2008-2009

Évolution, objets, techniques et cultures

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

De 10 h à 17 h (EHESS-Marseille, centre de la Vieille-Charité, 2 rue de la Charité 13002 Marseille), du 13 janvier 2009 au 16 janvier 2009

Introduction à l’histoire biologique, préhistorique et historique des sociétés humaines pour laquelle nous mobilisons les connaissances de l’éthologie animale et de la psychologie évolutive afin d’expliciter quelques-unes des grandes questions des sciences humaines (origines de la technique, fondements de la socialité, rapport entre invariants comportementaux et invariants socioculturels, rapports entre évolution biologique et évolution culturelle, …).

Introduction au champ d’étude des techniques et aux différentes approches de l’anthropologie des objets et des techniques et aux principaux courants théoriques s’intéressant à la dynamique des faits techniques et culturels. La visée de ce séminaire est délibérément interdisciplinaire mais focalisée sur les systèmes techniques et leurs pratiques de transmission.

Aires culturelles : Afrique, Europe, Océanie,

Suivi et validation pour le master : Semestriel

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie

Intitulé général : Anthropologie évolutionnaire

Renseignements : Renseignements : SHADYC, tél : 04 91 14 07 58 ; EHESS-Marseille, tél : 04 91 14 07 29

Direction de travaux d'étudiants :

