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Premier lundi du mois de 9 h à 13 h (salle 524, 54 bd Raspail 75006 Paris), du 5 novembre 2007 au 7 avril 2008
Le séminaire est centré sur les problématiques issues de l’histoire socioculturelle de la Grande Guerre. Il se présente sous la forme d’un atelier de discussion où sont débattues les grandes questions concernant l’historiographie de la Première Guerre mondiale. Les sources et les méthodes d’enquête sont placées au cœur de la réflexion. Chaque séance s’organise autour d’un thème ou d’un type de source à partir desquels plusieurs exposés de doctorants ou de chercheurs plus confirmés sont présentés.
Mots-clés : Histoire,
Aires culturelles : Europe,
Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)
Domaine de l'affiche : Histoire - Histoire et civilisations de l'Europe
Intitulé général : Histoire des pratiques et des représentations politiques à l'époque contemporaine
Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous bureau 906, 54 Bd Raspail, 75006 Paris
Réception : Stéphane Audoin-Rouzeau Bureau 906, 54, Bd Raspail 75006 Paris
Niveau requis : licence
Adresse(s) électronique(s) de contact : sar(at)ehess.fr
Comme chaque année, le séminaire s’est voulu le lieu de comptes rendus et de discussions d’expériences intellectuelles centrées sur l’étude socioculturelle de la Grande Guerre. La première séance a permis à deux jeunes historiens de venir faire état du travail accompli lors d’expositions dont l’un et l’autre furent commissaires à l’Historial de la Grande Guerre de Péronne : Manon Pignot, à l’origine d’une exposition en 2003 sur les enfants dans la Grande Guerre, et Damien Baldin, pour une exposition présentée en 2007 sur les animaux dans le conflit. L’un et l’autre ont souligné ce que la relation avec les objets et les images avait apporté à leur travail de chercheurs, en général plus familiers des textes. Cette thématique du recours aux objets comme sources a d’ailleurs fait l’objet de la cinquième séance du séminaire. Stéphane Audoin-Rouzeau et Gerd Krumeich ont défendu l’idée de l’urgence qu’il y avait à intégrer cette documentation négligée par la plupart des historiens de la Grande Guerre, qui met parfois en évidence des pratiques dissimulées ou occultées par les sources traditionnelles. Cette séance, particulièrement animée, a ouvert une discussion méthodologique sur la façon dont sources « écrites » (le texte), sources visuelles (l’image) et sources « matérielles » (l’objet) s’articulaient, se complétaient, se contredisaient. Entre-temps, le séminaire s’est consacré à la discussion de plusieurs ouvrages. Le premier, alors en préparation, sous la dir. de Stéphane Audoin-Rouzeau et Christophe Prochasson, (Sorties de guerre. Le monde après 1918, Paris, Tallandier, 2008), a fait l’objet de brefs exposés présentés par des étudiants auxquels avaient été donnés quelques chapitres en cours d’écriture. À cette occasion, on consacra une partie de la réflexion sur la différence entre « sortie de guerre » et « après-guerre », distinction que l’ouvrage tente d’illustrer. Le second ouvrage (Leonard Smith, The embattled self : French soldiers testimony of the great war, Ithaca, Cornell University press, 2007) a encouragé à reprendre la discussion sur le témoignage. Dans ce livre, Leonard Smith rompt avec une conception du témoignage de la Grande Guerre qui encombre son historiographie depuis de longues années, figée dans une conception du témoin instituteur de la vérité. S’appuyant sur les théories de l’expérience développées par plusieurs historiens américains au cours des années 1990, l’auteur opte pour une autre perspective : l’expérience des individus se structure à travers le récit qu’ils en font. Le thème a été poursuivi à l’occasion de la discussion de la correspondance de guerre de Norton Cru, récemment publiée, et dont les enjeux ont été présentés par Benjamin Gilles. Deux autres séances ont été vouées à l’étude de deux catégories d’acteurs de la Grande Guerre : l’officier, qui se fait obéir, et le prisonnier qui obéit et qui subit. Tous les exposés (Stéphane Audoin-Rouzeau et Emmanuel Saint-Fuscien pour les officiers, Heather Jones et Anne Rasmussen pour les prisonniers) ont insisté sur les marges de négociation et la diversité des pratiques. Car obéissance, discipline et autorité dépendent des cadres et des circonstances dans lesquels celles-ci s’exercent.
Dernière modification de cette fiche : 24 novembre 2008.
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