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2e et 4e lundis du mois de 15 h à 17 h (salle 5, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 24 novembre 2008 au 25 mai 2009. Pas de séminaire les 9 et 23 février
Poursuite de la réflexion sur les phénomènes de transterritorialisation, en prenant comme objet d’analyse le processus de naissance, d’affirmation et de transformation du panafricanisme. Ce courant d’idée a exercé une notable influence sur les valeurs, les utopies et les principes d’organisation des mouvements d’émancipation des populations africaines et afrodescendantes à l’aune de l’intensification des flux cosmopolites entre l’Afrique, les Amériques et l’Europe. En effet, si les processus de colonisation et de domination impérialiste ont mis en place des espaces clos, en établissant des frontières, celles-ci ont paradoxalement conduit à une accentuation de la circulation des hommes et, par conséquent, des idées et des pratiques. Le séminaire se propose de donner une perspective d’ensemble du mouvement panafricaniste et, en même temps, de mettre l’accent sur les interactions entre les divers espaces africains et transatlantiques.
Mots-clés : Anthropologie, Coloniales (études), Histoire, Historiographie, Mouvements sociaux, Politique, Savoirs, Sociohistoire, Spatialisation, territoires,
Aires culturelles : Afrique, Amérique du Sud, Atlantiques (mondes), Contemporain (anthropologie du, monde), Transnational/transfrontières,
Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)
Domaine de l'affiche : Histoire - Histoire et civilisations de l'Afrique
Intitulé général : L'Afrique noire du XIXe siècle à nos jours
Renseignements : Secrétariat du Centre d’Etudes Africaines, 96 bd Raspail 75006 Paris, tél. : 01 53 63 56 50.
Direction de travaux d'étudiants : Lundi après-midi.
Réception : Elisabetta Maino Tél. 06 73 80 71 95
Site web : http://ceaf.ehess.fr
Adresse(s) électronique(s) de contact : elisa.maino(at)wanadoo.fr
L’ouverture de ce séminaire répond, outre les intérêts de recherche particuliers de ses animateurs, au souci d’élucider une sorte de paradoxe : d’une part, nous assistons, depuis une décennie au moins, à une accélération des dynamiques et processus d’intégration en Afrique, qui ont vu la problématique de l’« Union africaine » succéder à celle de l’« Unité africaine » ; d’autre part, les travaux de recherches restent trop peu nombreux sur une question que ses dimensions intellectuelles, politiques, artistiques propulsent au premier plan des préoccupations des Africains d’aujourd’hui, mais aussi des « Afrodescendants ». La voix de ces derniers et leurs revendications, un peu partout – aux Amériques, mais aussi en Europe, voire au Moyen-Orient – posent, au plan politique, mémoriel et historique la question des articulations entre les dynamiques intégratrices en Afrique et celles des formes d’association entre les « diasporas africaines » et ces processus intégrateurs survenant en Afrique même. En même temps, il est apparu que ces débats, qui mobilisent et agitent des activistes universitaires, intellectuels, artistiques et politiques dans les diverses parties du « monde noir », restent très mal connus en France. L’ambition du séminaire a donc été, au cours de cette année, à la fois pédagogique et heuristique : nous nous sommes préoccupés de revenir sur les étapes bien constituées de l’histoire du panafricanisme, d’en discuter les acquis et d’en jauger quelques présupposés. Sans aller jusqu’à évaluer la validité de cette historiographie (une entreprise sur laquelle nous nous proposons de revenir), nous en avons examiné et interrogé certaines tendances et quelques acquis.
Le séminaire a démarré par la problématisation du panafricanisme, faisant apparaître qu’il s’agit d’un concept dont le contenu et les significations se sont diversifiés au cours du temps.
La proposition analytique avancée est de l’envisager comme un mouvement d’idées surgies au croisement de deux phénomènes historiques qui ont marqué le xixe siècle : d’une part, la question posée par les Afrodescendants eux-mêmes au sujet de leur place dans les sociétés post-esclavagistes ou de la possibilité de leur retour dans le continent d’origine ; d’autre part, les processus de résistance engendrés par l’occupation coloniale de l’Afrique.
Nous avons ainsi retracé le cadre de ces migrations forcées et volontaires dans l’espace large de l’Atlantique (Canada/Grande Bretagne ; Grande-Bretagne/Afrique (Sierra Leone) ; États-Unis/Afrique (Liberia et ailleurs) ; Brésil/Portugal/Afrique ; etc.), en les situant dans l’histoire sociale des luttes contre l’esclavage et de la production de l’idée de races et de l’antiracisme.
C’est dans ce contexte qu’« être Noir » a cessé d’apparaître seulement comme une identité assignée pour devenir aussi une identité réappropriée et même revendiquée, appartenance dont la référence à l’origine africaine se double ou alors se superpose à la revendication d’une altérité spécifique, question dont l’actualité a été mise en perspective à travers les débats suscités par l’élection de Barak Obama à la présidence des États-Unis et par le CRAN( Conseil représentatif des associations noires) en France. Nous avons consacré plusieurs séances à l’étude des figures fondatrices des idées panafricanistes, Edward Wilmot Blyden (1832-1912), Martin Delany (1812-1885), Booker T. Washington (1856-1915), W.E.B. Du Bois (1868-1963). Le séminaire a reçu Maria Conceçao Neto (Université Agostinho Neto de Luanda (Angola), qui est intervenue sur « Le panafricanisme en Angola ».
Dernière modification de cette fiche : 9 février 2009.
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