S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.
2e et 4e mardis du mois de 11 h à 13 h (salle 9, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 25 novembre 2008 au 9 juin 2009. La séance du 10 février est annulée. Séance supplémentaire le 11 février, de 13 h à 15 h (salle 1, 105 bd Raspail). Séance supplémentaire le 7 avril, de 11 h à 13 h (salle 10). La séance du 9 juin se déroulera en salle 1
Cette année nous allons continuer la réflexion sur les rapports entre enjeux de mémoire et fait colonial portugais. Les stéréotypes de lecture de la colonisation (le « lusotropicalisme » et ses appropriations ultérieures aussi bien dans les récits individuels, que dans la littérature de fiction et le discours sur la lusophonie) nous conduiront à l’analyse de l’ historiographie qui s’intéresse à cette partie du continent africain. Une place privilégiée sera accordée à l’historiographie africaniste internationale et à sa contribution au renouvellement de l’étude des Afriques lusophones. Après les grandes problématiques, le séminaire s’orientera vers une analyse de cas précis. Un deuxième niveau de discussion va se centrer sur les sources. Comment repenser le fait colonial à partir des sources elles mêmes, indépendamment des lectures établies ? Au-delà du rapport bipolaire colonisateur/colonisé, de quelle façon peut-on repérer les porosités, les perméabilités, voire les transactions entre différentes cultures ? On considérera les sources écrites coloniales, telles que les récits de voyage, les rapports de guerre, l’épistolographie officielle ou privée, les livres de comptabilité, les listes de commerçants, ou encore la cartographie. On prendra aussi en compte les sources écrites par les Africains eux-mêmes, notamment les Archives d’État Ndembu (XVIIe-XXe siècles), en Angola.
Mardi 11 février 2009 : séance exceptionnelle réunissant les deux séminaires "Histoire des Afriques lusophones : sources et débats historiographiques" (Catarina Madeira Santos*) et "Les traites : XVe-XXe siècles" (Antonio de Almeida Mendes*, Jean-Michel Deveau et Salah Trabelsi), Maria Manuel Torrão (Instituto de Investigação Científica Tropical, Lisbonne), Ecrire l'histoire du Cap-Vert à quatre mains : le cas de la traite avec les Amériques espagnoles au XVIe siècle
Maria Manuel Torrão est actuellement l'une des grandes spécialistes de l'histoire moderne des îles du Cap-Vert. Elle est l'auteur de nombreuses publications et a notamment participé aux 3 volumes de l'Histoire générale du Cap-Vert.
Maria Manuel Torrão expliquera les défis méthodologiques posés par l'écriture de l'histoire du Cap-Vert par une histoire de chercheurs portugais et capverdiens et l'usage des sources coloniales. Ces problèmes seront abordés à partir du rôle de l'île comme entrepôt négrier transatlantique à l'époque moderne. Le circuit négrier qui relie l'île aux Antilles et au continent américain est inauguré dès les années 1517. A partir d'une analyse minutieuse des données numériques, il nous est possible de tracer l'évolution de ce circuit et des relations entre les Couronnes d'Espagne et du Portugal. On identifiera également les marchands et les dynasties familiales qui participèrent à ce trafic.
Plus d'informations sur le site http://www.esclavages.cnrs.fr/spip.php?rubrique64
* En solidarité avec le mouvement de grève des Universités, les organisateurs des deux séminaires prévus le mardi 10 février ont décidé de les reporter au mercredi 11 février 2009
Mardi 24 mars 2009 : Maria da Conceiçao Neto (Universidade Agostinho Neto, Luanda), Histoire orale : enjeux méthodologiques et expérience(s) de terrain en Angola
Mardi 7 avril 2009 : Maria da Conceiçao Neto (Universidade Agostinho Neto, Luanda), Le rural et l'urbain, une dichotomie trompeuse pour l'histoire de l'Angola
Mardi 26 mai 2009 : Rebecca Scott (University of Michigan), Dynamiques de la micro-histoire à l'échelle atlantique
(texte disponible: http://sitemaker.umich.edu/law.slavery.freedom/files/scott-hebrard-rshhg-2008.pdf )
Mots-clés : Coloniales (études), Écriture, Histoire, Historiographie,
Aires culturelles : Afrique, Atlantiques (mondes), Ibérique (monde), Transnational/transfrontières,
Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)
Domaine de l'affiche : Histoire - Histoire et civilisations de l'Afrique
Intitulé général : Expériences coloniales, pouvoirs africains et instances de savoir dans les « Afriques lusophones », XVIIe-XXIe siècle
Renseignements : cmadeira(at)ehess.fr
Direction de travaux d'étudiants : Direction de travaux d'étudiants : Catarina Madeira-Santos au Centre d’études africaines (96 bd Raspail, 75006 Paris) sur rendez-vous.
