2007-2008

Anthropologie des relations hommes-animaux

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Premier, troisième et cinquième mercredis du mois de 11 h à 13 h (salle 6, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 21 novembre 2007 au 21 mai 2008. Pas de séance le 5 mars 2008. Séance supplémentaire le 4 juin

Ce séminaire continue son exploration comparative des relations entre hommes et animaux, en vue de mettre en lumière d’éventuelles régularités formelles. Il s’intéressera spécialement cette année aux systèmes domesticatoires et aux usages sociaux des animaux dans quelques sociétés africaines. Parallèlement, il poursuivra la confrontation des données empiriques à des approches théoriques relevant de diverses disciplines, pour tenter d’évaluer la portée heuristique et critique des unes et des autres.

Aires culturelles : Transnational/transfrontières,

Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)

Renseignements : Noëlie Vialles, Laboratoire d’anthropologie sociale, 52 rue du Cardinal Lemoine 75005 Paris tél. : 01 44 27 17 49 ; Arouna P. Ouédraogo, INRA-CORELA, 65 bd de Brandebourg 94205 Ivry-sur-Seine Cedex, tél. : 01 49 59 69 78

Adresse(s) électronique(s) de contact : noelie.vialles(at)college-de-france.fr, ouedraogo(at)ivry.inra.fr

Compte rendu

Dans la perspective ouverte l’année précédente, le séminaire 2007-2008 a associé la réflexion théorique générale et des travaux concernant des terrains précis, en France et en Afrique.
Tandis que, sur la lancée acquise, Noëlie Vialles poursuivait l’analyse des théorisations des relations entre hommes et animaux, pour en souligner les continuités, distorsions ou ruptures, des travaux de terrain effectués en France et en Afrique ont analysé diverses modalités des relations effectives entre hommes et animaux.
Ainsi, deux exposés ont eu pour objet central la confrontation des perspectives théoriques ou méthodologiques aux données de terrain : Marion Vicart s’est attachée à montrer la pertinence d’une « phénoménologie équitable » des interactions ordinaires, en France, entre homme et chien ; Vincent Leblan, quant à lui, prenant appui sur une observation méthodique, en Guinée, du comportement des chimpanzés en milieu anthropisé, a confronté les données ainsi recueillies aux hypothèses théoriques proposées jusqu’ici.
Ce sont également des terrains africains qui ont illustré les formes complexes que peuvent prendre les relations entre humains et animaux. Catherine Baroin a montré combien est étroite et constante, par le jeu complexe des échanges de bétail, l’imbrication des animaux dans toutes les dimensions de la vie sociale des pasteurs Toubou (Tchad et Niger). Bernard Faye, élargissant son horizon à partir de l’Éthiopie, a présenté les aspects contrastés des relations multiformes, « de l’emblème à la raison marchande », entre les camélidés et les hommes qui les élèvent ou les utilisent.
Trois autres contributions ont concerné des terrains français. Vanessa Manceron, observant l’irruption de la grippe aviaire en Dombes, a traité du risque sanitaire introduit par les « oiseaux de malheur », induisant des transgressions multiples, et sur tous les registres, des frontières entre hommes et animaux. À l’inverse, l’étude des « circuits courts » de production et de commercialisation des viandes a permis à Anne-Élène Delavigne de mettre en lumière diverses modalités, réelles et idéelles, de rétablissement d’une continuité et de resserrement des relations entre les animaux et les hommes, éleveurs ou mangeurs.
Enfin, dans une perspective sociologique, Arouna Ouédraogo a montré, d’une part comment des perceptions contrastées des animaux s’affrontaient sur la question de leur exploitation, et d’autre part comment cet affrontement se manifestait dans des conceptions également contrastées du « bon élevage », et dans la consommation ou le refus des produits d’origine animale.

Dernière modification de cette fiche : 24 novembre 2008.

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