2008-2009

Histoire du Japon moderne : permanences et ruptures

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

1er et 3e jeudis du mois de 11 h à 13 h (salle 9, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 6 novembre 2008 au 4 juin 2009. La séance du 15 janvier se déroulera de 15 h à 17 h (salle 7, 105 bd Raspail). La séance du 19 février se déroulera en salle 4, celle du 19 mars en salle Maurice et Denys Lombard (96 bd Raspail)

Ce séminaire s’adresse en priorité, mais pas exclusivement, aux étudiants engagés dans l’étude de la langue japonaise. Il vise à approfondir leur connaissance de l’histoire culturelle et sociale du Japon moderne et de ses antécédents pré-meijiens. Les thématiques  spécifiques en seront définies au début de l’année. Le séminaire reposera sur les interventions des membres du Centre de recherches sur le Japon et de chercheurs invités. Il permettra également aux étudiants inscrits en seconde année de master ou en thèse de présenter leurs travaux.

6 novembre 2008 : Ryo Kambayashi (Université Hitotsubashi, IER), « Is it the end of long-term employment in Japan ? »

Résumé : Dans les années 1980, le système d’emploi japonais devint une source de curiosité croissante de la part de nombreuses entreprises dans le monde, alors que les entreprises japonaises émergeaint comme des compétiteurs de classe mondiale. Il a été montré que la sécurité de l’emploi était la condition nécessaire la plus importante au bon fonctionnement de ces organisations. Au contraire, la rhétorique de la « fin du système d’emploi à la japonaise » a été très populaire après l’éclatement des Bulles au début des années 1990. Cependant, le manque de données a empêché les chercheurs de produire des preuves rigoureuses sur l’évolution précise du système d’emploi à la japonaise durant la « décennie perdue » (1992-2005). Cette présentation vise à combler cette lacune en apportant des preuves rigoureuses concernant les changements du système d’emploi japonais du point de vue des taux de rétention. Ce faisant, nous apportons un nouvel éclairage sur la structure du système d’emploi japonais aujourd’hui au niveau de la firme. (Ce séminaire — donné en anglais — consistera en une présentation non technique d’un article co-écrit avec Takao Kato, dont une version préliminaire est téléchargeable à l’adresse suivante : http://www.esri.go.jp/en/workshop/080321/pdf/06_Kato_firstdraftkato.pdf).

Ryo Kambayashi (Ph.D., Université de Tokyo) est maître de conférences à l’Institut de recherche économique (Université de Hitotsubashi). Après une thèse d’histoire économique, il s’est spécialisé en économie du travail (contemporaine). Ses recherches portent sur l’analyse empirique des trois questions suivantes : les effets de la protection de l’emploi au Japon ; l’efficacité de l’appariement de Hello Work, l’agence publique pour l’emploi au Japon ; les changements intervenus sur le marché du travail japonais depuis le début des années 1990. Il a publié de nombreux articles sur ces sujets.
Discutant : Sébastien Lechevalier (EHESS, CRJ)

20 novembre 2008 : Michel Cartier (EHESS, Centre d'études sur la Chine moderne et contemporaine), « Pourquoi les Japonais n’ont-ils plus d’enfants ? »

4 décembre 2008 : Christian Polak (Centre de recherches sur le Japon), « La correspondance du Japon du marin Charles Lavison en 1868. »

15 janvier 2009 (de 15 h à 17 h, salle 7) : Lionel Babicz (The University of Sydney & Centre de recherches sur le Japon), « Japon, Corée, Chine : écrire ensemble l'histoire. »

Résumé : L'intervention présentera les tentatives passées et présentes d'écriture d'une histoire commune au Japon, à la Chine et à la Corée du Sud. Comités officiels examinant les différends historiques entre les États, groupements citoyens s'efforçant de mettre au point du matériel pédagogique commun, initiatives locales ou individuelles - contrairement à l'image courante de foire d'empoigne historique, les trois pays se confrontent aussi courageusement aux questions les plus sensibles concernant le passé. Néanmoins, une comparaison avec l'expérience européenne, notamment celle du manuel franco-allemand, invite à la prudence quant aux réelles chances de succès de ces tentatives.
Lionel Babicz est maître de conférences au Département d'études japonaises de l'Université de Sydney et chercheur associé au Centre de recherches sur le Japon de l'Ehess. Spécialiste de l'histoire du Japon moderne, ses principaux travaux portent sur l'histoire des relations nippo-coréennes et l'histoire intellectuelle de l'ère Meiji. Il a publié "Le Japon face à la Corée à l’époque Meiji" (Maisonneuve et Larose, 2002).
Discutant : Alain Delissen (EHESS, CRC)

5 février 2009 : Patrick Beillevaire (CNRS, Centre de recherches sur le Japon), « Nakayoshi Ryôkô 仲吉良光, le “père de la restitution d’Okinawa” au Japon (復帰の父). »

19 février 2009 : Rogier B.P.M. Busser (Université de Leiden), « Competing Japanese and Chinese development models for Southeast Asia. »

5 mars 2009 : Arnaud Nanta (CNRS, Centre de recherches sur le Japon), « Conflits et colonisation à Karafuto/Sakhaline (XVIIIe-XXe siècle). »

19 mars 2009 : Makoto Kasuya (Université de Tokyo, Faculté de sciences économiques)
« Continuity and change in the employment and promotion of Japanese white-collar employees : the case of Mitsui House. »

2 avril 2009 : Bernard Thomann (INaLCO), « La réforme sociale au Japon de 1919 à 1945 : de l'internationalisme au fascisme ? »

7 mai 2009 : Annick Horiuchi (Université Paris VII, Centre de recherches sur les civilisations de l’Asie orientale), « Discours japonais sur les régions du nord (Ezo) à la fin du XVIIIe siècle : questions de frontières, de défense et de colonisation. »

4 juin 2009 : Hiroko Takeda (Université de Sheffield, NIJS), “Personalized Choices : Redrawing the boundaries of families and everyday life under neoliberal reform in Japan”

Familial relationships are today the central locus of public debates over national policy-making in Japan. With much-orchestrated ‘concerns’ over the changing demographic structure incurred by the low level of the fertility rate and the growing proportion of the elderly population, the national government seems to be driven by the utmost enthusiasm to implement policies in the world of everyday life.

