2007-2008

Changement climatique, expertise et fabrications du futur : modèles et scénarios, politique et gouvernance

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Mensuel, mardi de 14 h à 17 h (Centre Alexandre-Koyré, MNHN, pavillon Chevreul, 3° étage, 57 rue Cuvier 75005 Paris), dates fixées ultérieurement

Les années 1960-70 ont vu l’ouverture d’un débat sur la croissance et le caractère limité des ressources de la planète, lancé par le Club de Rome et appuyé sur un fort investissement en modélisation mathématique, visant à questionner la « durabilité » du développement. À la fin des années 1980, l’alerte sur l’effet de serre mobilise les acquis de modélisation de la période précédente et suscite une nouvelle génération d’outils scientifiques, les modèles intégrés, qui couplent modèles d’activités humaines et modèles « de l’univers ». La production de scénarios du futur, associés à ces modèles, devient un enjeu suffisamment critique pour les débats de politique internationale pour être soumise à « évaluation par les pairs » dans le cadre de l’International Panel of Climate Change (IPCC). Pour le programme de recherche qui s’ouvre cette année, nous avons défini trois axes de recherche principaux :

  1. Les modèles et scénarios et leur mobilisation dans différentes postures d’expertise

    • poursuivre l’étude critique et réflexive sur la construction des divers modèles et comprendre leur utilisation dans diverses postures d’expertise et divers contextes tant nationaux qu’internationaux ;
    • étudier l’élaboration des scénarios (rapport sur les scénarios SRES de l’IPCC), revisiter leur généalogie depuis les années 1970 (Global Scenarios Group, l’IIASA, la RanD), étudier les liens au politique et le rôle des scénarios dans les représentations et fabrications de futurs ;
    • s’intéresser à l’hybridation croissante des dynamiques scientifiques propres et des dynamiques politiques ;
  2. Expertise et gouvernance globale dans le cas du régime du changement climatique

    • interroger plus généralement le concept d’Assessment
    • étudier de manière précise la gouvernance globale du régime climatique depuis 1988 ; rôle de l’IPCC, en passe de devenir l’idéal-type pour d’autres projets internationaux d’assessment (biodiversité, eau, agriculture) ; rôle d’autres institutions politiques (SBSTA, SBI), et rôle de forces (en particulier les ONG environnementales) décisives dans l’émergence de convictions partagées dans les conférences des parties et les négociations.
    • enjeux géopolitiques (Nord-Sud, pays vides/pays pleins) et fonctionnement de l’expertise prise entre normes de scientificité et exigences de délibération démocratique
  3. Le changement climatique dans l’espace public

    • problèmes d’articulation entre le global et le local
    • s’intéresser aux diverses logiques du débat public, (dans des espaces nationaux, à l’échelle des rapports Nord-Sud, dans les forums hybrides internationaux…)
    • explorer sur divers exemples la « communication du changement climatique »

Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (hebdomadaire)

Mentions & spécialités :

Renseignements : secrétariat de la mention Histoire des sciences , technologies, sociétés, Centre Alexandre Koyré, Muséum national d'histoire Naturelle, pavillon Chevreul, 3e étage, 57 rue Cuvier 75231 Paris Cedex 05, tél. : 01 40 79 80 02, télécopie : 01 40 79 40 00

Direction de travaux d'étudiants : contacter dahan(at)damesme.cnrs.fr

Site web : http://www.koyre.cnrs.fr

Adresse(s) électronique(s) de contact : cabaros(at)ehess.fr

Compte rendu

Une série d’exposés sur la progression des travaux des doctorants et post-doc du groupe sur divers aspects des thématiques du séminaire. On a eu les exposés suivants : L’ascension de la conscience planétaire globale (1945-1970) par Élodie Vieille-Blanchard ; La forêt pousse bien dans la cité du carbone, par Mathieu Henry ; L’imaginaire de la ville durable. Analyse de plusieurs expositions dans la région parisienne par Anne Gagnebien ; Une controverse sociotechnique autour d’une usine à papier sur le fleuve Uruguay, par Nicolas Baya Laffitte. Hélène Guillemot : Au-delà du consensus climatique : résistances et recompositions des argumentations en France et aux États-Unis ; Stefan Aykut : Globalisation, changement climatique et État-nation. Vers une « gouvernance cosmopolite » ? Agatha Korczack : Le PNUE et les débuts de son activité d’expertise environnementale.
Une série de séances portant sur le développement durable : Bernard Guibert (INSEE) : Quantifier les questions environnementales : indicateurs, statistiques, mise en perspective historique ; Amy Dahan : Comment le changement climatique modifie l’ère du développement durable ; Marc Barbier : Figures de la « soutenabilité » dans des bases de données scientifiques du « Web of Science ». Exploration et discussion de traitements scientométriques. À travers la constitution et l’étude de deux bases de connaissances scientifiques (SCI et CAB Abstract), la communication visait à décrire et discuter la dynamique sociale et temporelle de la production de connaissances scientifiques concernant ou afférant à la thématique du « développement durable ».
Une séance consacrée à Biodiversité et changement climatique, avec deux exposés de Virginie Maris et Marie-Angèle Hermitte.
Un exposé d’Isabelle Sourbes-Verger : Le programme européen Global Monitoring on Environment and Security (GMES) dans la politique spatiale européenne Enjeux de changement global et de sécurité.
Workshop de doctorants organisé par Amy Dahan : Autour de Sheila Jasanoff : penser la construction de la gouvernance et l’articulation du local au global.

Dernière modification de cette fiche : 24 novembre 2008.

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