Réception : Réception : sur rendez-vous

Niveau requis : Sur projet de recherche ou en auditeur libre

Site web : http://www.vcharite.univ-mrs.fr/shadyc/joulian.html

Adresse(s) électronique(s) de contact : Frederic.Joulian(at)ehess.fr

Compte rendu

Cette année, le séminaire a été concentré sous la forme d’un atelier de recherche et d’enseignement collectif, puis de séminaires conjoints avec le département d’anthropologie de l’Université College de Londres, le département d’anthropologie de l’Université Libre de Bruxelles et le GDRI du musée du quai Branly. Le séminaire a rapproché deux ensembles d’objets de recherches distincts, les premiers portant sur le phénomène culturel considéré dans son histoire longue et dans ses rapports aux sciences de la nature (Évolution, natures et cultures), le second s’attachant à décrypter les pratiques humaines dans leurs relations à la matérialité (Objets, techniques et cultures).
Pour mettre en œuvre ces deux axes, nous avons revisité les approches phylogénétiques et synchroniques des faits sociaux telles qu’elles ont été lancées au début des années 1970 et telles qu’elles peuvent être redéfinies aujourd’hui au regard des apports et remaniements innombrables que nous observons dans les sciences de la nature et dans les sciences de l’homme.
Ces journées d’étude et d’enseignement s’inscrivent dans le cadre d’une collaboration scientifique entre l’EHESS Marseille, le département d’anthropologie de l’Université Libre de Bruxelles et le département d’anthropologie de l’Université College de Londres. De façon générale, ces journées ont porté sur une réflexion transdisciplinaire sur les rapports entre objets, techniques et cultures et sur les rapports socio-techniques à la nature et aux animaux. Elles poursuivent le travail de structuration du champ « Techniques et Natures » que nous coordonnons maintenant depuis 2005 à Marseille, d’abord en deux domaines, puis en une unité double. Elle sera redéployée l’an prochain sur la base des recherches que nous engageons au Centre Norbert-Elias et dans le cadre d’actions menées à la revue Techniques&culture.
Quatre journées d’exposés et de débats ont présenté deux ouvrages publiés et sous presse et deux projets de recherche et d’édition en cours dans le cadre de la revue Techniques&culture et dans un projet de collection que nous mettons en place avec la Maison des sciences de l’homme. Les étudiants et chercheurs ont eu en primeur l’état de l’art en matière de techniques et de pratiques tant en anthropologie, archéologie, sociologie ou histoire de l’art. Nous avons mis l’accent sur une « anthropologie des objets et des techniques » en faisant intervenir exemples océaniens, africains européens et nord-américains.
L’enseignement de l’année 2008-2009 a porté sur les processus évolutifs et le phénomène culturel dans le temps long et sur les dispositifs techniques dans le temps et l’espace intitulé cette année : « Évolution, objets, techniques et cultures ». L’enseignement s’est déroulé à Marseille, Bruxelles, Paris et Kyoto.
Les journées de janvier ont repris de front la question du mélange assumé des perspectives évolutionnaires et comparatives et débattu de la question du réductionnisme dans les sciences du comportement et les sciences de l’homme. Il a donné lieu à la publication d’un numéro de T&C sur « Les Natures de l’Homme » (reprise par des collègues de l’INRA lors du colloque EHESS-INRA sur le comportement auquel nous avons donné un exposé sur la question de l’Évolution et du Comportement). Plusieurs aspects furent déclinés tant sur la définition de l’humain (telle qu’elle apparaît dans la tension entre discours scientifique et discours médiatique) que sur la question de l’animal et de la nature « mis en réserve » dans les jardins zoologiques ou dans les parcs naturels avec les problèmes politiques et anthropologiques suscités par de telles situations. Ce débat a donné lieu à des interventions de Valeria Siniscalchi (EHESS), Suzanne de Cheveigné et Georges Guille-Escuret (CNRS).
Nous avons ensuite invité une chercheuse en anthropologie, Anne Monjaret (CNRS), à nous décrire son parcours alternatif entre sociologie des usages et anthropologie des techniques, intervention qui a lancé un débat très animé sur les chemins de traverses nécessaires lorsque l’on veut sortir des carcans institutionnels (ceux des musées comme ceux des laboratoires monodisciplinaires).
Le second thème des journées, co-piloté par notre collègue Olivier Gosselain s’est également fondé sur un numéro en cours de la revue T&C et sur la synthèse de plusieurs années de recherches menées sur les terrains africains et européens en matière de transmission culturelle, intitulé « Nouveaux regards sur les dynamiques culturelles ». Cette journée, et la suivante : « 20 objets pour repenser les pratiques en anthropologie » ont été l’occasion de faire un état des lieux sur les questions de diffusion de mots, d’objets, de techniques, de savoir-faire et de casser ces nouvelles « essentialisations » de la culture matérielle en réintroduisant les contextes sociaux et historiques, mais aussi, en mettant en application les cadres d’analyse de Wenger et Lave (sur les communautés de pratiques notamment). Les mises en commun d’objets et le travail expérimental auquel nous nous livrons visent à un « anti-manuel » d’anthropologie des objets, conçu sur la base d’un croisement d’objets réels et de méthodes d’analyses des plus diverses. Ont participé à cet atelier – poursuivi deux mois après, par un autre, à Bruxelles – des chercheurs parisiens, bruxellois et marseillais dans le cadre d’un projet franco-belge « Tournesol » (O. Gosselain, R. Zeebroek, J.-M. Decroly, L. Legrain, C. Bouchat, B. D’Hainault, G. Bartholeyns (ULB), I. Sénépart (CEPAM), L. Coupaye (CREDO), P-O. Dittmar (GAHOM), T. Golsenne (Université Aix-Marseille-I/Provence), S. de Cheveigné (Centre Norbert Élias).
Le troisième thème de ces rencontres (co-piloté par Gil Bartholeyns, Nicolas Govorof) revint sur un problème théorique et méthodologique à destination des étudiants et de chercheurs d’autres disciplines : celui de la chaîne opératoire. En effet, cet instrument d’analyse de l’activité (initié par Leroi-Gourhan et R. Cresswell notamment), constitue un des cadres opératoire les plus en vogue en technologie culturelle ou en archéologie. Il est maintenant fortement utilisé dans le monde anglophone, mais nécessite d’être revisité de façon critique après différentes « réinventions », parfois fécondes, parfois scolaires. Sont intervenus et ont participé aux débats D. Morel (Université de Clermont-Ferrand), P. Lemonnier (CNRS), N. Schlanger (INRAP) L. Coupaye (CREDO), O. Gosselain (ULB), M-C. Mahias (CNRS), S. D’Onofrio (Université de Palerme).
La quatrième rencontre, organisée en collaboration avec Ludovic Coupaye, Pierre Lemonnier (CREDO), J-P. Demoule (Université Paris-I/Panthéon-Sorbonne) et Laurence Douny (Université College de Londres) s’est déroulée en association avec le séminaire « Culture Matérielle » (du musée du quai Branly) autour d’un dialogue Franco-Anglais en matière de technologie culturelle (francophone) et d’anthropologie de la consommation (anglophone). Nous avons réuni les principaux acteurs des deux courants et initié une opération de dialogue et de croisement des idées et approches faisant apparaître une proximité intellectuelle plus grande que nous ne l’imaginions, mais aussi, des contextes académiques et des façons de faire de la science relativement distinctes. Ces deux rencontres internationales intitulées : « Dans la trajectoire des choses. Culture matérielle et technologie dans les traditions britannique et française » et « Material culture studies, technologie culturelle une question de style ? » ont permis d’écouter et débattre avec Michael Rowlands, Susanne Küchler, D. Miller, V. Buchli, E. Sanabria, Myriem Naji, Graeme Were (Université College de Londres), M. Akrich (Centre de sociologie de l’innovation), F. Sigaut (EHESS), N. Schlanger (INRAP), M-C. Mahias, S. de Cheveigné (CNRS), I. Sénépart, D. Dupuy, J-P. Warnier (Paris-V/Descartes), B. Martinelli (Université Aix-Marseille-I/Provence). Je renvoie les lecteurs aux publications pour le détail des interventions. Elles paraîtront en 2009-2010 dans le « Journal of material culture » et dans la revue Techniques&culture sous le titre « Technologies ».
Mon enseignement sur les questions d’hominisation et le rapport aux animaux et à la nature, « Techniques et cultures animales » s’est ensuite déroulé à Bruxelles dans le cadre de l’enseignement « Anthropologie des dynamiques culturelles » (dir. O. Gosselain) puis au Japon dans le cadre d’une invitation de quatre mois de recherche et d’encadrement d’étudiants en anthropologie et en éthologie. Sous le titre « De la préhistoire à l’éthologie, de l’éthologie à l’anthropologie : les natures compliquées de l’homme » j’ai repris les principales avancées théoriques et découvertes de terrain que nous avons réalisé depuis une dizaine d’années au sein du PRI « Évolution, natures et cultures » de l’EHESS. Ce séjour a concrétisé une collaboration avec Gen Yamakoshi (ASAFAS, Kyoto) et initié des co-encadrements d’étudiants, deux rencontres scientifiques l’une à Marseille, l’autre à Kyoto sont prévues pour 2010.

Dernière modification de cette fiche : 24 novembre 2008.

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