2007-2008

Sociologie de l'expérience culturelle urbaine. Les cas de la musique et du patrimoine

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Deuxième mardi du mois de 13 h à 17 h (EHESS, centre de la Vieille-Charité, salle de réunion, 3e étage, 2 rue de la Charité 13002 Marseille), les 8 janvier, 12 février, 11 mars, 13 mai, 11 juin

Cet enseignement porte de manière générale sur la sociologie des pratiques culturelles en milieu urbain, et veut pointer en particulier la question des effets de ces pratiques : les conséquences politiques et morales que sont susceptibles d’occasionner les pratiques culturelles. Il s’agit de mieux comprendre dans quelle mesure les biens culturels que sont des objets musicaux et patrimoniaux (des chansons et des monuments, etc.) produisent des effets dans la culture où ils prennent place, sur les agents sociaux qui les produisent, les portent, les valorisent, et sur ceux qui écoutent les chansons ou fréquentent les monuments. Pour cela, l’entrée de l’expérience (Dewey) est privilégiée dans la mesure où elle met directement aux prises les agents sociaux avec les objets culturels, et où elle implique principalement des impératifs descriptifs.

8 janvier : Musique et patrimoine en milieu urbain : perspectives de recherche
12 fevrier : À propos de pierre. Emotions patrimoniales autour du Chateau de Luneville (1/2)
11 mars : À propos de pierre. Emotions patrimoniales autour du Chateau de Luneville (2/2)
13 mai : À propos de son. L’ecoute musicale en mobilite urbaine (1/2)
10 juin : À propos de son. L’ecoute musicale en mobilite urbaine (2/2) et presentation des travaux d’etudiants

Domaine de l'affiche : Sociologie

Renseignements : Centre de la Vieille-Charité, 2 rue de la Charité 13002 Marseille

Réception : sur rendez-vous

Site web : http://shadyc.ehess.fr

Adresse(s) électronique(s) de contact : pecqueux(at)univmed.fr

Compte rendu

Les enseignements donnés en 2007-2008 dans le cadre de cette charge de conférences ont porté de manière générale sur la sociologie des pratiques culturelles en milieu urbain, et ont cherché à pointer en particulier la question complexe des effets de ces pratiques : des conséquences sociales (principalement politiques et morales) que sont susceptibles d’occasionner les pratiques culturelles. Il s’est agi de mieux comprendre dans quelle mesure les biens culturels que sont des objets musicaux et patrimoniaux (des chansons et des monuments, principalement) produisent des effets dans la culture où ils prennent place, sur les agents sociaux qui les produisent, les portent, les valorisent, et sur ceux qui écoutent les chansons ou fréquentent les monuments.
Pour mettre à l’épreuve cette hypothèse, l’entrée descriptive de l’expérience a été privilégiée (cf. John Dewey), dans la mesure où elle met directement aux prises les agents sociaux avec les objets culturels ; et où elle implique principalement des impératifs descriptifs. Un des enjeux de cette charge de conférence se situait par conséquent dans le fait de former les étudiants aux diverses techniques d’enquête de type ethnographique en milieu urbain, et à la façon de mener une description pertinente à partir des données d’enquête ainsi recueillies.
Les cas envisagés concernent les pratiques culturelles musicales et patrimoniales. La conviction qui a sous-tendu la réalisation de cette analyse croisée est que, au-delà du fait que ce sont tous deux des arts du temps, musique et patrimoine ont en commun de donner lieu à des pratiques culturelles remarquablement intégrées au quotidien de l’expérience urbaine. « Pour le meilleur » : on peut, sans s’en rendre compte, traverser ou passer devant un monument, comme écouter un chef-d’œuvre musical – et alors l’intégration est pour ainsi dire « parfaite ». Comme « pour le pire » : ces pratiques peuvent à l’occasion susciter des problèmes publics, des conflits d’urbanité, comme quand le volume sonore d’une musique est considéré comme outrepassant la bienséance sonore urbaine ordinaire ; ou comme quand le patrimoine censé représenter une image (supposée) stable du passé subit une action, volontaire ou non, qui trouble cette image (dégradation par graffiti ou toute autre action artiste et architecturale, autorisée ou non ; catastrophe naturelle, etc.).
Cette diversité d’usages et de perceptions est due pour partie aux régimes d’attention différentiels dont bénéficient ces pratiques culturelles : on peut en effet tout aussi bien être un touriste ou un auditeur passionnés, qu’un passant ou un auditeur distraits. Ces rôles connaissent toutes sortes de degrés et variations, ils peuvent même changer chez un seul individu dans un même cours d’action, ce dont la description par l’expérience permet de rendre compte. De tels changements de régimes d’attention sont aussi à la racine des différences de régimes d’action, et par suite d’engagement envers les objets culturels que sont musique et patrimoine. De telles analyses ont été abordées avec les étudiants, principalement à partir d’enquêtes sur l’écoute de la musique avec oreillettes en situation de mobilité urbaine ; et d’enquêtes sur les émotions et mobilisations consécutives à l’incendie accidentel d’un château situé au cœur d’une ville de vingt mille habitants.

Dernière modification de cette fiche : 24 novembre 2008.

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