2008-2009

Le holisme et la méthode comparative. Morphologie, parenté, localité, échanges (groupe de travail en anthropologie sociale)

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Mardi de 18 h 30 à 20 h 30 (salle 214, 54 bd Raspail 75006 Paris), du 18 novembre 2008 au 16 juin 2009

Ce séminaire à vocation généraliste s’inscrit dans une tradition d’anthropologie et de sociologie comparative pour en actualiser la pertinence, en renouveler les objets, en complexifier les enjeux. Il associe la reconnaissance singulière de faits concrets observés dans l’enquête de terrain à une problématique respectueuse de la nature holiste et du tout du social. Il accueille les présentations de recherches en cours d’élaboration, leur associant celles de travaux plus avancés et celles de discussions conscrées à l’analyse d’ouvrages récents. Il reste particulièrement attentif à l’histoire intellectuelle et critique des différentes écoles et traditions nationales de la discipline. Autant de mises en perspective qui s’attacheront à faire comprendre la présence et les implications d’une ordonnance hiérarchique aujourd’hui reniée par tous les attendus du sens commun. La comparaison s’y développera dans l’esprit de propositions initialement maussiennes augmentées des ouvertures et des approfondissements qu’en proposait la sociologie comparative de Louis Dumont.

Mots-clés : Anthropologie,

Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (hebdomadaire)

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie

Intitulé général : Groupe de travail en anthropologie sociale comparative

Renseignements : Inscriptions sur dossier et après rendez-vous avec l'un des responsables.

Direction de travaux d'étudiants : Sur rendez-vous

Réception : Sur rendez-vous auprès de l'un des responsables

Niveau requis : Formation souhaitable en ethnologie ou expérience confirmée dans l'une des disciplines de sciences sociales.

Adresse(s) électronique(s) de contact : jcgaley(at)ehess.fr

Compte rendu

Le séminaire a été centré essentiellement sur des questions de méthodologie et de comparaison à partir de l’analyse de textes ou de données de chercheurs, recueillies sur leur terrain.
Avec d’abord la présentation de deux textes « L’introduction » aux Nuer, de L. Dumont et « Des relations et des morts », de C. Barraud, D. de Coppet, A. Iteanu, R. Jamous, qui permettent de faire le point sur les courants et les méthodes en anthropologie sociale : échanges, comparaison, parenté et politique (A. Thi-huu-van Nguyen et G. Facal, M1, EHESS), puis deux exposés sur les modes de classifications en Bretagne et à Wallis (S. Laligant, maître de conférences à l’Université François-Rabelais de Tours, Sophie Chave-Dartoen, maître de conférences à l’Université Bordeaux-II) pour montrer d’une part la relativité des catégorisations et la possibilité de leur ordonnancement hiérarchique et d’autre part la combinaison, dans un univers avant tout social, des formes de catégorisation, des modes de classification et de la valeur. Plusieurs textes sur la problématique de la couvade ont été présentés en contraste avec des données de terrain qui déplacent le sens de l’institution vers le couple dans sa relation à la société (C. Le Carrer, Costa-Rica).
Sur des questions de parenté, cinq exposés ont conduit à réfléchir sur la parenté comme logique qui sert à construire des systèmes symboliques, sur le vocabulaire de parenté comme expression abstraite de la logique des échanges, sur les interprétations possibles des usages des termes d’un vocabulaire (extension ou spécialisation), sur la relation des classes d’âge à la parenté (K. Hamberger, D. Bretteville, I. Moya, L. Gabail).
Deux exposés ont traité de la relation à la terre et des notions d’inaliénabilité et d’aliénabilité L’inaliénabilité est mise en question quand la valeur n’est pas attribuée à la terre mais aux échanges de biens aliénables qu’elle induit. L’inaliénabilité de la terre ne témoigne pas de sa possession ou de sa propriété mais d’une relation hiérarchique dans laquelle sont engagés ceux qui en sont à la fois les gardiens et les serviteurs (A. Schneider, A. Iteanu).
On s’est intéressé ensuite à la relation de rituels dits traditionnels avec un système global, régional ou national, où se mêlent les principes de religions universalistes et les aspirations politiques. L’opposition local/global, un peu galvaudée, ne suffit pas à rendre compte de la combinaison de configurations de valeurs contrastées, les recherches ne font que commencer (H. Zwingelstein à propos de la fête taurine espagnole, C. Barraud à propos des conflits récents aux Moluques, R. W. Hefner, professeur à l’Université de Boston à propos du Pentecôtisme et des courants revitalistes Islamiques en Indonésie).
Souhaitant manifester sa solidarité au mouvement d'opposition aux « réformes » proposées par les Ministère de la recherche et de l'Enseignement supérieur et celui de l'Éducation nationale concernant le statut des enseignants- chercheurs, l'avenir des établissements de recherche, l'aide aux doctorants et les futures carrières, le séminaire a consacré plusieurs séances du printemps à une réflexion institutionnelle « Changeons le programme ! » pour analyser l'origine et les effets de ces « réformes » sur la place du savoir dans notre société, le rôle qu'elles semblent vouloir assigner aux chercheurs et l'incidence particulière qu'elles font courir sur le futur de disciplines comme l'anthropologie sociale.

Dernière modification de cette fiche : 24 novembre 2008.

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