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Lundi de 17 h à 19 h (INHA, salle de séminaires de la bibliothèque Gernet-Glotz ou salle Walter-Benjamin, 2 rue Vivienne 75002 Paris), les 5 et 19 novembre, 10 décembre, 14 et 28 janvier, 11 et 25 février, 10 et 31 mars, 7 et 14 avril, 5 et 26 mai, 9 et 16 juin
Ce séminaire s’inscrit dans la lignée des travaux de l’atelier « Antiquité et sciences sociales », créé au sein du Centre Louis-Gernet en 2003. Cette année, l’atelier inaugurera un nouveau cycle de recherches comparatistes mettant en dialogue sources de différentes époques historiques et données ethnographiques de diverses aires culturelles autour des questions que soulève la figuration. Ce dialogue débutera par une analyse de la notion d’agalma. En grec ancien, ce terme désigne aussi bien la parure que l’offrande votive et, en particulier, la statue, traduction retenue le plus fréquemment, probablement sous l’effet d’une cristallisation de concepts produite par la muséographie classique. Une première piste de recherche interrogera donc la notion grecque d’agalma dans sa polysémie, avant d’analyser quelle peut être la place de la « représentation figurée » dans ce système. On s’attachera ensuite à questionner les notions modernes de statue, d’anthropomorphisme, mais aussi de fétiche, de parure ou de bijou, pour déboucher sur une réflexion plus générale sur la figuration, le double ou encore la relation au divin dans sa matérialité et sa mise en présence.
Mots-clés : Anthropologie, Anthropologie et linguistique, Antiquité (sciences de l’), Arts, Histoire, Image, Religieux (sciences sociales du), Textes, Visuel,
Aires culturelles : Afrique, Amériques, Europe, Transnational/transfrontières,
Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)
Domaine de l'affiche : Anthropologie historique
Intitulé général : Atelier « Antiquité et sciences sociales »
Renseignements : Marcello Carastro, Centre Louis-Gernet, INHA, 2 rue Vivienne 75002 Paris
Niveau requis : lettre (ou courriel) de motivation
Adresse(s) électronique(s) de contact : carastro(at)ehess.fr, sdugast(at)mnhn.fr, ivonne.manfrini(at)hesge.ch
Ce séminaire s’inscrit dans le cadre de l’atelier « Antiquité et sciences sociales », créé au sein du Centre Louis-Gernet en 2003. Cette année, il a inauguré un nouveau cycle de recherches comparatistes consacrées à une approche critique de la notion de figuration. Au cours des travaux sur les couleurs menés précédemment au sein de l’atelier (2003-2007), le terme grec agalma est en effet apparu comme une notion susceptible de remettre en question des catégories dont il est fait couramment usage à propos de la figuration et de la représentation. Alors que agalma est généralement traduit par « statue », notamment sous l’effet d’une cristallisation de concepts produite par la muséographie classique, il recouvre en réalité un domaine plus vaste qui s’étend de la parure et des bijoux à l’offrande votive, en passant par des objets prestigieux ou des biens de valeur (enfants, chevaux, etc.). L’analyse de cette polysémie invite à déconstruire la notion moderne de statue, à travers laquelle on croit pouvoir appréhender l’agalma, et à s’interroger sur la manière dont ce dernier était conçu en Grèce ancienne. Par un effet de retour, ce type de questionnement s’étend aux notions d’anthropomorphisme, de parure ou de bijou, mais aussi d’idole ou de fétiche, pour déboucher sur une réflexion plus générale sur la figuration, le double ou encore la relation au divin dans sa matérialité et sa mise en présence.
Le séminaire a développé trois axes de recherche, articulant un volet historiographique, une enquête sur le champ sémantique d’agalma et un dialogue comparatiste. Les travaux ont débuté par la lecture et l’analyse critique du texte de Louis Gernet « La notion mythique de la valeur ». Paru initialement dans le Journal de psychologie (t. XLI), en 1948, puis inclus dans le volume Anthropologie de la Grèce antique (1968), cet article a durablement marqué la littérature savante portant sur les faits de figuration. Parmi les intuitions fécondes de ce texte, la réflexion sur le pouvoir qui anime les objets précieux, manifestement de matrice maussienne (Gernet ne manque pas de citer l’Essai sur le don), nous a paru susceptible d’être réactualisée à la lumière des considérations que nous avons développées sur la valeur relationnelle des objets-agalmata. Cependant, le séminaire a choisi de procéder à rebours par rapport à la démarche de Gernet : au lieu d’attribuer un principe unique, en l’occurrence la notion de valeur, au terme agalma, nous avons cherché à restituer la polysémie de ce terme. L’intervention de Ioanna Patera, auteur d’une thèse sur l’offrande en Grèce ancienne, présentée en 2006 à l’EPHE, a inauguré une série d’enquêtes philologiques attentives aux contextes d’énonciation et visant à explorer le champ sémantique d’agalma, des poèmes homériques aux pièces de théâtre du Ve siècle avant notre ère. Une première vue synoptique des emplois de ce terme a été fournie par une des participantes du séminaire, Nicole Lanerès.
Parallèlement à ces recherches sur la culture grecque, le séminaire s’est consacré à une série d’enquêtes comparatistes mettant l’accent sur une palette de sèmes : de la « belle offrande » à l’éclat de la parure, convoquant, entre autres, la brillance, la bigarrure et l’éphémère. Au centre de cette interrogation se situe le problème de l’emprise, de la capture du regard et de la relation à l’invisible. Le dialogue comparatiste a été enrichi par les interventions de Jean-Claude Schmitt (EHESS) sur « le paradigme céleste de la procession chrétienne », et de Jean-Jacques Glassner (CNRS) sur « l’akkadien salmu et l’idée de double », ainsi que par des exposés assurés par des membres de l’atelier : Stéphan Dugast (IRD) a présenté ses travaux sur la fabrication de statuettes de « génies » de brousse comme médiateurs entre le monde des hommes et celui des puissances divines chez les Bwaba (Burkina Faso) et les Bassar (Togo) ; Sylvie Donnat (Université de Strasbourg) a exposé sa recherche sur le lexique égyptien de la statue en centrant son attention sur le terme polysémique neferu, qui, dans l’Égypte pharaonique, véhiculait l’idée de beauté parfaite, d’achèvement. Qu’ils soient tous vivement remerciés.
Dernière modification de cette fiche : 24 novembre 2008.
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