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Vendredi de 17 h à 19 h (salle 1, 105 bd Raspail 75006 Paris), les 30 novembre, 21 décembre 2007, 25 janvier, 29 février, 28 mars, 18 avril et 30 mai 2008
Dichterisch wohnt der Mensch : ces mots de Hölderlin nous assurent qu’en puissance du moins, « l’humain habite en poète ». Ils nous ont hantés depuis le commentaire qu’en fit Heidegger dans un texte écrit peu après sa fameuse conférence de Darmstadt Bâtir, habiter, penser (5 août 1951). Ces deux textes introduisirent à une ontologie de l’habiter qui a subverti les dogmes fonctionnalistes du mouvement moderne en architecture. Ils disent en effet diamétralement l’inverse de ce qu’une vision étroite du rationalisme moderne, instauré par la révolution scientifique du XVIIe siècle, a tendu à imposer sur une Terre ramenée à sa dimension physique, en deçà même du vivant : la dimension de la machine, qu’invoqua par exemple à la lettre un Le Corbusier. Ils affirment au contraire que l’espace humain, celui de notre existence, est déploiement au-delà des limites de l’objet moderne. Il est autre chose que l’étendue cartésienne ou que l’espace absolu de Newton, ce réceptacle neutre et universel où la modernité a plongé le monde et, ce faisant, a fait taire ce que l’antiquité avait nommé le poème du monde. La poétique première de l’habiter humain, c’est ce poème du monde : cela en quoi l’œuvre humaine, déployant la terre en monde, devient écoumène : oikoumenê gê, la Terre habitée. Cette poétique est à l’œuvre dans toutes les dimensions de notre existence, de la vie de notre corps aux formes que nous créons sur la Terre. Elle est déploiement d’espace, et déploiement de temps. Aussi la question concerne-t-elle virtuellement tous les domaines de l’activité humaine ; elle est indéfinie. Dans ce séminaire, il ne s’agit donc pas d’en décrire tous les aspects, mais d’en saisir au contraire la dynamique foncière, dans certains motifs privilégiés : le déploiement de notre corporéité, de la biologie à la chorégraphie ; le déploiement de nos temporalités, des saisons aux rythmes de la ville ; le déploiement de nos spatialités, de nos figures mentales aux formes architecturales ; le déploiement des choses en parole humaine, de la poésie au mythe de la machine ; les limites, conditions du sens de tout cela, que nous assure la Terre.
Mots-clés : Anthropologie, Culture, Esthétique, Géographie, Histoire, Morphologie, Philosophie, Savoirs, Urbaines (études),
Aires culturelles : Contemporain (anthropologie du, monde), Transnational/transfrontières,
Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (hebdomadaire)
Domaine de l'affiche : Anthropologie historique
Intitulé général : Anthropologie de l'habiter
Niveau requis : tous niveaux, et auditeurs libres.
Adresse(s) électronique(s) de contact : berque(at)ehess.fr
Les premières séances du séminaire (ensuite interrompu pour raisons de santé) ont été consacrées au thème de la cosmicité chinoise traditionnelle. Le séminaire collectif s’est cependant poursuivi jusqu’à la fin de l’année en l’absence du directeur d’études, avec notamment deux conférences de Tsuchiya sur le thème ci-dessus mentionné.
Publications
• La Pensée paysagère, Paris, Archibooks, 2008, 112 p.
• « Qu’est-ce que l’espace de l’habiter ? », dans Habiter, le propre de l’humain. Villes, territoires et philosophie, sous la dir. de Thierry Paquot, Michel Lussault et Chris Younès, Paris, La Découverte, 2007, p. 53-67.
• « Watsuji Tetsurô ni okeru ningen no gainen. Kindai no sonzaironteki toposu no genkai wo koete (Le concept de ningen chez Watsuji Tetsurô. Au-delà du topos ontologique moderne) », dans Bunka no tayôsei to tsûtei no kachi, sous la dir. de Hattori Eiji, Kashiwa, Reitaku daigaku shuppankai, 2007, p. 194-203.
• « Cosmophanie et paysage moderne », dans Paysage et Modernité(s), sous la dir. d’Aline Bergé et Michel Collot, Bruxelles, Ousia, 2007, p. 42-65.
• « Ce qui est en jeu dans la ville-campagne », dans Campagne-ville, le pas de deux. Enjeux et opportunités des recompositions territoriales, sous la dir. de Lili Monteventi Weber, Chantal Deschenaux et Michèle Tranda-Pittion, Lausanne, Presses polytechniques et universitaires romandes, 2008, p. 199-210.
• « Les rurbains contre la nature. Détruire la biosphère par amour du paysage », Le Monde diplomatique, février 2008, p. 22.
• « Quand l’eau devint paysage », dans Les Jeux de l’eau, de l’homme et de la nature. Miroirs franco-québécois, sous la dir. de T. Baribeau et al., Paris, La Dispute, 2007, p. 87-106.
• « La nature en litige », postface à Maurice Sauzet et al., Contre-architecture : l’espace réenchanté, Paris, Massin, 2008, p. 260-261.
Dernière modification de cette fiche : 24 novembre 2008.
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