2006-2007

Anthropologie de la perception : impact social et cognitif des productions d'altérité par les médias, les sciences et les acteurs concernés.

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Jour fixé ultérieurement (voir le descriptif),

Vendredi de 10 h  à 12 h et de 13 h 30 à 17 h 30 (salle 2, Musée du quai Branly 75007 Paris, inscription préalable obligatoire sur www.quaibranly.fr, rubrique «Étudier et rechercher»), les 24 novembre, 8 décembre, 12 et 26 janvier ; mercredi de 10 h  à 13 h  (salle de cinéma, Musée du quai Branly, inscription préalable obligatoire), les 28 mars, 25 avril, 9 mai et 23 mai, 13 et 27 juin ; mercredi de 10 h  à 13 h et de 14 h  à 17 h  (amphithéâtre, 105 bd Raspail), le 20 juin.

Nous confronterons la circulation des anciennes et nouvelles images de l’altérité construites par l’anthropologie, les médias ou les acteurs concernés, particulièrement les autochtones ou d’autres populations stigmatisées par la colonisation ou les discriminations sociales contemporaines :

1er semestre : quatre journées d’ateliers audiovisuels animées par Barbara Glowczewski avec Lorenzo Brutti, Dimitri Karadimas et des invités :

24 novembre : Cornelia Eckert et Ana Luiza Carvalho présenteront leur banque de données en anthropologie visuelle (Université féderale du Rio Grande du Sul, Porto Alegre). Alexandre Soucaille présentera la démarche d’initiation à l’ethnologie de l’association Passerelles. Arnaud Morvan et Fred Viesner présenteront des images inédites sur les Aborigènes d’Australie (Kija du Kimberley et Anangu du désert de l’Ouest).

8 décembre : Marie Armelle Barbier (Université de Brest) présentera ses travaux sur le portage en Bretagne et dans d’autres cultures. Nous visiterons des oeuvres d’artistes australiens au bâtiment administratif du Musée du quai Branly avec plusieurs spécialistes.

12 janvier 2007 : La troisième séance sera animée par Dimitri Karadimas (CNRS/LAS). Matinée : de 10 h  à 12 h (RDV 10 h salle 2 pour la visite des collections). La matinée sera consacrée à une visite des vitrines du Musée du Quai Branly avec, comme finalité, de proposer une lecture de l’iconologie des pièces essentiellement américaines. Nous évoquerons aussi quelques pièces présentées dans l’exposition temporaire « Qu’est-ce qu’un corps ? ».

Après-midi : de 13 h  à 17 h (salle 2). Dans la seconde partie de la journée seront abordés, de façon très générale, quelques problématiques liées à la perception, à l’image, et à la création d’altérité en milieu amérindien. La question traitée ne sera donc pas de comprendre en quoi les sociétés amérindiennes sont perçues et traitées comme autres, mais bien plus de saisir et de présenter comment elles produisent et présentent elles-mêmes leur altérité. Pour ce faire, nous commencerons par justifier notre démarche face à la problématique plus générale de la perception de l’Autre. Ensuite, à partir de l’exposé d’un rituel annuel chez les Miraña d’Amazonie colombienne, nous montrerons comment se construit l’iconographie de la figure de l’Autre dans cette population. L’iconologie d’un personnage, le Maître des Animaux, tout à la fois

maître du gibier et des maladies, et personnification de l’altérité belliqueuse, servira de trame générale d’interprétation à un rituel mettant en scène les rapports humains/non humains. L’après-midi se terminera par la projection d’un film de Jean Monod Histoire de Wahari (1967).

26 janvier : La quatrième séance sera animée par Tony Crook (St Andrews University) et Lorenzo Brutti (CNRS/CREDO). Matinée : de 10 h  à 12 h (RV 10h salle 2 pour la visite des collections). La matinée sera consacrée à une visite des collections Océanie du Musée du Quai Branly.

Après-midi : de 13 h  à 17 h (salle 2). Le thème général sera la transition du passé pré-contact au présent mondialisé chez les Min des Hauts Plateaux de Papouasie Nouvelle Guinée, photos et documentaires à l’appui.

2nd semestre : six séminaires (de 10 h  à 13 h ) animés par Barbara Glowczewski, salle de projection du Musée du quai Branly :

28 mars 2007 : de 10 h  à 11 h 30: Barbara Glowczewski, directrice de recherche au CNRS, auteur de Rêves en colère. Avec les Aborigènes australiens, présentera le film L’Esprit de l’Ancre (53’, CNRS Images) co-réalisé avec Wayne Jowandi Barker chez une famille yolngu de la Terre d’Arnhem en Australie du Nord qui explique ses liens mythologiques et historiques avec les pêcheurs saisonniers de Macassar.

de 11 h 30 à 13 h : Elisabeth D. Inandiak,

écrivain, auteur de Les Chants de l’île à dormir debout. le livre de Centhini, parlera du système de micro-aide du village Bebekan de Java détruit par le séisme du 27 mai 2006 : « Maison du corps/maison du coeur »

