S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.
Mardi de 17 h à 19 h (salle 3, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 6 novembre 2007 au 12 février 2008. Cette dernière séance aura lieu en salle 2.
Il n’y a pas une, mais plusieurs mondialisations : de celle du commerce à celle de nos jours, en passant par l’âge des empires planétaires (ibériques, britanniques, français) et la mondialisation industrielle. Toutes ont au premier chef touché les savoirs scientifiques et techniques : savoirs et savoir-faire navigationnels, géographiques, botaniques, médicaux, ethnographiques, commerciaux, administratifs… furent radicalement transformés à la lumière de contacts avec d’autres civilisations. Au cours des siècles, allant de pair avec des régimes changeants de la mondialisation, les modes de construction, de légitimation et de circulation des savoirs et savoir-faire scientifiques et techniques, tout autant que leur contenu, ont subi d’importantes mutations. Cet enseignement se propose de repérer et d’historiciser ces changements, des premiers contacts entre différentes cultures aux phénomènes actuels : relations scientifiques « Nord-Sud », « fuite des cerveaux », « big science » internationale… L’enjeu est de constituer une véritable histoire des sciences non européocentrée.
12 février : Simon Schaffer, Newton et Bouddha: occidentalisme, orientalisme et astronomie newtonienne
Mots-clés : Anthropologie, Cartographie, Coloniales (études), Genre, Géographie, Histoire, Histoire des sciences et des techniques, Historiographie, Méthodes et techniques des sciences sociales, Savoirs, Sciences,
Aires culturelles : Afrique, Allemandes (études), Amérique du Nord, Amérique du Sud, Amérique préhispanique, Amériques, Asie centrale, Asie méridionale, Asie orientale, Atlantiques (mondes), Britanniques (études), Chine, Contemporain (anthropologie du, monde), Corée, Europe, Europe centrale et orientale, France, Ibérique (monde), Inde, Méditerranéens (mondes), Musulmans (mondes), Océanie, Russie, Transméditerranée, Transnational/transfrontières,
Suivi et validation pour le master : Semestriel
Domaine de l'affiche : Histoire - Histoire des sciences
Intitulé général : Expansion européenne et formation des savoirs, XVIe-XXe siècle
Renseignements : mardi de 14 h à 17 h , bureau 19, 105 bd Raspail 75006 Paris, ☎ : 01 53 63 51 82
Direction de travaux d'étudiants : mardi de 14 h à 17 h , bureau 19, 105 bd Raspail 75006 Paris, ☎ : 01 53 63 51 82
Réception : mardi de 14 h à 17 h , bureau 19, 105 bd Raspail 75006 Paris, ☎ : 01 53 63 51 82
Niveau requis : ce séminaire est ouvert aux participants intéressés de tous niveaux
Adresse(s) électronique(s) de contact : kapil.raj(at)ehess.fr
Cette année, le séminaire a été consacré à faire un état des lieux historiographiques des travaux touchant à la construction des savoirs dans un contexte global. Longtemps conçue en termes de la mission civilisatrice de l’Europe vis-à-vis du reste du monde, la « place » de la science moderne sur la planète est l’objet d’un champ de recherche foisonnant depuis une trentaine d’années. Pour simplifier, ce champ est animé par une question de fond : comment réconcilier la prétention de la science moderne d’être à la fois européenne et universelle ? Deux grands modèles dominaient les schémas explicatifs : le diffusionnisme, dont l’expression la plus claire est parue en 1967 sous la plume de George Basalla, et l’irénisme explicité dans les travaux de Joseph Needham. Ces deux modèles ont donné lieu à un foisonnement de recherches depuis une trentaine d’années, d’une part sur les mécanismes et les agents de la diffusion (notamment des jésuites), et les idéologies qui l’ont animé, d’autre part sur la remise en question du diffusionnisme lui-même. Ainsi, les recherches menées par le courant « science et empires » ont montré de façon convaincante l’existence des traditions scientifiques et techniques fortes dans diverses parties du monde, notamment dans les mondes indien, persan et arabe. La thèse diffusionniste fut fortement questionnée, pointant les « emprunts » des savoirs non-occidentaux par les Européens, les amnésies dans l’écriture de l’histoire des sciences et les asymétries produites par l’impérialisme européen entre colonisateurs et colonisés. Ces travaux ont mis en évidence la part active des acteurs qui reçoivent les nouvelles théories ou techniques dans un processus de réception et d’appropriation fort complexe. Cependant, depuis quelques années de nouveaux questionnements et courants historiographiques ont contribué à enrichir et à complexifier la simple quête des origines et de la diffusion de la science moderne. Ainsi, certains travaux se sont tournés vers les activités de collecte des objets naturels et artéfacts des quatre parties du monde dans les périodes moderne et contemporaine. Signalons le rôle de l’interaction culturelle entre les Européens et les différents peuples qu’ils ont rencontrés au cours des derniers siècles, un thème important dans les travaux récents des historiens des sciences et des techniques. Les rapports entre l’histoire des sciences et celle du commerce et des communautés marchandes est un autre domaine d’intérêt à plusieurs dimensions qui n’ont qu’à peine été explorées jusqu’à présent. Cette dimension acquiert une importance particulière au moment de la constitution au cours du XVIIe siècle des grandes compagnies de commerce européennes qui participent également à la quête impériale occidentale tout en étant intimement liées aux activités de collecte et de mise en ordre du monde. Le rôle de médiateur joué dans l’histoire par les communautés marchandes et les compagnies de commerce, tout comme la médiation interculturelle tout court, constituent encore d’autres sujets importants. D’autres questions sont à remarquer également : l’histoire de l’environnement dans une perspective globale depuis l’époque moderne ; les rapports entre droit et savoirs, sujet à peine effleuré dans le contexte européen commence à être traité dans le contexte de l’interaction entre plusieurs droits dans les contextes coloniaux où plusieurs droits se rencontrent donnant lieux à de nouvelles pratiques savantes.
Dernière modification de cette fiche : 24 novembre 2008.
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