2008-2009

Cycle « Local, national, global » : jeux d’échelles et connexions en sciences sociales

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Jeudi de 10 h à 13 h (ENS, Campus Paris-Jourdan, salle D 131, 48 bd Jourdan 75014 Paris), les 16 octobre, 6 et 20 novembre, 4 et 18 décembre 2008, 8 et 22 janvier 2009 et 5 février 2009

Le Cycle

Dans de nombreux quartiers des sciences sociales, les limites spatiales qui permettaient de circonscrire les objets d’enquête ont été mises en question. On sait mieux que des objets que l’on considérait spontanément comme séparés peuvent être examinés, à d’autres échelles, dans leurs relations avec d’autres objets et que ces relations sont constitutives des objets eux-mêmes : pas de France sans Allemagne, pas d’ethnie sans administration coloniale, pas de village sans chemin, ni de port sans autres ports, pas d’indigène sans ethnologue, pas de quartier ouvrier traditionnel sans rénovation urbaine, pas de mégapole sans multinationales, pas de langue sans d’autres langues.

De grandes catégories de la description en sciences sociales en ont été ébranlées et ne s’en sont toujours pas remises : l’ethnie, l’exode rural, la frontière, l’immigré, les modèles nationaux de politiques publiques, le libéralisme britannique et le centralisme français, l’intellectuel, les professions, tant d’autres encore.

De vastes domaines d’enquête se sont ainsi ouvert : des choses que l’on pensait jadis pouvoir étudier en elles-mêmes avant d’en examiner les relations « extérieures » sont désormais d’emblée abordées par l’étude des contacts, connexions, circulations, transferts, malentendus, effets de miroir, traductions, rapports de forces entre des entités que l’on observe désormais ensemble plutôt que successivement ou « comparativement ».

Des outils scientifiques classiques sont ébranlés. Le « terrain » de l’anthropologue n’a plus de limite nette, l’objet de l’historien se trouve à l’intersection d’archives dispersées écrites en plusieurs langues, le sociologue s’aperçoit qu’il croyait théoriser sur la « société » alors qu’il décrivait son hexagone. La comparaison elle-même n’est plus ce qu’elle était, ni dans son principe, ni dans ses procédures, ni dans la définition des entités à prendre en compte. Les catégories et les protocoles qui pourraient permettre d’observer et d’analyser utilement la formation des entités et leurs relations font aujourd’hui l’objet d’une salutaire compétition conceptuelle et méthodologique. Discuter ces questions et aider les étudiants à élaborer leur projet de recherche en relation avec elles est l’objet de ce cycle thématique.

Le séminaire

Ce séminaire pluriannuel se propose d’aborder, à partir des traditions multiples et contrastées de l’histoire, de l’anthropologie et de la sociologie, la question de la spatialisation de l’expérience sociale, du local au global en passant par le national. Comment penser les circulations et les connexions entre les lieux, et la production de sphères sociales locales ? En quoi les rapports sociaux sont-ils reconfigurés par la compression  spatio-temporelle et l’extension des chaînes d’interdépendance ? Comment prendre compte à la fois la généralisation de la forme Etat-nation et les nationalismes à longue distance ou le redéploiement des fonctions étatiques aux niveaux infra- et supra-nationaux ? De l’histoire transnationale ou connectée à l’ethnographie globale, de la sociologie des migrations aux études culturelles postcoloniales, de l’étude des transferts culturels à la sociologie constructiviste des relations internationales, les approches sont multiples. Parvenir à une saisie de ces enjeux  essentiels pour les sciences de la société requiert de la lucidité  méthodologique et un refus des effets de manche, de la profondeur de champ  chronologique et de solides enquêtes de terrain. Parce qu’il s’agit avant tout de déployer les manières de faire et de penser d’un champ de recherche foisonnant et multiple afin de permettre aux étudiants de lancer leur propre recherche dans ce domaine, le séminaire invitera très largement des chercheurs qui publient dans ces champs de recherche. Les étudiants pourront discuter leurs travaux et, en écho, présenter les leurs.

Aires culturelles : Transnational/transfrontières,

Suivi et validation pour le master : Semestriel

Mentions & spécialités :

Réception : Myriame Robert ou Marion Labetoule, ENS, Campus Jourdan, Bâtiment B, 2e étage, 48 bd Jourdan 75014 Paris, tél : 01 43 13 62 20. Bureau ouvert tous les jours sauf le jeudi matin

Niveau requis : séminaire ouvert à tous les étudiants de master et doctorat sur présentation d’un projet de recherche

Site web : http://www.histoire.ens.fr/profs/wilfert.htm

Adresse(s) électronique(s) de contact : blaise.wilfert(at)ens.fr, master-ett(at)ens.fr ou actremon(at)ehess.fr

Dernière modification de cette fiche : 24 novembre 2008.

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