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1er et 3e vendredis du mois de 11 h à 13 h (salle 7, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 7 novembre 2008 au 3 avril 2009
Comment émergent de nouveaux arguments dans l’espace public ? Quelles épreuves doivent-ils subir pour être jugés acceptables, passer d’une arène à l’autre et entrer dans la liste des évidences partagées ? Les épreuves portent-elles plutôt sur le contenu des arguments ou sur les acteurs qui les soutiennent ? En étudiant les formes et les trajectoires empruntées par les alertes, les controverses et les affaires, on discutera les cadres d’analyse disponibles pour décrire les jeux d’acteurs et d’arguments, saisis dans leurs transformations successives. En opérant un retour critique sur les apports des sociologies pragmatiques, des travaux sur la démocratie participative, des théories de l’argumentation et des « sciences studies », on examinera les évolutions récentes des débats et des mobilisations suscités par des dossiers comme le nucléaire, les OGM ou les pesticides, les nanotechnologies ou les champs électro-magnétiques, ainsi que l’ensemble des causes collectives qui engendrent de nouvelles « stratégies argumentatives » dans l’espace politique.
6 mars 2009 : [Dans le cadre du mouvement de mobilisation pour l'enseignement supérieur et la recherche, l'opération "Changeons le programme" propose une série de débats et d'interventions à propos des différents aspects des « réformes » en cours ], Francis Chateauraynaud et Josquin Debaz, « Portrait du chercheur en hypersensible. Du monde sensible à la représentation publique, ou comment les sciences sociales comprennent les expériences ordinaires et extraordinaires »
Mots-clés : Droit, normes et société, Environnement, Mouvements sociaux, Politique, Santé, Sciences, Sociologie,
Aires culturelles : Europe,
Suivi et validation pour le master : Semestriel
Domaine de l'affiche : Sociologie
Intitulé général : Modèles sociologiques pour l'analyse des processus de mobilisation
Renseignements : GSPR, 131 bd Saint-Michel 75005 Paris, tél : 01 53 10 53 87
Direction de travaux d'étudiants : 1er et 3e vendredis après-midi sur rendez-vous, entre 15 h et 17 h
Niveau requis : séminaire accessible à partir du master 1
Site web : http://gspr.ext.free.fr
Adresse(s) électronique(s) de contact : chateau(at)msh-paris.fr
Comment émergent de nouveaux arguments dans l’espace public ? Quelles épreuves doivent-ils subir pour être jugés acceptables, passer d’une arène à l’autre et entrer dans la liste des évidences partagées ? Les épreuves portent-elles plutôt sur le contenu des arguments ou sur les acteurs qui les soutiennent ? En étudiant les formes et les trajectoires empruntées par les alertes, les controverses et les affaires, le séminaire a poursuivi l’examen des cadres d’analyse disponibles pour décrire les jeux d’acteurs et d’arguments, saisis dans leurs transformations successives. Les différentes séances ont surtout été l’occasion d’opérer un retour critique sur les apports des sociologies pragmatiques, des travaux sur la démocratie participative, des théories de l’argumentation et des sciences studies. Les quatre premières séances ont été animées par Francis Chateauraynaud et Jean-Michel Fourniau autour des problèmes théoriques posés par l’étude des trajectoires des controverses et des mobilisations collectives. Une attention particulière a été portée aux moments de tensions entre l’organisation de débats publics et l’orientation des acteurs vers le conflit. Les formes d’ancrage des acteurs dans des milieux et les difficultés qu’ils éprouvent pour rendre intelligibles des formes d’expérience non partagées ont donné lieu à de nouvelles propositions permettant l’articulation des formes de vie, des modes d’argumentation et des systèmes de valeurs. C’est en se situant dans cette problématique générale des émotions en argumentation que Raphaël Micheli (Université de Lausanne) s’est attaché à montrer, à partir d’une analyse argumentative sur la longue durée, comment différentes formes du pathos ont été développées dans les débats parlementaires français sur l’abolition de la peine de mort (XVIIIe-XXe siècle). Cherchant à approfondir le thème de la discorde, et plus particulièrement ce qu’il nomme la sidération idéologique, Gregory Corroyer (doctorant, Université Paris-III/Sorbonne nouvelle) a quant à lui présenté un cadre théorique d’analyse des différends politiques prenant acte des manières radicalement différentes dont les normes dialogiques sont réinterprétées par des protagonistes voués à l’incommunicabilité, à l’image des dialogues de sourds dépeints par Marc Angenot. Dans une optique différente, Loïc Blondiaux (Université Paris-I/Panthéon-Sorbonne) a réinterrogé le statut de la référence au « profane » dans les dispositifs participatifs contemporains. Approfondissant la formation d’expressions publiques incommensurables Francis Chateauraynaud et Josquin Debaz (GSPR-EHESS) ont exploré les trajectoires empruntées par les électrohypersensibles, qui, à l’instar d’autres catégories de « populations sensibles », ont surgi récemment dans les controverses métrologiques et les mobilisations collectives autour des champs électromagnétiques. Stéphanie Lacour (CECOJI, CNRS) a examiné les tensions juridiques suscitées par les nanotechnologies appliquées aux nouveaux outils de la « société de surveillance », en particulier les débats portant sur la régulation éthique et juridique de l’« ubiquitous computing ». Enfin, revenant sur les concepts fondamentaux de la philosophie politique et leurs conséquences pour les modèles d’action collective en démocratie, Bruno Bernardi (philosophe) a interrogé le concept de la publicité porté par l’idée de société civile.
Dernière modification de cette fiche : 4 mars 2009.
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