This move poses to us, on the surface, a contradiction. There has been much discussion already regarding the changes in Japanese politics and economy resulting from the neoliberal reforms begun in the late 1990s.

Neoliberal reform intends, in theory, to reduce state functions and regulation in favour of the market mechanism. In this particular configuration of governing, the state is supposed to largely, if not completely, withdraw from dealing with economic and social matters, and entrepreneurial economic activity based on deregulation and market competition have become the main principle of organizing not only the world of economy but also of politics and society while individuals are expected to be fully responsible for managing their own lives. Indeed, the ‘small government’ has been sought after through the process of national political and fiscal reforms in Japan, in particular during the time of the Koizumi cabinet (2001-6). This went hand in hand with the promotion of the idea of self-responsibility (jiko sekinin) in various areas from social security arrangements and employment to the border-crossing movement of people or even marriage. It is within this political climate in which neoliberal political logic is prevailing, that political attention to families has been intensified, requiring the expansion of the scope of government intervention into the world of everyday life. The purpose of this presentation is to examine the process of negotiations over the role of families within the national political economy during the period in which neoliberal reform has been carried out in Japan and in so doing, to elucidate how the boundary of families and everyday life has been recalibrated in response to the transitions in the world of economy and politics. The presentation introduces recent developments in the family policy proposed by the national government in the name of ‘structural reform of the family and everyday life’ and considers the implications of the policy developments in particular, in terms of the family as the regulatory and moral unit of the state.

Hiroko Takeda is Director of the research cluster on Social Change and Transition in East Asia at the National Institute of Japanese Studies, an international Centre of Excellence between the Universities of Sheffield and Leeds. Her research interests include gender and politics/political economy in Japan and East Asia, social and political theories, biopolitics and governance, political discourse analysis and the political functions of risk discourses. Her recent publications include The Political Economy of Reproduction in Japan : Between Nation-State and Everyday Life (RoutledgeCurzon, 2005) ; ‘Structural Reform of the Family and the Neoliberalisation of Everyday Life in Japan’, New Political Economy, Vol. 13 No. 2, 2008, p. 153-72.

 

Aires culturelles : Asie orientale, Japon,

Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)

Mentions & spécialités :

Renseignements : Yasuko D'Hulst ou Sébastien Lechevalier

Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous uniquement, EHESS, 105 bd Raspail 75006 Paris

Réception : sur rendez-vous uniquement. Pas d'inscription préalable pour les auditeurs libres et les étudiants d'autres établissements souhaitant valider le séminaire. L'étudiant(e) se fera connaître lors de la première séance du séminaire pour décider des conditions de sa validation (séminaire annuel, 6 crédits).

Niveau requis : nécessité de présenter un projet écrit et d'être déjà sérieusement engagé dans l'étude de la langue japonaise.

Site web : http://crj.ehess.fr/

Adresse(s) électronique(s) de contact : dhulst(at)ehess.fr, sebastien.lechevalier(at)ehess.fr

Compte rendu

Au cours de l’année, ce séminaire a comporté onze séances : 6 novembre 2008, Ryo Kambayashi (Université Hitotsubashi, IER), « Is it the end of long-term employment in Japan ? » ; 20 novembre 2008, Michel Cartier (EHESS, Centre d’études sur la Chine moderne et contemporaine), « Pourquoi les Japonais n’ont-ils plus d’enfants ? » ; 4 décembre 2008, Christian Polak (Centre de recherches sur le Japon), « La correspondance du Japon du marin Charles Lavison en 1868 » ; 15 janvier 2009, Lionel Babicz (Université de Sydney et Centre de recherches sur le Japon), « Japon, Corée, Chine : écrire ensemble l’histoire » ; 5 février 2009, Patrick Beillevaire (CNRS, Centre de recherches sur le Japon), « Nakayoshi Ryôkô, le « père de la restitution d’Okinawa » au Japon » ; 19 février 2009, Rogier B.P.M. Busser (Université de Leiden, Pays-Bas), « Competing Japanese and Chinese development models for Southeast Asia » ; 5 mars 2009, Arnaud Nanta (CNRS, Centre de recherches sur le Japon), « Conflits et colonisation à Karafuto/Sakhaline (XVIIIe-XXe siècle) » ; 19 mars 2009, Makoto Kasuya (Université de Tokyo, faculté de sciences économiques), « Continuity and change in the employment and promotion of Japanese white-collar employees : the case of Mitsui House » ; 2 avril 2009, Bernard Thomann (INaLCO), « La réforme sociale au Japon de 1919 à 1945 : de l’internationalisme au fascisme ? » ; 7 mai 2009, Annick Horiuchi (Université Paris-VII/Diderot, Centre de recherches sur les civilisations de l’Asie orientale), « Discours japonais sur les régions du nord (Ezo) à la fin du XVIIIe siècle : questions de frontières, de défense et de colonisation » ; 4 juin 2009, Hiroko Takeda (Université de Sheffield, NIJS), « Personalized choices : Redrawing the boundaries of families and everyday life under neoliberal reform in Japan ».

Dernière modification de cette fiche : 2 juin 2009.

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