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Deuxième lundi du mois de 16 h à 18 h (IISMM, salle de réunion, 1er étage, 96 bd Raspail 75006 Paris), du 12 novembre 2007 au 9 juin 2008. Séance du 14 avril reportée au 16 juin de 16 h à 18 h 30 en salle M. et D. Lombard (96 bd Raspail). Séance supplémentaire le 9 juin de 13 h à 16 h en salle 7 (105 bd Raspail)
La politisation est un concept éponge, employé différemment selon l’approche disciplinaire adoptée, et renvoyant à plusieurs acceptions et prédécoupages : processus historique produisant l’émergence d’une sphère spécialisée quasi autonome ; politisation des activités, des problèmes à la suite d’un travail de requalification ou de détournement effectué par des acteurs ; politisation des individus avec une attention prêtée aux questions de participation, de socialisation, et de conflictualisation etc.
Le premier objectif de ce séminaire collectif est de poursuivre un débat autour de l’utilisation de ce concept tant pour observer des sociétés historiques, que pour décrire des expériences contemporaines dans des espaces géographiques et sous des régimes politiques variés. Plus précisément, il s’agit de progresser dans l’entreprise de décloisonnement en faisant dialoguer les travaux qui usent du concept de politisation dans les sociétés musulmanes avec les approches historiennes et sociohistoriennes, les recherches en sociologie politique et dans les autres « aires culturelles ».
Mots-clés : Politique,
Aires culturelles : Musulmans (mondes),
Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)
Site web : http://iismm.ehess.fr
Adresse(s) électronique(s) de contact : mounia.bennani-chraibi(at)unil.ch
Ce séminaire IISMM-EHESS est la poursuite d’une réflexion abordée d’abord dans le cadre d’une Journée d’études de l’ISSMM intitulée « Repérage du politique et politisation des individus dans l’Afrique du Nord contemporaine » que Mounia Bennani-Chraibi a organisée en juin 2007, et ensuite dans le cadre d’un atelier du IXe Congrès de l’AFSP à Toulouse intitulé « Regards croisés sur la politisation des individus : ici et ailleurs, hier et aujourd’hui » et organisé par Mounia Bennani-Chraibi et Jean-Gabriel Contamin.
Dans ces deux lieux, on s’était efforcé, à partir d’une approche résolument comparative, de s’interroger sur une des dimensions du concept de « politisation » : la « politisation des individus ». L’enjeu de ce séminaire est précisément d’élargir la focale en partant du même principe heuristique : dans la mesure où le concept de « politisation » est un concept éponge, qui est employé assez différemment selon l’approche disciplinaire adoptée, il s’agit de mettre en évidence ce que le croisement des regards peut apporter à sa compréhension et à son utilisation dans ces différents contextes disciplinaires et géographiques. Il s’agit donc de tenter de faire dialoguer les travaux qui usent du concept de politisation dans les sociétés musulmanes avec des approches historiennes et socio-historiennes et des recherches en sociologie politique et dans les autres aires géopolitiques qui en font tout autant, en soulignant tout à la fois l’intérêt de ces rapprochements « incongrus » (ce qu’ils peuvent faire apparaître pour chacun des intervenants) et leurs limites.
Pour ce faire, chaque séance a été organisée autour d’un objet ou d’un phénomène particuliers et sur les formes de politisation dont il était le fait dans des sociétés et/ou des temporalités différentes, à partir de la discussion croisée des travaux de deux chercheur(e) s, assurée soit par un des organisateurs du séminaire, soit par un intervenant extérieur.
On a ainsi été amené à faire se rencontrer des politistes, des sociologues et des historiens autour d’objets ou de phénomènes variés : la politisation du droit ; la politisation des jeunes et de la jeunesse ; la politisation de l’associatif ; la politisation par le regard ; la politisation du vote ; la politisation des discussions ; la politisation du corps et la politisation du religieux. En faisant varier les focales de comparaison : entre aires géographiques (Maroc et Brésil ; France et Maroc ; France et Kurdistan ; Europe de l’Est et Égypte) ; mais, aussi, entre périodes historiques (Algérie coloniale et Pologne postcommuniste ; iiie République en France et Iran contemporain ; France des débuts de la République et Maroc contemporain).
Il s’agissait dans chaque cas d’étude de reprendre un ensemble de questions communes, à la fois conceptuelles, méthodologiques et empiriques : à partir de quels outils appréhende-t-on la politisation ?, quels en sont les vecteurs et les conséquences ?, dans quelle mesure définitions, outils, conclusions sont-elles transposables ? Occasion de souligner en quoi des dispositifs apolitisants peuvent être politisants, ou inversement. Occasion, surtout, de commencer à distinguer de manière analytique les différentes dimensions du concept de « politisation ». Réflexion que nous souhaiterions poursuivre dans l’année qui vient en vue d’une publication autour de ces questions.
L’ensemble du programme, des intervenants et une partie des textes à partir desquels on a travaillé se trouvent sur le site du séminaire : http:// polcomp. free. fr/programme. htm.
Dernière modification de cette fiche : 24 novembre 2008.
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