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Vendredi de 9 h à 11 h (salle 505, 54 bd Raspail 75006 Paris), du 21 novembre 2008 au 3 avril 2009. Séances supplémentaires les mardis 31 mars et 7 avril, de 13 h à 16 h (même salle)
Les vingt dernières années ont vu se développer de nombreuses études sur la manière dont interagissent et se coordonnent les personnes sur le site de leurs engagements personnels et professionnels. Si ces recherches partagent une forte orientation ethnographique (marquée en particulier par un recours croissant aux données vidéo), voire même manifestent un véritable « tournant ethnographiques », elles reposent sur des types d’analyses théoriques, des modalités de recueil de données et traitement des situations (en particulier en ce qui concerne l’empan temporel pertinent pour l’analyse) très différents : ethnométhodologie et théorie de l’action située, cognition distribuée, théorie de l’activité, théorie de l’acteur-réseau et sociologie des sciences et des techniques, cognition distribuée, théorie de l’activité, ethnométhodologie, analyse de conversation et théorie de l’action située, pragmatique des régimes d’action, etc. Un des buts de cette charge d’études est de dépasser la connaissance souvent partielle et fragmentaire de ces différentes perspectives sur les théories de l’activité pour en dresser un tableau d’ensemble, et dessiner certaines lignes de fracture qui sont à l’origine de recherches très actuelles sur le plan internationale.
Le cours de cette année a visé d’une part à effectuer cette mise en perspective à travers une présentation contrastée de ces diverses théories (qui sert aussi de mise à niveau pour le public étudiant), et de l’exploration un peu plus poussée des problèmes que posent les notions de performance, de performativité et de performation. Le temps a manqué pour développer plus profondément l’analyse de conversation et l’action située, et passer de la discussion des théories vers celle des données empiriques concrètes, en particulier de type vidéo. L’objectif d’une seconde année serait donc double. D’une part de reprendre et affiner la mise en perspective contrastée d’un ‘carré de l’activité’ que dessinent la sociologie des sciences et des techniques, la cognition distribuée, la théorie de l’activité et l’ethnométhodologie, afin d’assurer une mise à niveau pédagogique des participants, tout en poussant plus l’analyse de questions transverses comme le traitement des artefacts et le rapport au changement et au développement. D’autre part d’introduire dans plusieurs séances un travail d’analyse collective de type ‘data session’ portant sur l’analyse d’enregistrements vidéos dans des contextes d’activité diversifiées, depuis la mobilité urbaine jusqu’au tribunal, impliquant des formes de communication à distance. Il s’agira d’insister plus particulièrement sur l’organisation séquentielle des activités, la construction dynamique de formats de participation multiples, les procédures de gestion des contextes d’action proximaux et distants, et plus généralement de comprendre comment s’articulent dans les situations les horizons temporels différents qui caractérisent un système d’activité donné.
On cherchera enfin à dégager de ces différentes data sessions une réflexion plus globale sur les formes de l’engagement et de la ‘présence’, et la manière dont ceux-ci apparaissent comme la conséquence d’un travail interactionnel ajusté.
Programme du cours (sur une base prospective de 13×2 heures)
La sociologie de l’innovation : la théorie de l’acteur-réseau et le traitement des objets techniques en STS, + étude de cas sur un objet « ordinaire » (4 heures)
Performativité, performance et performation + étude de cas sur une bande vidéo (4 heures)
La théorie de la cognition distribuée et le principe de l’allégement cognitif (2 heures)
La théorie de l’activité (2 heures)
La sociologie microécologique de Goffman (2 heures)
Les principes de l’ethnométhodologie (2 heures)
Introduction à l’analyse de Conversation (4 heures), études de cas concrètes sur des enregistrements audio et vidéo (2 heures)
L’action située, avec études de cas sur données vidéo (4 heures)
Mots-clés : Histoire des sciences et des techniques, Sociologie, Techniques, Travail,
Aires culturelles : Europe,
Suivi et validation pour le master : Semestriel
Domaine de l'affiche : Sociologie
Adresse(s) électronique(s) de contact : christian.licoppe(at)telecom-paristech.fr
Ce séminaire a cherché à mettre en forme les différents courants de recherche qui se réclament d’un « tournant de la pratique » et visent à développer des approches empiriques de l’activité telle qu’elle se fait. Dans la mesure où celles-ci reposent sur des types d’analyses théoriques, des modalités de recueil de données et traitement des situations (en particulier en ce qui concerne l’empan temporel pertinent pour l’analyse) très différents, le séminaire les a présentées successivement, tout en s’efforçant au fur et à mesure que le cours progressait de les faire dialoguer entre elles, afin à la fois d’en mieux cerner les limites et de faire émerger des questions actuelles de recherches souvent situées en lisière de ces approches constituées. Le cours a ainsi successivement traité : la théorie de l’acteur-réseau et la sociologie des sciences et des techniques, sous sa forme classique, en insistant tout particulièrement sur les développements plus récents concernant les questions de pragmatique du jugement et du goût, ou encore les questions de performativité ou de performation ; la théorie de la cognition distribuée, sous son versant design et conception (à travers les notions d’« affordance » et d’enchaînement perception/action), et sous l’angle plus anthropologique d’une cognition collective en action, selon le modèle de la distribution développé par Hutchins. On a remis en perspective l’évolution et les hésitations de Norman sur le concept d’affordance et son champ d’application ; la psychologie de l’activité, depuis les travaux initiaux de l’école de Vygotsky jusqu’à la manière dont, dans des travaux anglo-saxons et scandinaves, elle s’étend au traitement des collectifs et des organisations en action. Le temps a manqué pour traiter directement l’ethnométhodologie, l’analyse de conversation et la théorie de l’action située. Ceux-ci ont été abordés à travers l’effort fait cette année pour illustrer ces différentes approches par différentes études de cas empiriques, appréciées par les étudiants, portant sur des donnés de types « workplace studies » (cadres au travail, procès d’assises).
Transversalement, on a insisté sur la diversité des approches empiriques (entretiens, analyse de corpus, verbalisations et auto-confrontations, enregistrement de données « naturelles » audio ou vidéo), et sur des thèmes de recherche plus actuels auxquels ces différents courants contribuent de manière différente, en particulier les questions de performativité, de performance et de performation. J’ai enfin profité de l’invitation par l’École du professeur John Havilland (University of California, San Diego), pour faire une séance supplémentaire conjointe avec lui sur les usages de la vidéo pour différents types d’approches sociologiques et ethnographiques.
Dernière modification de cette fiche : 9 mars 2009.
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