2008-2009

Droit des sciences et des techniques

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Jeudi de 19 h à 21 h (salle 3, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 6 novembre 2008 au 28 mai 2009. La séance du 29 janvier est annulée

Dans le cadre du programme d’enseignement intitulé 'Sciences et Etats de droit', je cherche à retrouver les fondements juridiques du droit des sciences et des techniques. Je montre que, par l’étude des normes juridiques et, particulièrement, des législations en cours d’élaboration aux niveaux national, européen et international, on voit se réaliser des projets de société qui ne sont pas forcément cohérents entre eux : une société dite de la connaissance fondée sur l’innovation maximale et la concurrence entre systèmes d’innovation qui ne s’articule pas forcément bien avec la société dite du risque. Les techniques de compromis entre les deux passent par l’élaboration d’une 'économie de la confiance ' toujours mise en défaut. C’est à l’élaboration de l’articulation entre ces différents modèles que l’année 2008 - 2009 sera consacrée.

Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (hebdomadaire)

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Droit et société

Intitulé général : Sciences et État de droit

Renseignements : Marie-Angèle Hermitte

Direction de travaux d'étudiants : contacter Marie-Angèle Hermitte

Niveau requis : indifférent

Adresse(s) électronique(s) de contact : mahermit(at)gmail.com

Compte rendu

Si la loi est toujours votée par le Parlement conformément à la Constitution, si elle est toujours préparée, de facto et partiellement de jure, par le Conseil d’État, acteur essentiel de la législation et de la réglementation, si les normes professionnelles ont une importance considérable, de nouvelles manières de faire sont apparues ou ont pris un essor considérable. Le champ des sciences et des techniques est souvent un laboratoire de ces nouvelles méthodes, qui gagnent ensuite d’autres domaines.
Une présentation générale des évolutions a été faite en insistant sur la procédure des « Grenelle ». Ensuite, deux cas d’application ont été choisis et approfondis.
Le premier a concerné le rôle des associations, non pas sous l’angle du lobbying, question de science politique, mais en référence à la manière dont elles sollicitent des chercheurs pour composer un texte tout prêt qui est généralement le fruit d’une expérience et d’une réflexion de longue durée. L’exemple choisi a été celui de l’association « Sciences citoyennes » qui promeut depuis 2003 l’idée d’une protection juridique du lanceur d’alerte et d’une réforme de l’expertise scientifique. Ce sujet a permis de voir comment la question était venue, via la doctrine, dans l’espace public français, comment le droit s’en était saisi à travers la jurisprudence, comment le monde associatif et certaines franges du monde politique avaient relayé ce travail, comment enfin une version très sommaire avait été inscrite dans le projet de loi dite Grenelle 1.
Le deuxième cas a concerné le rôle des « commissions ad hoc » chargées par le pouvoir exécutif d’entamer une réflexion sur un sujet déterminé. La commission étudiée fut la Commission Veil, investie d’une mission de réflexion sur une éventuelle modification du Préambule de la Constitution de 1948 pour répondre au discours dit de la « politique de civilisation » prononcé par N. Sarkozy en janvier 2008. Le sujet était d’importance puisqu’il concernait, parmi beaucoup d’autres choses, le droit de la bioéthique qu’il s’agissait de réviser. Une inscription de certains principes dans la Constitution aurait pu jouer un rôle important. La séquence discours – commission – projet de révision a donc été analysée.

Publications
• « Qu’est-ce qu’un droit des sciences et des techniques ? », Revue Tracés, Techno, n° 16, 2009.
• « Les trois économies : connaissance, risque et confiance (à propos de la traçabilité des OGM), Annales de la régulation, n° 2, 2009.
• « Les revendications des autochtones sur leurs ressources et leurs connaissances Économie du partage ou biens souverains ? », sous la dir. de F. Bellivier et Ch. Noiville, « La Bioéquité. Batailles autour du partage du vivant », Autrement, coll. « Frontières », mars 2009.
• « La bioéthique et la constitution française – Interrogations de privatistes sur les modèles constitutionnels contemporains », sous la dir. de C. Byk, La constitution face au défi de la bioéthique, Les Études hospitalières, « Les cahiers du droit de la santé du Sud-Est », 2008, p. 57–83.
• L’approche romanesque des prélèvements d’organes, NSS, 2009.

Dernière modification de cette fiche : 28 janvier 2009.

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