2007-2008

L'islam des jeunes. Le djihad au Nord et au Sud.

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Mercredi de 17 h à 21 h (salle 9, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 7 novembre 2007 au 19 décembre 2007. Pas de séance le 14 novembre

Le cours se concentre sur les formes de radicalisme islamique dans deux types de société : les sociétés musulmanes, surtout au Moyen-Orient et les sociétés occidentales, surtout l’Europe occidentale. On tente de comprendre les raisons de l’adhésion d’une petite minorité de musulmans au radicalisme religieux de ce côté comme de l’autre et les explications sociologiques que l’on peut y apporter : d’un côté, les démocraties occidentales ; de l’autre, les systèmes politiques souvent en crise du monde musulman. Malgré la différence majeure des systèmes politiques, pour des raisons que l’on tentera d’explorer, il y a adhésion de “minorités actives” dans les deux cas.

Aires culturelles : Europe, France, Musulmans (mondes),

Suivi et validation pour le master : Semestriel

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Sociologie

Intitulé général : Sociologie de l'Iran contemporain

Renseignements : contacter Hélène Monot, bureau 810, tél. 01 49 54 26 45 (t.l.j. sauf le jeudi). monot(at)ehess.fr

Direction de travaux d'étudiants : Hélène Monot

Réception : les lundis de 14h à 16h; bureau 808, CADIS-EHESS au 54 Bd Raspail 75006 Paris.

Niveau requis : être titulaire d'un master 2 ou équivalent pour les candidats à l'inscription en doctorat, et avoir un master 1 pour les inscriptions de niveau master 2. Dans tous les cas : avoir une formation en sociologie générale ; le projet de recherche écrit est indispensable.

Adresse(s) électronique(s) de contact : monot(at)ehess.fr

Compte rendu

Le séminaire de cette année a été consacré au radicalisme et au fondamentalisme islamiques, notamment en prison. Une partie du cours a concerné la prison, une autre, le développement du radicalisme au nom de l’islam dans les banlieues. On a pu distinguer trois formes distinctes de religiosité : celle des personnes qui ont découvert l’islam avant leur condamnation à la prison, celle des personnes qui ont renoué (ou se sont converties) en prison et enfin, ceux qui ont commencé leur islamisation avec la prison mais pour qui la prison signifie un approfondissement. Ce dernier cas peut se traduire soit par un ancrage dans une religiosité spiritualiste, soit dans une forme de subjectivité religieuse fondamentaliste, soit enfin, dans une subjectivation induisant la rupture avec la société et l’islamisme radical.
C’est sur l’analyse du dernier cas avec sa typologie ternaire que le séminaire s’est surtout concentré, tout particulièrement sur le cas ultra-minoritaire de l’islamisme radical mais qui revêt une signification sociale importante en Europe. Comment se construit, en prison même, une subjectivité religieuse radicale ? L’analyse de cas qui s’inspiraient en partie des interviews menées en prison en France a tenté de montrer l’imbrication d’une logique sociale et d’une individualité « écorchée » par une crise intérieure, elle-même accentuée par le racisme, l’islamophobie, un imaginaire lié à la colonisation et à la post colonisation ainsi qu’une vision obsidionale de l’islam comme étant en danger sous les coups de boutoir d’un Occident arrogant et impie. Dans cette perspective, l’incarcération est vécue comme un signe supplémentaire de la lutte contre l’islam d’un Occident qui entend mettre en prison les musulmans conscientisés.
Dans les banlieues, on assiste au développement des formes nouvelles de fondamentalisme, notamment le néo salafisme. La logique du fondamentalisme est différente de celle du jihadisme (islamisme radical). C’est la volonté de faire « bande à part » dans une société qui ne reconnaît pas aux « musulmans » la même dignité et les mêmes droits. À cela s’ajoute une autre dimension, celle de la reconnaissance de la spécificité et du « particularisme » par une société française qui rejette « l’islam public » que prônent les néo orthodoxes comme étant le seul légitime. Enfin, l’impossibilité de faire corps avec le jihadisme du fait de la répression fait que l’on adhère à un type d’hyper fondamentalisme où on ne déclare pas la guerre à la société mais on s’en détache au suprême degré.
J’ai donné des conférences sur le thème de l’islam radical tout au long de l’année universitaire 2007-2008 dans différentes universités : une première série aux États-Unis (Harvard, Yale, Columbia, Rutgers, John Jay) et une seconde série en Australie au cours de l’été 2008 (Monash University à Melbourne, Flinders à Adelaïde, ACU à Canberra et Macquarie University à Sydney).

Dernière modification de cette fiche : 24 novembre 2008.

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