Réception : Réception : Prendre rendez-vous au secrétariat du Centre d’études africaines, 96 boulevard Raspail 75006 Paris, Téléphone : 33 (0)1 53 63 56 50
Niveau requis : Licence
Adresse(s) électronique(s) de contact : cmadeira(at)ehess.fr
Cette année la notion de bibliothèque coloniale, proposée par l’historien zaïrois Valentin Mudimbe a constitué le point de départ pour évoquer l’ensemble de stéréotypes, engendrés à l’intérieur du corpus missionnaire, voyageur et anthropologique, sur les mondes africains. Sachant que pour certaines régions de l’Afrique Centrale l’absence de sources écrites indigènes ne fait qu’accroître l’emprise idéologique sous-jacente au récit colonial, nos interrogations se sont adressées aux dispositifs de décodage des sources permettant et de saisir l’histoire de l’Afrique et de rendre la voix aux Africains en situation coloniale. En ce sens on a mené une réflexion sur les débats historiographiques concernant la tradition orale, l’histoire orale et les sources coloniales. Dans un premier temps, nous avons entamé une approche de la vaste bibliographie sur les formes et les spécialistes de la transmission. L’œuvre de Jan Vansina, en particulier, nous a menés à parcourir depuis la fin des années 1950 différentes étapes de réflexion. D’abord perçue comme source historique, la tradition orale fut postérieurement saisie comme histoire mise en récit. Du point de vue de notre enquête, le regard s’est donc progressivement déplacé. À ce stade nos séances de travaux se sont beaucoup inspirées de Sanjay Subrahmanyam, Velcheru Narayana Rao et David Shulman, à partir du cas de l’Inde du Sud, qui proposent l’adoption du terme « texture » en alternative au terme genre. On a pu asseoir l’idée qu’aucun genre exclusif n’est assigné à l’écriture de l’histoire, au contraire, le choix d’un genre, à des fins historiographiques, change, en accord avec les temps et les sociétés. Pour ce qui est de l’Afrique, et de l’Afrique Centrale plus spécifiquement, cette lecture s’est avérée particulièrement féconde. C’est pourquoi on a revisité les études de Joseph-C. Miller sur les généalogies historiques, ou musendo du groupe Mbundu, en Angola (ensembles de noms personnels connectés à travers des rapports conventionnels de filiation et d’affinité), dont les propositions sont susceptibles d’être inscrites dans cette perspective. Le décodage de cette tradition orale Mbundu, notamment de sa dimension métaphorique, montre la présence d’un ensemble de marqueurs textuels implicites, que le locuteur et l’auditeur de la communauté d’origine perçoivent presque inconsciemment. Les grandes épopées ou les narrations métaphoriques qui enchaînent titres politiques et mariages entre personnages plus au moins mythiques, renferment une interprétation historique et se donnent à lire avant tout et surtout, comme récits du vécu des peuples, de leurs alliances et de leurs conflits. Par ailleurs, quelques séances furent consacrées à l’Histoire Orale. Maria da Conceição Neto, Professeur à l’Université Agostinho Neto (Luanda, Angola) spécialiste de l’histoire des sociabilités urbaines sur le plateau de Benguela (XXe siècle) a dressé un tableau des discussions théoriques sur la place de l’Histoire Orale dans l’histoire africaine. L’exposé sur sa collaboration à la construction des Archives d’Histoire Orale (Luanda) permit aux étudiants de prendre contact avec un terrain spécifique. Finalement, une réflexion fut entamée sur le statut et la critique des sources coloniales. Ma recherche sur l’œuvre du capucin italien Cavazzi de Montecúccolo, la Istorica Descrizione de’ tré Regni, Congo, Matamba et Angola, publiée à Boulogne en 1687, nourrit une réflexion sur les catégories de visibilité et d’invisibilité, de dicible et d’indicible, de « perception conceptuelle » et de « perception par fragment ». Deux invitées ont collaboré fortement au débat sur la valeur des sources coloniales. Maria Manuel Torrão chercheuse de l’Instituto de Investigação Científica Tropical (Lisbonne, Portugal), spécialiste de l’Histoire du Cap-Vert a exposé les méthodologies de construction de l’histoire de cet Archipel à partir de sources exclusivement coloniales et nous a parlé de son expérience en tant que membre d’un projet de recherche pionnier réunissant des chercheurs cap-verdiens et portugais. Rebecca Scott de l’Université du Michigan, spécialiste de l’Histoire de l’Esclavage et de l’Histoire de l’Atlantique présenta « Dynamiques de la micro-histoire dans le monde atlantique ». À partir de l’histoire d’une famille d’esclaves, d’origine Peul, les étudiants ont pu suivre une recherche qu’ayant comme point de départ un corpus d’archive extrêmement réduit, parvint à reconstituer les histoires de vies de trois générations.
Dans le cadre de mes recherches j’ai fait une mission de recherche aux Archives Nationales de Maputo (Mozambique).
Publications
• « Écrire le pouvoir en Angola. Les archives ndembu (XVIIe-XXe siècle) », Annales HSS, 64e année – 2009/4, Cultures écrites en Afrique, p. 767 à 795.
• « Un monde excessivement nouveau. Les savoirs africains et les savoirs missionnaires dans l’œuvre de Cavazzi di Montecuccoli (Angola XVIIe siècle) », Actes du Colloque, Les Savoirs du missionnaire, Casa Velasquez, Madrid, 2009.
• « Le Scoperte Geografiche », dans Storia d’Europa e del Mediterraneo, sous la dir. d’Alessandro Barbero, Sezione Quinta, L’état moderna (secoli XVI-XVIII), coord. Roberto Bizzochi, vol. XI, Culture, religioni, sapere, Salerno Editrice, 2009.
Dernière modification de cette fiche : 19 mai 2009.
EHESS (Siège)
190-198 avenue de France
75244 Paris cedex 13
Tél : 01 49 54 25 25