MILITARISATION OU DEMILITARISATION DU MONDE ?
L'évolution des dépenses militaires mondiales en longue période. 1

Jean-Paul HEBERT

In Mondes en développement, Tome 28, année 2000



Dans les années qui ont suivi l'implosion de l'URSS et la disparition du pacte de Varsovie, l'opinion publique a été particulièrement sensibilisée à la baisse sensible des budgets de défense des principaux pays occidentaux. Pourtant ce mouvement de baisse avait précédé (et non pas suivi) la fin du face-à-face ouest-est : si la baisse des dépenses militaires américaines n'apparaît , en monnaie courante , qu'en 1990, elle est nette dès 1987 en monnaie constante. De même, les dépenses américaines d'armement connaissent leur point le plus élevé en 1987 et diminuent dès 1988, et la date d'inflexion est la même pour les dépenses d'armement des pays européens de l'OTAN et pour leurs dépenses militaires totales (en monnaie constante)2. Quant aux transferts d'armes majeures dans le monde, c'est encore dès 1988 que leur volume baisse selon le SIPRI3. Cette imprécision dans la perception de la chronologie du mouvement illustre assez bien les difficultés d'analyse qu'on peut rencontrer quant à l'évolution des dépenses militaires. Ce mouvement de baisse a été caractérisé comme celui des " dividendes de la paix ". Ce concept incertain renvoyait au fait d'une contraction importante des dépenses militaires, considérée comme un phénomène durable, donc comme une inflexion majeure de la place de la défense dans les dépenses publiques mondiales. Néanmoins, des interrogations subsistent sur la réalité de ce mouvement et surtout sur sa pérennité. On présentera donc d'abord des éléments d'analyse sur l'évolution des dépenses militaires mondiales depuis la fin des années cinquante, en utilisant divers ratios (dépenses militaires, ventes d'armes, effectifs militaires, arsenaux nucléaires), puis on détaillera l'analyse sur l'évolution des dépenses de l'OTAN, en s'interrogeant sur l'éventuelle inflexion de ce mouvement long à l'orée du XXIème siècle.

1 - Quelle est la réalité du mouvement mondial de contraction des dépenses militaires ?

La mesure des dépenses militaires mondiales se heurte à de sérieux problèmes statistiques : les deux sources les plus souvent utilisées, en ce qui concerne les budgets militaires, sont le SIPRI4 suédois et l'ACDA américaine. Or ces deux sources aboutissent à des résultats étonnamment différents. De plus, au fur et à mesure des parutions annuelles, chacune de ces sources réévaluent les données qu'elle publie et l'on constate également de fortes différences, pour une même source, d'une année sur l'autre.

IL N'Y A PAS DE RUPTURE FONDAMENTALE SUR LE LONG TERME.

On a visualisé ces résultats sur le graphique 1, en utilisant trois parutions espacées dans le temps des annuaires du SIPRI et de l'ACDA5.



On constate la très grande variabilité des résultats pour une même source : les rapports des estimations sont de un à trois pour le SIPRI pour les années 1986 à 1989, de un à quatre pour l'ACDA pour les années 1976 à 1978 ! On observe également la différence entre les sources: elle est particulièrement marquée pour la période 1960 à 1972, tant en valeur (écart du simple au triple) qu'en sens de l'évolution (augmentation régulière pour le SIPRI dans la période, stagnation puis baisse pour l'ACDA). L'incertitude pour la période 1976 à 1980 est extrême, le SIPRI s'est d'ailleurs refusé à publier des données récapitulatives pour cette période.

Compte tenu de ces réserves, on peut cependant retenir trois considérations : d'abord, dans la période récente les évaluations des deux instituts se sont sensiblement rapprochées, ce qui limite le degré d'incertitude. De plus, il semble bien qu'il y ait un réel mouvement de baisse des dépenses militaires sur la période récente (depuis la fin des années quatre-vingt). Enfin, ce mouvement de baisse doit lui-même être relativisé au regard des données sur la longue période : il ramène les dépenses militaires mondiales ( en valeur constante) au niveau du milieu des années quatre-vingt, suivant l'ACDA. L'analyse est plus compliqué en ce qui concerne les données su SIPRI : le niveau atteint en 1995 serait comparable à celui de 1974, d'après l'annuaire su SIPRI de 1979, mais très nettement au dessus du niveau des années quatre-vingt suivant les annuaires de 1985 et 1998. Quel que soit le point de comparaison exact, on peut cependant conclure que l'actuel mouvement de baisse des dépenses militaires n'a pas créé un creux historique, mais a seulement ramené ces dépenses autour de la moyenne des années soixante-dix et quatre-vingt.

