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Mercredi de 9 h à 11 h (salle 5, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 14 novembre 2007 au 11 juin 2008
On envisagera les modalités de construction d’une histoire globale au XVIe siècle en explorant les textes portugais et espagnols relatifs à l’Amérique. Il s’agira de mettre en rapport les conditions nouvelles créées par la mondialisation ibérique avec la façon dont des historiens professionnels ou non tentent alors de penser le monde, un monde qui est désormais saisi dans sa totalité physique. On choisira quelques exemples précis en s’interrogeant sur la façon dont l’histoire de l’Amazonie et celle de la Nouvelle-Espagne sont abordées depuis des perspectives qui les situent dans un contexte planétaire et dans une universalité définie par le système et le cadre politique posés par la Monarchie catholique (1580-1640). L’impact de la crise de ce système sur les histoires locales — Amazonie/Mexique — fera également l’objet d’un examen attentif. L’étude du passé ibérique est aussi le moyen de penser notre mondialisation dans la longue durée et de s’interroger sur les instruments dont disposent les historiens pour l’analyser et la comprendre.
Deux interventions de Carmen Bernand autour du thème : « Les confins des confins : un monde hors norme ? »
Mercredi 27 février 2008 : Ruy Díaz de Guzmán et la géographie fabuleuse des confins
Mercredi 5 mars 2008 : Géopolitique : Potosi, Buenos Aires, le détroit et l’Angleterre (fin XVIe-début XVIIe)
Louise Bénat-Tachot (Université de Marne-la-Vallée), donnera deux conférences, les 2 et 9 avril, sur le thème : « L’amiral, le poète et le chroniqueur ou comment penser les marges de l’Empire espagnol à la fin du XVIe ». Essai sur la géographie politique et ses enjeux
Rita EDER, professeur à l’UNAM, Instituto de Investigaciones Estéticas - Mexico donnera quatre conférences en espagnol sur le thème : L’œil et la trame. Modernité et postrévolution dans le Mexique des années 30
Mercredi 16 avril 2008 : Mexico 1935 : image politique et stratégies visuelles au temps de Lázaro Cardenas '
Mercredi 7 mai 2008 : Le mannequin et le maguey : tensions et inventions visuelles de la Modernité dans le Mexique des années 30 '
Mercredi 14 mai 2008 : L’artiste comme géographe: Miguel Covarrubias et Antonio Ruíz.
La Foire internationale de San Francisco (1939) '
Mercredi 21 mai 2008
' Le rêve de la Malinche '
Mots-clés : Histoire,
Aires culturelles : Amériques,
Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (hebdomadaire)
Domaine de l'affiche : Histoire - Histoire et civilisations des Amériques
Intitulé général : Cultures et sociétés de l'Amérique coloniale, XVIe-XIXe siècle
Renseignements : du mercredi 14 novembre à début juin 2008, contacter Lydia Robin, tél. : 01 49 54 25 06
Direction de travaux d'étudiants : Lydia Robin, tél. : 01 49 54 25 06. Réception les mardi et mercredi, bureau 907, EHESS, 54 bd Raspail 75006 Paris
Réception : Lydia Robin, tél. : 01 49 54 25 06. Réception les mardi et mercredi, bureau 907, EHESS, 54 bd Raspail 75006 Paris
Niveau requis : connaissance de l'anglais, de l'espagnol, bonnes notions de portugais. Études d'histoire. Projet de recherche écrit
Adresse(s) électronique(s) de contact : gruzinsk(at)ehess.fr
Les analyses classiques de l’expansion ibérique posent la question des empires essentiellement en terme de colonisation et de colonialisme. C’est mal en saisir la portée planétaire et la signification pour l’histoire de l’Europe moderne. On observe en effet que la projection extra-européenne des sociétés ibériques, et donc d’une partie de l’Europe moderne, entraîne non seulement des entreprises d’occidentalisation (La colonisation de l’imaginaire, Paris, 1988), des réactions d’adaptation et d’appropriation in situ et, plus généralement, de métissage (La pensée métisse, Paris, 1999), voire des processus de globalisation, mais elle génère également des phénomènes moins étudiés de reformatage et de diffusion. En ce sens, Mexico, Lima, Potosi, Manille ou Goa ne seraient pas que de simples points d’arrivée, des récepteurs de