2007-2008

Des vivants et des morts. Pratiques funéraires en Égypte prédynastique

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Jeudi 13 mars 2008 de 9 h à 12 h (EHESS-Toulouse, CRPPM, 39 allées Jules-Guesde 31000 Toulouse),

Au début du XXe siècle, les sites archéologiques de l’Égypte prédynastique (IVe millénaire av. J.-C.) ont été essentiellement connus par la fouille systématique de grandes nécropoles, dont certaines renfermaient des tombes monumentales ayant reçu la dépouille des rois des premières dynasties. Depuis cette époque, les archéologues n’ont eu de cesse de décrire et d’étudier les pratiques funéraires de l’Égypte ancienne qui ont permis de mettre en lumière des processus d’évolution de la société comme celui de la différenciation sociale grandissante, lié à des phénomènes d’ostentation et d’accumulation d’objets dits de « prestige ».
Actuellement, la dimension funéraire de la Haute et de la Basse Égypte dessine une carte aux pratiques différenciées selon les régions, mais également selon la personne inhumée, son statut social et sa place dans le monde des vivants. Il conviendra donc au moyen d’exemples significatifs d’expliquer comment l’archéologue, à partir des données de terrain, interprète les faits et reconstitue l’évolution sociale de ces populations.

Aires culturelles : Afrique,

Suivi et validation pour le master : Semestriel

Mentions & spécialités :

Renseignements : Isabelle Carrère.

Adresse(s) électronique(s) de contact : icarrere(at)ehess.fr, gaellebreand1(at)yahoo.fr

Compte rendu

Ce séminaire avait pour objet la mise en perspective selon un point de vue anthropologique et social du phénomène d’accumulation et d’ostentation perceptible au cours du temps à travers le dépôt d’objets, les constructions architecturales et les pratiques funéraires mises en oeuvre par les cultures prédynastiques égyptiennes durant le IVe millénaire. À travers des exemples de nécropoles fouillées récemment (Adaïma, Hiérakonpolis, Kom el-Khilgan) par les méthodes de l’anthropologie de terrain, il est possible de restituer les gestes funéraires pratiqués par les populations anciennes et d’appréhender un processus de formation d’une « élite » politique et sociale qui mènera à l’avènement de la royauté sacrée centrée autour de la personne de pharaon. L’accent a également été mis sur des points particuliers tels que celui de la caractérisation du sacrifice humain et des morts d’accompagnement en contexte funéraire durant la première dynastie égyptienne telle que l’existence de tombes subsidiaires associées aux tombes royales pourrait l’attester. De même, l’étude des pratiques funéraires de la culture de Nagada (Haute-Égypte) et celles des cultures de Basse-Égypte (Delta) permet de reconnaître deux entités culturelles différenciées fonctionnant selon des modes d’organisation sociale distincts. Ces diverses approches ont permis de mesurer l’implication de ces différents facteurs par rapport à la formation de l’État égyptien et sur le processus d’acculturation des cultures de Basse-Égypte par celle de Nagada à la fin du IVe millénaire ayant mené à une homogénéisation des pratiques funéraires sur tout le territoire égyptien.

Dernière modification de cette fiche : 24 novembre 2008.

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