MAIS IL Y A BIEN UN CHANGEMENT SUR LE MOYEN TERME

Ce mouvement de baisse des dépenses militaires depuis la fin des années quatre-vingt est clairement établi en ce qui concerne les cinq pays (Etats-Unis, URSS puis Fédération de Russie, France, Royaume-Uni, République fédérale allemande puis Allemagne) :

Dépenses militaires 1988-1998 selon le Sipri
(milliards de dollars constants 1995)6
Etats-Unis URSS puis Russie France Allemagne Royaume-Uni
1988 377 259 51 54 43
1989 374 240 52 54 43
1990 357 203 52 57 42
1991 314 52 53 43
1992 331 48 51 50 39
1993 314 42 50 45 38
1994 296 41 50 42 37
1995 279 26 48 41 34
1996 264 23 47 40 34
1997 262 25 47 39 32
1998 256 18 46 39 33
1999 260 22 47 40 32




Il montre aussi que, dans la période, si l'URSS tentait, quant à son budget de défense, de jouer " non loin " des Etats-Unis, la fédération de Russie est revenu à un niveau plus modeste qui est celui des trois grands pays européens.

A un niveau de dépenses sensiblement inférieur, le même trend se constate dans les dépenses militaires des trois plus grands pays de l'Union européenne :



Ce mouvement de baisse se constate aussi sur la période si l'on prend en considération les effectifs militaires :



la baisse est considérable pour la Russie qui passe de 4 millions d'hommes sous les drapeaux à environ 1 million. mais elle est loin d'être négligeable pour les Etats-Unis (de 2.2 millions à 1.4) et pour les trois pays européens (ici agrégés) (de 1.3 millions à 0.8), en notant de surcroît que les évolutions de la conscription en France et en Allemagne vont continuer à produire des effets de même sens et que les effectifs stationnés hors des frontières ont eux aussi décru très sensiblement entre 1990 et 1999 :

Evolution 1989-1999 des effectifs militaires hors métropole7
  Effectifs 1989 Effectifs 1999 Variation en valeur absolue

(+ ou -)

variation en %

(+ ou -)

Etats-Unis 517 000 152 000 - 365 000 71
URSS puis fédération de Russie 637 000 22 000 - 615 000 97
France 92 000 35 000 - 57 000 62
Royaume-uni 91 000 36 000 - 55 000 60
Allemagne 0 7 700 + 7 700 NS
Il se constate plus nettement encore en ce qui concerne les arsenaux nucléaires stratégiques en conséquence des traités Start I et START II, en attendant que START III aboutisse.

Evolution des quantités de têtes nucléaires stratégiques 1988-1998

1988 1998
Etats-Unis 13000 7206
Russie 11562 5972
France 434 464
Chine 324 290
Royaume-Uni 328 185


Ce dernier aspect met en évidence l'hétérogénéité des dépense militaires. Tous les postes de ces dépenses n'évoluent pas de la même façon. La décrue du nucléaire est particulièrement marquée, à la suite de la disparition de la structure bipolaire du monde, structure qui était à la fois lieu d'affrontement et de mise en ordre des relations internationales, en revanche d'autres dimensions des dépenses militaires. De même, la baisse des effectifs est très importante ce qui est également une des conséquences de cette nouvelle configuration mondiale et des changements qu'elle entraîne dans la définition des moyens de la défense.

En revanche, les transferts mondiaux d'armements n'enregistrent pas une évolution comparable. Les difficultés statistiques, en ce qui concerne les transferts d'armements, ne sont pas moindres que pour les dépenses militaires8. Mais, que l'on suive l'indicateur du SIPRI ou les données publiées par le service de recherche du congrès américain (CRS)9 (graphiques 3 et 4), on constate que si la première partie de la décennie quatre-vingt-dix a vu une contraction importante des transferts d'armements, la deuxième moitié de la décennie est marquée par une reprise. L'année 1994 est celle du point bas.



