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Jeudi de 19 h à 21 h (salle 8, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 15 novembre 2007 au 29 mai 2008
Le corps a longtemps été oublié par les historiens. Les sciences sociales pourtant en ont révélé l’importance et la profondeur. Son originalité est d’être à la croisée de l’enveloppe individuelle et de l’expérience sociale. Ses objets s’étendent des investissements les plus sensibles aux représentations les plus « travaillées ». Les exemples abondent de la contribution que peut apporter à l’anthropologie historique une investigation des pratiques et représentations du corps. Comment entendre pourtant, dans son trajet historique, cette notion de corps qui relève de sciences et de regards différents ?
10 janvier : Dominique Memmi (CNRS), Bourdieu et le corps
17 janvier : Nathalie Bajos (INSERM) et Michel Bozon (CNRS), La sexualité à l’épreuve de l’égalité
24 janvier : Georges Vigarello, Le corps redressé, réflexion sur l’évolution d’un thème
31 janvier : Georges Vigarello, Pour une histoire des techniques sportives
7 février :
14 février : Denis Bruna, École d’architecture de Paris, Histoire des insignes anciennes
13 mars : Rafael Mandressi, Cires anatomiques
20 mars : Séverine Pareyre, Le corps, la médecine, l’école (XVIIIe siècle-XIXe siècle)
27 mars : Philippe Comar, ENS des Beaux arts, Les images du corps, l’anatomie artistique entre l’académie et le musée
3 avril : Jacques Gélis, Université Paris-8, L’enfant des limbes
10 avril : Gilles Havard, CNRS, MASCIPO, Corps et indianisation en Nouvelle-France (XVIIe-XVIIIe siècle)
17 avril (début de séance à18 h) : Georges Vigarello, Rafael Mandressi, Thierry Pillon, Le corps et ses représentations anciennes (Séance au Salon International du livre ancien, Grand Palais)
15 mai : Georges Vigarello, La graisse vue par la médecine ancienne (XIIIe siècle-XVIIIe siècle)
22 mai : Thierry Pillon, Georges Vigarello, Inventer le mouvement décomposé (XIXe siècle)
29 mai : Marie Glon, CETSAH/IIAC-EHESS, Inventer l’écriture
5 juin : Rafael Mandressi, Thierry Pillon, Georges Vigarello, Conclusion.
Mots-clés : Histoire,
Aires culturelles : Europe,
Suivi et validation pour le master : Semestriel
Domaine de l'affiche : Anthropologie historique
Intitulé général : Histoire des pratiques corporelles
Renseignements : Marie-Claude Jahan, CETSAH, 22 rue d'Athènes 75009 Paris.
Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous uniquement.
Niveau requis : séminaire ouvert aux étudiants de master
Site web : http://www.ehess.fr/centre/cetsah/
Adresse(s) électronique(s) de contact : Marie-Claude.Jahan(at)ehess.fr
Un premier questionnement est à l’origine de ce séminaire sur l’histoire du corps : le sentiment que le corps est l’objet d’un « quasi-culte » dans la culture d’aujourd’hui, le sentiment que ce culte tend à représenter le passé en interminable moment de mépris du corps. Ces deux sentiments nous semblent excessifs. Le premier au vu des massacres qui traversent notre temps, le second au vue des soins physiques qui ont traditionnellement accompagné l’entretien de soi. Deux questions au moins devenaient alors centrales dans le projet : en quoi les « anciennes » pratiques et représentations du corps sont-elles différentes des nôtres, malgré l’intérêt réel qui leur était porté ? En quoi l’étude du corps nous fait-elle pénétrer toujours davantage dans la culture d’une époque et d’un temps ?
Un second questionnement est apparu tout aussi nécessaire : celui portant sur la diversité des indices et repères dont le corps peut être porteur. L’hétérogénéité dans ce cas domine : sensibilité matérielle, représentations internes, manifestations expressives, conscience en sommeil n’appartiennent pas toujours au même registre de références et de comportements. Les données y sont dispersées, disparates. Les distances abondent : du sentiment intime à la manifestation sociale, de la sexualité aux goûts alimentaires, aux techniques physiques, aux luttes contre la maladie. L’approche du corps mobilise plusieurs sciences, obligeant à varier les méthodes, les épistémologies, selon l’étude des sensations, des techniques, des consommations ou des expressions. Cette hétérogénéité est constitutive de l’objet lui-même. Elle est indépassable et doit être retenue en tant que telle dans une histoire du corps. C’est elle qui a été, à nouveau, mise en évidence en étudiant précisément une variété d’exemples.
L’année 2007-2008 a d’abord été consacrée à une réflexion sur les livres jugés importants. Trois thèmes ont, sur ce point, retenu l’attention : l’enquête de Nathalie Bajos (INSERM) et Michel Bozon (CNRS) sur la sexualité des Français, les travaux de Zina Weygand sur l’histoire des aveugles, ceux de Jacques Gélis sur l’« enfant des limbes », ses investigations sur les « sanctuaires à répit » et l’analyse des signes corporels qu’ils impliquent. Le séminaire s’est par ailleurs déplacé au Grand Palais, le 17 avril 2008, pour l’inauguration du Salon international du livre ancien où G. Vigarello, R. Mandressi, T. Pillon sont intervenus sur le thème du corps dans les livres anciens.
Une grande partie de l’année 2007-2008 a été consacrée, à nouveau, à une vaste interrogation sur l’unité possible du thème. Des cas précis ont été étudiés où, à partir d’une représentation nouvelle, un ensemble de décalages touchant à d’autres représentations, comme à un vaste régime de pratiques sont concernées. Étude réitérante entre autres, celle de la découverte de l’oxygène, ses effets sur la vision de la respiration, mais aussi, de proche en proche, sur la vision du travail, celle de l’attitude physique, celle de la mode, celle de la vieillesse… Plus largement, l’échelle des représentations, qu’elles soient ou non conscientes, suggère déjà des cohérences : certaines logiques peuvent dominer sur d’autres, comme l’a montré la notion de « schéma corporel » utilisée par les psychologues pour repérer les références implicites, motrices et sensibles, d’un sujet. La logique mécanique par exemple au XVIIe siècle, la logique énergétique au XIXe siècle, la logique « informationnelle » au XXe siècle sont de celles-là, la deuxième ajoutant une vision nouvelle des entrées et des sorties du corps, suggérant leur rendement possible, réglant des dépenses et des économies, la troisième ajoutant une vision nouvelle des contrôles et des sensibilités, réglant le sens des maîtrises et des ajustements.
Les numéros de la revue Communications, revue du Centre Edgar Morin, consacrés en 2008, l’un à Edgar Morin, l’autre au théâtre, ont été l’occasion de réflexions spécifiques.
Dernière modification de cette fiche : 24 novembre 2008.
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