysées à travers tous les éléments qui les transforment : renchérissement des matériels, ethnicisation, oppositions entre elles, multiplications des bandes armées face au délitement des forces officielles. A travers des exemples pris dans l' ensemble de l'Afrique subsaharienne, un tableau consternant mais très utile pour comprendre l'évolution de l'usage de la violence.

A. B.



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