Ce mouvement de baisse s'explique assez facilement après les sommets enregistrés depuis les années quatre-vingt, avec la guerre Irak-Iran, la formidable accélération des dépenses militaires américaines sous la présidence Reagan, puis la guerre du Golfe.

Il faut cependant tenter de replacer ces mouvements dans une perspective plus longue. La difficulté réside dans l'insuffisance des statistiques : le SIPRI fournit des séries longues pour les transferts d'armes au tiers-monde10 :



Qui montrent qu'après le plafond très élevé des années 1977-1987, ces transferts ont sensiblement décru (fin de plusieurs conflits, limitation des moyens financiers, constitution d'arsenaux), avant de remonter dans les années récentes au niveau moyen des années soixante-dix, avant cette augmentation considérable. Il s'agit donc d'un mouvement de retour à un niveau plus supportable, mais pas nécessairement d'un tarissement de ces transferts. Le mouvement mondial total (incluant les importations du tiers-monde et des pays industrialisés) n'est visualisable, sur la base des données du Sipri que depuis le début des années quatre-vingt :



Il dessine cependant un mouvement comparable : après le palier exceptionnellement élevé qui va jusqu'en 1987, on assiste à une décroissance qui passe par un point bas en 1994 avant d'entamer un mouvement de remontée qui semble bien devoir se continuer à l'orée des années 2000, signe que le marché n'a pas disparu mais qu'il est en train de se transformer, conjointement aux transformations des problématiques de guerre et d'ordre mondial.

On doit noter encore que la hiérarchie des vendeurs d'armes s'est transformée.

La part de la Russie a considérablement diminué. Le poids des Etats-Unis est en augmentation sur la décennie. Les trois principaux exportateurs européens (France, Royaume-Uni, Allemagne) ont vu leur part augmenter jusqu'à dépasser celle des Etats-Unis, s'il faut en croire ces données d'origine américaine. Toutefois, il y a une grande incertitude sur ce point. Les données du Sipri ne confirment pas cette prééminence européenne. De plus le CRS a procédé en 1997 à une révision drastique de ses données modifiant substantiellement la hiérarchie mondiale, sans fournir d'explications méthodologiques.11





On n'oubliera pas cependant que le montant des transferts mondiaux d'armement ne représente qu'environ un sixième des dépenses mondiales d'armement, lesquelles représentent elles-mêmes un quart à un tiers des dépenses militaires.

Finalement, au niveau mondial, si on a bien depuis la fin des années quatre-vingt une contraction des dépenses militaires, qui s'accompagne d'une réduction des effectifs et d'une réduction des transferts d'armement, ce mouvement ne fait en volume que retrouver le niveau des années soixante-dix. Il traduit surtout une adaptation en cours aux nouvelles formes de guerre, de risques, de menaces, d'affrontement, marquée par un amoindrissement du nucléaire12, par la fin du recours aux gros bataillons et aux mobilisations massives qui n'avait de sens que dans le contexte d'un affrontement bloc contre bloc et par l'entrée dans des formes de défense technologiquement sophistiquées et "professionnalisées".

2 - L'évolution des dépenses militaires dans l'Alliance atlantique.

Les dépenses militaires de l'OTAN sont passées par un maximum supérieur à 600 milliards de dollars (constants 1995) au milieu des années quatre-vingt, correspondant au plein effet de l'accroissement des budgets américains de défense de la présidence Reagan, dépassant ainsi très nettement le sommet de la deuxième moitié des années soixante correspondant à la guerre du Vietnam. La progression des dépenses militaires des pays européens de l'alliance est continue depuis la fin des années cinquante et ne s'inverse qu'au début des années quatre-vingt dix.

L'AUGMENTATION DU MONTANT DES DEPENSES MILITAIRES DE L'OTAN



Mais la différence des rythmes d'évolution est encore plus nette si on compare les dépenses militaires des Etats-Unis à celle des trois pays européens (Allemagne, France, Royaume-Uni) : alors que les dépenses américaines sont marquées par d'importantes fluctuations et surtout par les "bosses" correspondantes à la guerre du Vietnam d'abord pour la période 1964-1971 puis à celle de l'initiative de défense stratégique (1982-1988), puis par la forte décrue postérieure à la guerre du golfe, les dépenses des pays européens connaissent une progression beaucoup plus régulière, qui laisse penser que les déterminants politiques de l'effort de défense à l'intérieur de l'alliance atlantique sont loin d'être exactement homothétiques.



