2007-2008

Enjeux théoriques et épistémologiques de la globalisation en anthropologie

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Mardi de 15 h à 17 h (salle 11, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 8 janvier 2008 au 25 mars 2008

La globalisation amenant à repenser les outils classiques de recueil des données et d’analyse théorique en anthropologie, nous nous interrogerons sur cette nécessité, tant sous l’angle théorique que sous les angles méthodologiques et épistémologiques.

Une part de la réflexion sera consacrée à l’action humanitaire envisagée, d’une part, comme un chapitre de la globalisation (parmi d’autres) et, d’autre part, comme un champ de nouvelles pratiques de terrain en anthropologie.

Domaine de l'affiche : Anthropologie

Renseignements : contacter l'un des deux enseignants

Réception : sur rendez-vous uniquement

Niveau requis : niveau master 1

Adresse(s) électronique(s) de contact : laetitia.atlani-duault(at)univ-lyon2.fr, bernard.hours(at)ird.fr

Compte rendu

Ce séminaire avait pour objectif d’entamer une réflexion théorique et épistémologique sur le traitement des processus de globalisation par la discipline anthropologique.
Il partait de deux constats. D’une part, une vaste portion des travaux anthropologiques consacrés à la globalisation et que l’on peut qualifier de « néoculturaliste » (cf. Appadurai) semble dans une large mesure négliger les dimensions politiques de domination dans l’interdépendance. Focalisant leurs analyses sur la « mobilité », la « flexibilité », et les « connections » et « déconnections » observées, ils en oublient parfois les rapports sociaux et politiques dans des sociétés dont les cohérences globales sont souvent sous-estimées. D’autre part, les effets spatiaux de la globalisation provoquent un changement de nature du « terrain » ethnologique, à la base de la discipline.
À partir de ces constats, il convenait de s’interroger sur les changements et mutations qui touchent ce « terrain », hier intangible et désormais ouvert aux quatre vents des délocalisations, des migrations, des marchandises globales, tant culturelles que morales.
Par le biais d’une analyse de la littérature internationale sur le thème de la globalisation, nous nous sommes d’abord penchés d’un point de vue théorique sur ces questions, avec une forte interrogation sur les nouvelles normes de gestion et de production de l’altérité introduites par la globalisation. Après une première séance d’introduction, nous y avons consacré les deuxième et troisième séances.
Les quatrième et cinquième ont été consacrées respectivement à l’analyse de l’idéologie humanitaire comme globalisation morale, et à la place des normes de santé dans les processus de globalisation.
Les quatre séances suivantes ont porté sur le « terrain » de l’anthropologie à l’épreuve de la globalisation avec un réexamen des notions d’espace et d’identité. Monique Selim, directrice de recherche à l’IRD, a animé une séance (la sixième) sur le thème du terrain en anthropologie aujourd’hui, à partir entre autre de ses enquêtes au Bangladesh et en Chine.
Les septième, huitième et neuvième séances ont été consacrées à des recherches en anthropologie de l’aide humanitaire, menées par l’un d’entre nous. La première a détaillé et analysé une étude de cas sur la mémoire de la violence organisée chez les boat people vietnamiens réfugiés au Canada et en France, en particulier parmi les victimes de violences sexuelles. La deuxième a porté sur l’aide internationale en faveur de la prévention du VIH/sida en Asie centrale post-soviétique. La troisième s’est penchée sur l’aide humanitaire en faveur des orphelins roumains.
À partir de ces différentes expériences de recherche, dans un dialogue entre nous et avec les participants au séminaire, nous avons en particulier travaillé l’idée du « terrain évanoui ». La fin de l’unité et de temps et de lieu – telle qu’elle a pu être longtemps pensée dans la discipline – a été mesurée, tout comme la liaison perdue entre une communauté et un territoire. Nous avons en particulier montré comment, de l’évaporation du « terrain » au sens classique du terme, résulte la nécessaire remise en question des outils de recueil et d’analyse des données propres à la discipline anthropologique. Une remise en question et une réinvention d’autant plus nécessaires que les notions d’appartenance et d’altérité demeurent centrales quand on s’interroge, en anthropologie, sur les phénomènes de globalisation.

Dernière modification de cette fiche : 24 novembre 2008.

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