techniques, de normes et d’idées ou des foyers locaux de métissages. Tous ces lieux deviennent des « caisses de résonance » continentales, des diffuseurs de formes et de pratiques nouvelles, susceptibles d’envahir les espaces que ces villes dominent. Autrement dit, la phase d’imposition et d’ajustement entraînée par la Conquête ne serait que le prélude à un long travail de recomposition et d’amplification susceptible de gagner de vastes régions. Les importations métissées de l’époque coloniale acquièrent ainsi des capacités de diffusion et d’amplification que sont loin de posséder les éléments originels apportés de la Péninsule. Les zones « coloniales » cessent d’apparaître comme des impasses essentiellement réceptrices pour devenir des espaces au sein desquels les traits européens se transforment en développant des « propriétés » et une dynamique qui les américanisent et souvent les rendent « mondialisables ». Pour explorer les liens entre américanisation et mondialisation, nous avons choisi d’étudier la Historial natural et moral de las Indias, du jésuite José de Acosta. Publiée à Séville à la fin du XVIe siècle, l’œuvre a eu un grand retentissement dans l’Europe de l’époque et dans les possessions espagnoles de l’Amérique. On a montré de quelle manière Acosta pense l’Amérique en la situant dans un cadre planétaire et en reprenant les schémas aristotéliciens. Or le jésuite définit systématiquement son point de vue comme celui d’un observateur situé sur le continent américain : c’est dire qu’il « américanise » la perspective dans laquelle il pense les rapports de l’Amérique au monde. C’est aussi dans cet esprit que nous avons interrogé l’histoire de l’Amazonie au XVIe siècle. Si la découverte de sociétés policées sur le sol américain provoqua un choc qui cassa définitivement l’idée médiévale d’un monde tripartite, ce n’est pas seulement l’existence des empires du Mexique et du Pérou qui influa sur la constitution d’une conscience monde et d’une image du monde. D’autres régions de l’Amérique, encore hors de portée de la colonisation européenne, ont fourni leur lot d’interrogations et de standards planétaires. C’est le cas de celle que nous nommons aujourd’hui Amazonie, fidèles au fantasme qui a fasciné ses premiers découvreurs. Une Amazonie qui constitue comme hier une référence incontournable dès qu’il s’agit d’envisager le destin de la planète. D’autres marges du Nouveau Monde, comme la Floride et le Rio de la Plata, ont fait l’objet d’exposés par Louise Bénat Tachot (Paris Est) et Carmen Bernand (Paris-X). Ces différentes régions ont toutes pesé sur la façon de lire l’Amérique et le monde au XVIe siècle. Enfin Rita Eder (UNAM, Mexico), dans une série de conférences consacrées à l’art mexicain des années trente, a apporté une précieuse contribution à la réflexion sur les images de l’Amérique que porte ce séminaire depuis sa création.
Publications
• Quelle heure est-il là-bas ? Amérique et islam à l’orée des Temps Modernes, Paris, Seuil, 2008.
• Planète métisse, Catalogue de l’exposition, Musée du Quai Branly, mars 2008-juillet 2009, Arles, Actes Sud, 2 008.
• « Fronteiras das missões e fronteiras da monarquia católica : a experiência de um franciscano, Martín Ignacio de Loyola », dans Fronteiras do mundo ibérico, sous la direction de Sandra Jatahy Pesavento, Porto Alegre, Universidade federal do Rio Grande do Sul, 2007, p. 9-21.
• « D’une mondialisation à l’autre : de la première mondialisation d’origine européenne (xvie-xviie siècles) à la mondialisation contemporaine », Divinatio, XXV, MSHS, Sofia, printemps-été 2007, p. 15-33.
• « The mestizo mind », dans Contemporary Art and the Museum, sous la dir. de Peter Weibel et Andrea Buddenieg, Hatje Canz, Karlsruhe, 2007, p. 184-196.
• « Local, global e colonial nos mundos da monarquia católica : aportes sobre o caso amazônico », Revista Estudos Amazônicos, Belém (Brésil), II, 1, juillet-décembre 2007, p. 11-27.
• Exposition : Planète métisse, au Musée du quai Branly, mars 2008-juillet 2009.
Dernière modification de cette fiche : 24 novembre 2008.
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