Ce que confirme l'examen du rapport entre les efforts de défense des Etats-Unis et des trois pays européens :

On retrouve évidemment les deux périodes particulières signalées ci-dessus (guerre du Vietnam et IDS), mais on voit que les budgets de défense européens ont beaucoup moins "accompagné" la guerre du Vietnam que la période de l'IDS. On constate surtout que, contrairement à certaines analyses critiquant une supposée faiblesse de l'effort de défense européen, le rapport entre dépenses militaires américaines et européennes est sur un trend descendant aussi bien en longue période (il était de un à 3,5 au début des années soixante), que sur la période récente le discours américain sur la nécessité pour les européens de "partager le fardeau" a finalement bien fonctionné.



MAIS UNE FORTE DECROISSANCE EN PROPORTION DU PIB

Cette variation du rapport des dépenses de défense entre les Etats-Unis et les pays européens trouve son explication dans l'évolution de la part du PIB consacrée à la défense : En 1958, aux Etats-Unis cette part est de 10% ! et jusqu'en 1971, elle reste comprise entre 8 et 10%. Elle s'établit ensuite à un palier inférieur, mais qui est encore de l'ordre de 6% du PIB de 1973 à 1988, et ce n'est qu'à partir de cette date qu'un glissement continu l'amène à environ 3,5% du PIB. Les proportions de PIB consacrées à la défense par les pays européens sont constamment inférieures. De 1958 à 1996, c'est au Royaume-Uni qu'elle est la plus élevée : elle décroît de 7 à 5% du PIB dans les années soixante et se stabilise autour de ce niveau jusqu'au milieu des années quatre-vingt, avec une remontée dans la période 1979-1985, conséquence à la fois de la guerre des Malouines et d'un certain accompagnement par le Royaume-Uni de l'initiative de défense américaine. Mais dès le milieu des années quatre-vingt elle entame une diminution sensible qui l'amène au dessous de la proportion française dès 1995. Les proportions allemandes et françaises apparaissent moins sensibles que la proportion britannique aux variations américaines. L'effort de défense allemand en proportion du PIB, après les aléas du début des années soixante (crise de Berlin) et du début des années soixante-dix (contrecoup de l'intervention du pacte de Varsovie en Tchécoslovaquie) entame dès 1975 une diminution, d'abord lente - mais réelle - jusqu'en 1991, puis beaucoup plus accentuée jusqu'à un niveau bas de 1,5% du PIB en 1998. La courbe française est beaucoup plus régulière : elle part d'un niveau élevé en 1958 (guerre d'Algérie) et descend graduellement jusqu'à un premier point bas en 1974. De 1974 à 1991, on constate un cycle (légèrement croissant puis décroissant) autour d'une valeur proche de 4% du PIB. A partir de 1991, la baisse, quoique moins rapide que celle des trois autres pays, est plus marquée.



L'EFFORT DE DEFENSE EN EUROPE

Cette décroissance de la part du PIB consacrée à la défense ne suffit pas à conclure à une "démilitarisation" des pays européens. En effet, elle s'accompagne d'une augmentation en valeur de cet effort de défense, conséquence de la croissance économique de ces pays. Cette augmentation est continue jusqu'au début des années quatre-vingt dix. Elle se fait avec des rythmes variables suivant les pays : l'Allemagne est le pays qui dépense le plus en valeur absolue, de 1962 à 1990, brièvement dépassée par le Royaume-Uni de 1984 à 1987. La France a une progression modérée jusqu'en 1974 puis plus rapide jusqu'en 1990. Les points de retournement diffèrent dans le temps. L'inversion se fait dès 1987 pour le Royaume-Uni et 1991 pour l'Allemagne. Pour la France, elle a lieu en 1992, mais pour un montant beaucoup plus faible que celui des deux autres pays.



Conclusion : transmutation de la militarisation mondiale.

L'analyse du mouvement de militarisation / démilitarisation mondiale sur la deuxième moitié du vingtième siècle se heurte à de sérieux problèmes méthodologiques dont les plus notables sont la disparité des sources, le caractère lacunaire des séries disponibles et l'incohérences de certaines données. De plus la caractérisation de ce mouvement est limitée par le nombre restreint d'indicateurs utilisés ci-avant.

