2007-2008

Premiers contacts en Australie : les phantasmes de la « tribu perdue » (2)

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Premier et troisième mardis du mois de 10 h 30 à 12 h 30 (CREDO, campus Saint-Charles, 13003 Marseille), dates fixées ultérieurement

Les types de contacts entre Occident et monde aborigène ont été variés. Parfois violents et meurtriers, parfois pacifiques, parfois s’agissait-il de rencontres entre Indigènes et missionnaires, parfois au contraire entre Aborigènes et colons-éleveurs. Dans tous les cas, les situations ont été complexes et les conséquences difficiles à concilier avec d’une part les aspirations de l’État et d’autre part les revendications indigènes. Il est un cas sur lequel nous allons nous pencher tout particulièrement qui se trouve être singulièrement intéressant. Il s’agit de la « découverte » des groupes du désert, que l’on croyait inhabité, lors des essais atomiques des années 1950 organisés par le gouvernement australien en collaboration avec les Britanniques. Ce séminaire présentera et discutera l’histoire, les conditions et les conséquences socioculturelles de ce premier contact tardif en articulant, cette année, la réflexion autour des notions de « premier contact », de « tribu perdue » et de « savage slot ».

Mots-clés : Anthropologie,

Aires culturelles : Océanie,

Suivi et validation pour le master : Semestriel

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie

Intitulé général : Organisations et transformations sociales en Australie

Renseignements : secrétariat, CREDO, UMR 6574, Maison Asie-Pacifique, Université Aix-Marseille-I, 3 place Victor-Hugo 13003 Marseille, tél : 04 91 10 61 19, télécopie : 04 91 10 61 21

Direction de travaux d'étudiants : réception après chaque séminaire, ou vendredi après-midi ou sur rendez-vous.

Réception : sur rendez-vous, pris par courriel ou tél : 04 91 10 61 19

Site web : http://www.pacific-credo.fr

Adresse(s) électronique(s) de contact : laurent.dousset(at)pacific-credo.fr, credo(at)newsup.univ-mrs.fr

Compte rendu

Cette année, nous avons poursuivi nos travaux analysant les situations de Premiers Contacts tels qu’ils se sont déroulés en Australie, et tout particulièrement dans l’aire culturelle du Désert de l’Ouest qui couvre 600 000 kilomètres carrés et est une des régions les plus tardivement occupée par l’Occident.
L’année précédente, le séminaire s’engageait dans une analyse et classification des représentations coloniales de la situation australienne. En effet, les types de contacts entre Occident et mondes indigènes et Aborigènes en particulier ont été variés. Parfois violent et meurtrier, parfois pacifique, parfois s’agissait-il de rencontres entre indigènes et missionnaires, parfois au contraire entre Aborigènes et colons-éleveurs. Dans tous les cas, les situations ont été complexes et les conséquences difficiles à concilier avec d’une part les aspirations de l’État naissant et d’autre part les revendications indigènes.
Puis nous nous étions penchés sur un cas particulier de premier contact qui a eu lieu dans le Désert de l’Ouest au cours des années 1950 afin d’analyser dans le détail les diverses étapes qui ont dominé la politique indigène australienne : ségrégation, assimilation et autodétermination. Cette année, nous avons poursuivi cette analyse en comparant deux situations. Celles où les Aborigènes furent soumis à des tentatives d’assimilation par des instances gouvernementales et celles dans lesquelles il s’agissait des missionnaires qui eurent cette même ambition. Il en résulte un constat intéressant. Dans tous les cas, les témoignages Aborigènes révèlent une préférence sensible pour la situation gouvernementale au détriment de la situation religieuse. L’analyse de ces situations et des discours indigènes révèle que cette préférence est à associer à l’ingérence totale que les missionnaires tentèrent de mettre en œuvre. La situation de contact avec les instances gouvernementales et une situation de non-contact. L’indigène y est un problème général à résoudre de manière globale. Les missionnaires, au contraire, tentèrent de pénétrer dans la sphère personnelle de chaque individu afin d’en modifier profondément les manières de faire et de penser.
Nous avons ensuite approfondi ces recherches en y incluant l’analyse des actions Aborigènes. Quelles étaient leurs réactions à l’invasion, quels nouveaux concepts émergent de la rencontre, quelles répercutions ces rencontres avaient-elles sur la structure sociale et politique locale ? Nous en avons conclu un élément particulièrement intéressant. La présence des Blancs, de nouvelles technologies, d’autres manières de penser et de faire fabrique un relativisme nouveau dans les rangs des Aborigènes eux-mêmes qui se voient ainsi dans la position de réflecteurs de leur propre culture. Les choses, la tradition, la culture, quelles qu’en soient les définitions, ne sont plus « naturelles », mais deviennent des éléments qui doivent être expliqués et justifiés, car, visiblement, elles sont confrontées à d’autres manières de faire et de penser ; celles des Blancs. De ce relativisme culturel ou « auto relativisme » né une nouvelle conception de la culture et de la tradition. Elles deviennent opérationnelles et mobilisables. Elles deviennent des enjeux de revendication et d’existence politique. La confrontation culturelle produit ainsi une conception à la fois pragmatique et essentialiste de la culture. La culture devient palpable (même si indéfinissable), elle devient véhicule d’identités collectives. Elle devient objet et enjeux.

Publication
• Avec K. Glaskin, « Western desert and native title : How models become myths », Anthropological Forum, vol. 17, n° 2, 2007, p. 127-148.

Dernière modification de cette fiche : 24 novembre 2008.

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