Le village de Bebekan appartient au regroupement villageois de Gilangharjo, dans la circonscription de Pandak, département de Bantul, Province Spéciale de Yogyakarta. Il est situé à 30 kms au sud du centre ville de Yogyakarta. Ses maisons sont au pied d’une petite colline en forme d’île encerclée par un océan de rizières vertes. Les quatre cents villageois sont tous des travailleurs agricoles sans terre, à l’exception de certains ouvriers, ouvrières ou conducteurs de cyclo-pousse et d’un fonctionnaire, un seul, à savoir une institutrice. Sur les cent maisons qui composaient le village avant le séisme du 27 mai 2006, quatre-vingt quinze se sont écroulées en partie ou complètement. C’était à la fois de vieilles et de récentes constructions, aucune ne répondant aux normes anti-sismiques élémentaires. Deux personnes sont mortes dans le séisme et plusieurs dizaines ont été blessées. Les trois jours qui ont suivi le tremblement de terre ont été les jours les plus éprouvants. L’aide promise n’arrivait pas: aucune nourriture, ni tente, ni couverture. Les noix de coco, bananes et autres fruits poussant sur les terres de Bebekan furent une bénédiction pour survivre. Les secousses secondaires ainsi que la peur d’un tsunami continuaient à hanter les nuits des gens de Bebekan. La destruction totale des installations électriques ainsi que les violentes averses nocturnes ajoutaient encore du noir aux ténèbres. Dieu sait qui nous a montré le chemin jusqu’à ce village. Asep, le coordinateur des secouristes volontaires de Yogyakarta, et moi-même, nous sommes laissés porter par cette énergie formidable du 'gotong royong' (l’entre-aide communautaire) afin de tenter de relever Bebekan de ses ruines, dans l’indifférence totale de l’aide institutionnelle locale et internationale. Cultiver l’espoir et l’effort de reconstruire non seulement une maison pour abriter le corps, mais aussi une maison pour apaiser et éblouir le coeur. Ce qui est miraculeux, c’est que cette logique économique par l’absurde, basée sur l’improvisation au jour le jour et portée par un réseau d’amitiés spontané et une sorte de grâce, marche. Elle fonctionne depuis neuf mois à Bebekan. On pourrait l’appeler la « micro-aide ».

25 avril : Lucienne Strivay (Université de Liège) présentera son livre sur les enfants sauvages et un documentaire sur John Sambuya, enfant ougandais

9 mai : Michel Perrin.

23 mai : Elisabeth de Pablo.

13 juin : 'Germaine Tillion: Là où il y a danger on vous trouve toujours' Vidéo documentaire de Carmen Rial et Miriam Grossi — NAVI/UFSC 2007 — 54 minutes

Le film sera présenté par les auteurs, anthropologues brésiliennes et directrices d’étude à l’Université de Florianopolis.

Ce film est un hommage à l’ethnologue Germaine Tillion pour son centième anniversaire en mai 2007. Les images ont été enregistrées entre 1999 et 2004 ; chez elle, à Saint-Mandé et en Bretagne, à Plouhinec. Est racontée sa trajectoire de vie: sa famille, ses études et son apprentissage de l’ethnologie avec Marcel Mauss, ses recherches de terrain en Aurès et chez les touaregs, son engagement dans le réseau de résistance du Musée de l’Homme, sa déportation à Ravensbruck,ses luttes pour la défense des droits humains et son enseignement en ethnologie.

Nous passerons aussi le Film de Julien Pappé (Magic Film/ORTF), 1967, « Mort et Métamorphoses des civilisations » avec Robert Jaulin, Georges Balandier et Max Pol Fouchet.

20 juin : Journée d’études doctorales à l’EHESS, amphipthéâtre, 105 bd Raspail — Paris 75006 'Agencéité des acteurs au regard des discours institutionnels et médiatiques'

de 10 h  à 13 h Discutant : Bertrand Gérard (IRD)

Martina Tyriseva (Université de Lausanne) 'Développement durable et élevage de rennes en Mongolie'

Eve Bureau (EHESS/IRD) 'Les patients : nouveaux acteurs de la lutte contre le sida au Cambodge'

de 14 h  à 17 h Discutant : Barbara Glowczewski (CNRS)

Martin Préaud (EHESS/JCU) 'Modèles interculturels aborigènes dans le Kimberley'

Géraldine Le Roux (EHESS/UQ) 'Art aborigène des artistes urbains: tactiques et réseaux Pacifique'

Roxane Peirazeau (EHESS) 'Les Cataphiles: pratiques cachées dans les souterrains de Paris'

27 juin : L’écrit dans la danse, un souffle créateur en Polynésie Tokainiua Devatine témoigne de la créativité d’écrivains, de chorégraphes et d’interprètes polynésiens.

Jeune chercheur polynésien travaillant au service de la Culture et du Patrimoine du musée de Tahiti, Tokainiua Devatine montrera le rôle et l’apport de la littérature polynésienne dans la création d’un spectacle qui met en valeur des aspects peu connus de la danse polynésienne. Il présentera sa sélection de films dans le cadre de cette dernière séance du cycle 'Anthropologie de la perception' animé par B. Glowczewski (LAS/CNRS).

Notre séminaire anthropologie de la perception filmé en ligne (novembre 2006-juin 2007):

http://semioweb.msh-paris.fr/AAR/949/home.asp?id=949

Mentions & spécialités :

Adresse(s) électronique(s) de contact : b.glowczewski(at)college-de-france.fr

Dernière modification de cette fiche : 24 novembre 2008.

Comptes rendus des cours et conférences 2006-2007

Comptes rendus des cours et conférences de l'EHESS en 2006-2007
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