Sans négliger ces problèmes et ces limites, on peut néanmoins en conclusion souligner trois aspects :

D'abord, le mouvement de contraction des dépenses militaires qui commence dès 1987 aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne notamment et s'accélère avec l'implosion de l'URSS doit être replacé en perspective sur la longue période. Sur les quarante dernières années, on constate des variations sensibles des dépenses militaires, plus ou moins cyclique, et en tout cas liées à des décisions politiques majeures de la part des principaux protagonistes de la scène militaire mondiale. Du coup, le mouvement -réel - de baisse des années quatre-vingt-dix ne saurait être considéré comme un processus de démilitarisation. Il s'agit plutôt d'un cycle qui, pour une période de court ou moyen terme, traduit une adaptation à des conditions internationales transformées.

Ensuite on ne doit pas perdre de vue que le mouvement de contraction des dépenses militaires est ambivalent : s'il est incontestablement significatif en termes de proportion du PIB consacrée à la défense, en revanche il s'accompagne d'un maintien en termes de dépenses de défense par habitant et d'une baisse beaucoup plus modérée en volume absolue. Il y a donc contraction relative mais pas absolue.

Donc il faut bien comprendre que ce mouvement ne peut être analysé uniquement quantitativement. C'est d'une transmutation de la défense qu'il s'agit et que révèle le trend de démilitarisation relative que nous avons souligné. Dans cette architecture nouvelle, la place du nucléaire se réduit, les effectifs massifs sont abandonnés, les moyens de coordination et de communication prennent une importance centrale, brouillant les distinctions claires antérieures entre activités militaires et activités civiles, l'efficacité économique des dépenses militaires prime sur leur volume, spécialement en ce qui concerne les équipements, une problématique plus large de "sécurité" vient englober les questions de défense. C'est cette transmutation de la défense qui se traduit dans le mouvement contemporain de contraction des budgets militaires. A l'orée du XXI° siècle, cette transmutation nous renvoie à la nécessité de replacer dans une perspective longue les problèmes de défense et de sécurité.



Jean-Paul HEBERT
1 - Cet article reprend une partie de la communication présentée sur ce thème au colloque annuel de l'association franco-canadienne d'études stratégiques qui s'est tenu à Lyon en 1999.
2 - Voir SIPRI, Yearbook 1993, pages 372 sq.
3 - Ibidem, page 476.
4 - Stockholm International Peace Research Institute et Arms Control and Disarmament Agency. L'IISS (International Institute for Strategic Studies) de Londres publie tous les le volume " Military Balance ". Mais le SIPRI et l'ACDA sont les seules sources à publier régulièrement des récapitulatifs des dépenses militaires mondiales.
5 - la représentation en utilisant tous les annuaires aboutit à un graphique d'une faible lisibilité mais dont les traits essentiels ne diffèrent pas de la figure publiée ici.
6 - Source : Sipri, Yearbook 1998 et 1999
7 - Source : collection des Military Balance
8 - On trouvera un exposé méthodologique détaillé dans Jean-Paul Hébert, Les exportations d'armement. A quel prix ?, La documentation française, Paris, 1998. (chapitre 1, " Mesure des exportations françaises d'armement ", pages 11-19).
9 - Congressionnal Research Service. Rapport annuel de Richard Grimmett.
10 - Moyennant le raccordement des séries dont les unités (dollars constants de différentes références : 1975, 1985, 1990) varient) pour ce graphique, on a utilisé : pour 1967-1970, Yearbook 1987 (en dollars 1985), pour 1971-1982, le Yearbook 1991 (en dollars 1985), pour 1983-1984, le Yearbook 1993, pour 1985-1988, le Yearbook 1995, pour 1988-1998 le Yearbook 1999. Ces trois derniers volumes sont en dollars constants 1990, pour convertir les dollars 1985 en dollars 1990, on a utilisé un coefficient = 1.24.. le Yearbook 2000 ne retient plus la catégorie "tiers monde" dans ses analyses.
11 - voir Jean-Paul Hébert, " A qui profite la disparition de vingt milliards de dollars de ventes d'armes américaines ? ", Le Débat stratégique, N°41, novembre 1998.
12 - Sauf à ce que, dans l'avenir, la mise en œuvre par les Etats-Unis de leur projet de défense anti-missiles balistiques ne relance une course aux équipements nucléaires qui n'est en l'état souhaité par aucune des autres puissances nucléaires.


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