2007-2008

La frontière Nord/Sud : discontinuités, interfaces et nouvelles dynamiques régionales dans la péninsule coréenne

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Jeudi de 10 h à 12 h (Maison de l'Asie, salle de séminaires, 4e étage, 22 av du Président-Wilson 75016 Paris), à partir du 31 janvier 2008

Frontière « chaude » et seule relique actuelle de la guerre froide, la frontière Nord/Sud apparaît comme une discontinuité majeure de la péninsule coréenne en opposant deux espaces géo-économiques et sociaux radicalement différents. Pourtant, elle est aussi un des principaux lieux du contact entre les deux Corées : par les projets de réintégration territoriale qui ont suivi le rapprochement Nord/Sud du début des années 1990, dans les hauts-lieux du tourisme sous surveillance (P’anmunjŏm, Mont Kŭmgang), par le biais d’incidents militaires ou dans les représentations des Sud-Coréens. Quel est le rôle de la frontière dans les dynamiques territoriales de la péninsule ? Le séminaire réfléchira à la nature et à la logique de cet espace frontalier, en lien avec l’organisation de l’espace péninsulaire à différentes échelles — du local (les micro-régions frontalières du Kangwŏn et du Kyŏnggi) au régional (l’Asie du Nord-Est).

Suivi et validation pour le master : Semestriel

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Géographie

Intitulé général : La Corée : territoires et sociétés de la « longue partition »

Renseignements : Valérie Gelézeau.

Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous, contact par courriel

Réception : sur rendez-vous, contact par courriel

Niveau requis : projet de recherche écrit et entretien préalable à toute inscription

Site web : http://crc.ehess.fr

Adresse(s) électronique(s) de contact : vgelezeau(at)yahoo.com

Compte rendu

Le séminaire de cette année, qui a été conçu comme un séminaire « test » d’une demi-douzaine de séances correspondant à une période de transition entre deux établissements (arrivée à l’EHESS en fin de premier semestre), a été l’occasion de faire le point sur un travail de recherche entamé en 2005 et portant sur la frontière entre les deux Corées.
Frontière « chaude » et seule relique actuelle de la guerre froide, celle-ci apparaît comme une discontinuité majeure de la péninsule coréenne en opposant deux espaces géo-économiques et sociaux radicalement différents. Pourtant, elle est aussi un des principaux lieux du contact entre les deux Corées : par les projets de réintégration territoriale qui ont suivi le rapprochement Nord/Sud du début des années 1990, dans les hauts lieux du tourisme sous surveillance (P’anmunjeom, Mont Keumgang), par le biais d’incidents militaires ou dans les représentations des Sud-Coréens. Questionnant le rôle de cette frontière dans les dynamiques territoriales de la péninsule, le séminaire s’est intéressé à la nature et à la logique de cet espace frontalier, en lien avec l’organisation de l’espace péninsulaire à différentes échelles – notamment locales (les microrégions frontalières du Kangweon et du Kyeonggi) au régional (l’Asie du Nord-Est), tout en s’interrogeant sur le rôle des relations intercoréennes dans les évolutions constatées.
Dans un premier temps, la discussion a porté sur le statut de la frontière comme interface spatiale majeure entre les deux Corées, c’est-à-dire espace de contact et de régulation entre deux systèmes incompatibles marqués par la discontinuité spatiale (analysée à partir des réseaux urbains). Puis, s’appuyant notamment sur les résultats de missions de recherches réalisées par Valérie Gelézeau en octobre novembre 2007 et en avril 2008, le séminaire s’est orienté vers l’analyse de la structure même de cette frontière, qui a profondément évolué en l’espace d’une quinzaine d’années. De la zone tampon, hermétiquement close et répulsive qu’elle était il y a une quinzaine d’années, cette frontière est devenue une région linéaire composite, régulièrement traversée, irriguée par des flux matériels et semée d’enclaves qui jouent le rôle de « synapses » dans la communication entre les deux Corées. Cette première partie du séminaire a conclu sur l’hypothèse d’une dynamique de front pionnier autour de la frontière alliée à l’émergence d’une nouvelle région centrale dans la péninsule englobant, autour de la frontière, les deux capitales de Séoul et Pyongyang.
Destinées à approfondir les discussions sur la frontière qui avaient aussi convoqué des travaux de thèse en voie d’achèvement (Perrine Fruchart-Ramond sur le concept d’engagement), les dernières séances du séminaire ont été consacrées à faire le lien entre ces transformations spatiales et les relations intercoréennes, notamment la question de l’engagement de la Corée du Sud envers le Nord.
Quoique non directement liée à cet enseignement, l’organisation d’une journée d’études sur le thème des interfaces dans la péninsule, avec des partenaires nord-coréens du Choseon sahoe kwahakcha hyeophoe (Société nord-coréenne des sciences sociales) invités par le Centre de recherches sur la Corée de l’EHESS a permis de placer la question des contacts entre le Nord et le Sud, sur un plan à la fois pratique (dans la tenue même de la journée d’étude) et théorique (lors d’une discussion sur la question de la traduction du mot « interfaces » dans les deux formes contemporaines de coréen), malgré la lourdeur des discours officiels inévitables d’une telle manifestation.

Publications
• Sous la dir. de Thierry Sanjuan, « Tosi-ŭi ch’ang, kogŭp hot’el (Les grands hôtels : fenêtre de la ville) », Humanitas, Séoul, 2007. Traduction de Yang Jiyeun, 320 p. Traduction de l’ouvrage Les grands hôtels en Asie, Paris, Publications de la Sorbonne, 2003.
• « Ap’at’ŭ Konghwaguk. P’ŭlangsŭ chirihakcha-ga pon han’guk-ŭi ap’at’ŭ (La République des Appartements. Regards d’une géographe française sur les grands-ensembles sud-coréens) », Humanitas, Séoul, 2007. Traduction de Kil Haiyon. 269 p. Cet ouvrage a été distingué en 2007 du titre de « référence recommandée » en sciences sociales par le ministère de la Culture et du Tourisme de Corée du Sud.
• « Changing socio-economic environments, housing culture and new urban segregation in Seoul », European journal of east asian studies, VII, 2, 2008.
• Sous la dir. de César Ducruet et Stanislas Roussin, « Les connexions maritimes de la Corée du Nord. Recompositions territoriales dans la péninsule coréennes et dynamiques régionales en Asie du Nord-Est », L’Espace géographique, 3, septembre 2008, p. 208-224.
• « Géographie de la Corée, civilisations et aires culturelles », sous la dir. de Thierry Sanjuan, Carnets de terrain. Pratique géographique et aires culturelles, Paris, L’Harmattan, 2008, p. 117-143.
• « Korean Modernism, Modern Korean Cityscapes, and Mass Housing Development : Charting the Rise of Ap’at’ŭ Tanji since the 1969 », dans Korea Yearbook. Politics, Economy, and Society, Rüdiger Frank et al. (ed). Brill, Leiden & Boston. 2007, p. 165-192.

Dernière modification de cette fiche : 24 novembre 2008.

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