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Mardi de 15 h à 17 h (salle 9, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 6 novembre 2007 au 27 mai 2008
Ce séminaire se propose d’aborder les techniques quantitatives les plus couramment utilisées en histoire à partir des résultats de l’enquête réalisée sur le peuplement du Creusot de 1836 à la fin du XIXe siècle.
Après un bref rappel des thèmes étudiés en 2006-2007 — l’évolution générale de la population de la ville et sa mortalité —, l’année 2007-2008 sera consacrée à l’étude de la nuptialité, de la mortalité ainsi qu’à celle de la structure des ménages.
Les outils démographiques et statistiques, nombreux et variés, utilisés dans cette recherche seront introduits au fur et à mesure de leur utilisation et ainsi illustrés à l’aide d’exemples concrets.
Les différentes séances du séminaire seront structurées en fonction des thèmes abordés et, chaque fois que l’utilisation d’une nouvelle méthode s’avérera nécessaire, elle fera l’objet d’une présentation méthodologique détaillée.
Mots-clés : Démographie, Histoire, Urbaines (études),
Aires culturelles : France,
Suivi et validation pour le master : Semestriel
Domaine de l'affiche : Histoire - Problèmes généraux
Intitulé général : Méthodes statistiques pour l'histoire
Réception : sur rendez-vous demandé par écrit à Michel Demonet, 36 rue de Picpus 75012 Paris ou tél. : 01 43 40 06 12
Adresse(s) électronique(s) de contact : demonet(at)ehess.fr
Comme l’an dernier, ce séminaire se proposait d’exposer les techniques quantitatives les plus courantes à l’occasion de la présentation des résultats de l’enquête réalisée avec Patrice Bourdelais sur le peuplement du Creusot de 1836 à la fin du XIXe siècle.
Nous avons d’abord présenté le cadre général de l’enquête et la documentation utilisée – listes nominatives des recensements, actes de naissances, de mariages et de décès –, ainsi que l’évolution de la population du Creusot à partir de la date du rachat de l’usine du Creusot par Adolphe et Eugène Schneider en 1836, thèmes qui avaient été traités plus longuement en 2006-2007. Nous sommes ensuite revenus sur la formidable expansion de la population, réalisée à partir de migrations provenant, pour la majorité d’entre elles, de zones proches de la ville. Nous avons tenté d’en mesurer l’ampleur et la structure grâce à des projections de la population présente à chaque recensement et la comparaison de leurs résultats avec ceux fournis par les dénombrements aux dates suivantes. Nous avons ensuite consacré la fin de l’année à l’étude des phénomènes démographiques.
La mortalité tout d’abord : elle est considérable au Creusot comparé à celle de l’ensemble de la France bien qu’elle s’en rapproche au-delà de 1870. D’autre part, elle se caractérise par une très forte mortalité enfantine, essentiellement entre un et quatre ans et se poursuivant de manière atténuée au cours de cinq années de vie suivantes. Nous avons, à cette occasion, présenté les résultats d’une seconde enquête à laquelle nous participons sur la mortalité des villes françaises en 1861, qui montre également que l’un des éléments discriminants essentiels entre les différentes agglomérations est l’importance du phénomène entre un et quatre ans. Nous avons également abordé le problème de la saisonnalité des décès qui montre l’importance avant l’âge de dix ans des classiques mortalités de fin d’été et de début d’automne dans une ville où la distribution d’eau potable se limite à des puits et où les déversements de déchets dans la nappe phréatique sont le fait à la fois des particuliers et de l’usine.
La natalité est elle aussi considérable si bien que, malgré l’importance de la mortalité, le taux net de reproduction du moment est pratiquement toujours, entre 1851 et 1876, supérieur de plus de 50 % à celui de l’ensemble du pays, qui n’assure que le simple remplacement de la population à cette époque. Comme pour la mortalité, la fécondité au Creusot tend à diminuer et à se rapprocher de celle de la France, cette fois à partir de 1866, mais le taux brut de natalité reste encore supérieur à celui de l’ensemble de l’hexagone en 1886 et 1891. Tous les taux de fécondité par âges sont supérieurs entre 1846 et 1886 à ceux de la France, mais s’en rapprochent progressivement.
Le dernier phénomène démographique abordé, la nuptialité, pose davantage de problèmes : une proportion non négligeable des immigrants arrive dans la ville déjà mariée, d’autre part, les nouveaux venus étant originaires de communes proches du Creusot, une partie d’entre eux se marient dans leur village d’origine. Pour la population globale, nous avons donc calculé les taux de primo nuptialité à partir des proportions de célibataires aux différents recensements. Les garçons se marieraient en moyenne un peu plus tôt au Creusot que dans l’ensemble de la France et les filles beaucoup plus tôt, d’autre part la proportion de célibataires définitifs y serait plus faible pour les deux sexes que dans l’ensemble du pays. Au total, malgré un nombre plus important d’immigrants masculins que féminins, ce qui provoque un déséquilibre des sexes, la nuptialité est relativement forte, au prix d’un mariage féminin précoce. À travers l’étude des actes de mariages, on constate pour la population qui a célébré ses noces dans la ville, à une augmentation régulière de l’écart d’âge entre les époux entre les périodes 1846-1850 et 1866-1870 où il passe de 3,7 à 4,8 années.
Notre but a été tout à la fois de présenter aux étudiants les résultats de nos recherches et les outils que nous avons été amenés à utiliser. Nous avons donc exposé en détail des techniques d’analyse démographique – calculs de taux, constitutions de tables, utilisation des diagrammes de Lexis… – et de traitements statistiques – création de tableau, réalisation de graphiques, calcul de tests, utilisation des méthodes d’analyse des données.
Dernière modification de cette fiche : 24 novembre 2008.
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