2008-2009

Construire une histoire de la santé publique : histoire de la Croix-Rouge française, du service de santé auxiliaire de l’armée à l’entrepreneur de philanthropie et d’intervention sociale.

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Mardi de 15 h à 17 h (salle 4, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 18 novembre 2008 au 16 juin 2009. Pas de séminaire les 6 et 20 janvier

Au cours du premier semestre, le séminaire fera le point sur plusieurs grands dossiers de l’histoire de la santé publique renouvelés par la recherche récente, en particulier la transition épidémiologique et sanitaire, la remise en perspective de la thèse de McKeown, les inégalités sociales de santé, les processus de prise de décision dans le domaine de la santé publique (XIX-XXe siècles).

Le second semestre sera consacré à la présentation d’une recherche en cours sur l’histoire de la Croix Rouge française. La première Société de secours aux blessés militaires (1866), ainsi que les deux autres sociétés de Croix Rouge créées peu après -l’Association des Dames françaises (1879) et l’Union des Femmes de France (1881)-, élargissent peu à peu leurs domaines d’intervention aux catastrophes naturelles puis aux questions sanitaires et sociales (elles participent à la création des premiers dispensaires et des établissements d’hébergement). Elles constituent aussi un potentiel essentiel dans la lutte contre la tuberculose entre les deux guerres et jouent un rôle moteur dans la professionnalisation des carrières sanitaires et sociales.

Au cours de ce semestre, quatre dossiers seront plus précisément traités :

  • les logiques du processus de passage des activités liées à l’évènement militaire vers les chantiers civils, sanitaires et sociaux ;
  • l’investissement dans la formation des personnels sanitaires ;
  • la Croix Rouge française pendant l’Occupation ;
  • les Sociétés de Croix Rouge initiatrices du mouvement humanitaire actuel.

12 mai 2009 : Richard Rodger, professeur à l’Université d’Edinburgh, invité à l’EHESS, Policing public health, Scotland 1800-1860


 

Mots-clés : Histoire, Santé,

Aires culturelles : Europe, France,

Suivi et validation pour le master : Semestriel

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Histoire - Histoire et civilisations de l'Europe

Intitulé général : Population, épidémies, santé

Renseignements : auprès du secrétariat du Master SPPS Maria-Teresa.Pontois(at)ehess.fr Xhensila.Lachambre(at)ehess.fr Tel: 01 49 54 24 36

Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous

Réception : Maria-Teresa.Pontois(at)ehess.fr Xhensila.Lachambre(at)ehess.fr Tel: 01 49 54 24 36

Niveau requis : enseignement ouvert aux étudiants de master 2 et aux étudiants ayant présenté un projet de recherche écrit au directeur d'études

Adresse(s) électronique(s) de contact : Maria-Teresa.Pontois(at)ehess, Xhensila.Lachambre(at)ehess.fr

Compte rendu

Du fait de l’accueil en mobilité des étudiants européens du master Erasmus Mundus PhoenixEM Dynamics of Health and Welfare au premier semestre, les mises au point historiographiques et thématiques ont été concentrées au cours des mois de novembre, décembre et janvier. Le second semestre de l’année a été consacré à l’échange avec des chercheurs étrangers ainsi qu’à la présentation et à la discussion des recherches en cours du directeur d’études.
Au-delà de cette partition chronologique, le projet poursuivi a été, comme l’an passé, la mise en place d’un questionnaire propice à la construction d’une histoire de la santé publique qui prenne en considération aussi bien l’évolution des savoirs que les politiques sanitaires à leurs différentes échelles et les dynamiques créées par l’action des professions médicales, les initiatives publiques et les réactions de la population (en particulier pour les XIXe et XXe siècles).
Au cours du premier trimestre, les dossiers suivants ont été présentés sur une ou deux séances : l’évolution de l’histoire de la santé depuis les années 1960, la transition épidémiologique et sanitaire (modèle classique et mises en cause récentes), la thèse de McKeown (statut de la preuve et discussion récente). Claire Scodellaro (post-doc à l’INED) a présenté une contribution à la discussion de la théorie de la transition épidémiologique ainsi qu’à celle de McKeown grâce à la mise en évidence de générations françaises du début du xxe siècle qui ont connu une diminution moindre de la mortalité à partir de soixante ans que les générations encadrantes. Frédéric Vagneron, doctorant-allocataire, a donné une profondeur au débat actuel sur le danger de la grippe en revenant sur les façons dont l’épidémie de grippe espagnole et les suivantes ont été traitées par les historiens. L’histoire des tentatives de régulations sanitaires internationales depuis la fin du IXe siècle a également été présentée en regard du développement de la transition épidémiologique et des épidémies nouvelles. Enfin, les nouvelles recherches sur l’entre-deux-guerres ont été exposées et discutées. Les étudiants de master en mobilité ont ainsi pu quitter le séminaire munis d’un dossier étoffé sur un ensemble de thématiques reliées entre elles, constituant la base des connaissances et des hypothèses actuelles qui renouvellent le domaine.
Au cours du second semestre, les participants au séminaire ont pu bénéficier des conférences de plusieurs collègues étrangers, invités à l’EHESS : Renzo Derosas (Université de Venise) a présenté les résultats de ses recherches récentes sur l’effet de la malnutrition et des conditions de froid hivernal sur la mortalité néonatale ; Elizabeth Hurren (Université d’Oxford Brookes) a développé ses recherches en cours sur le commerce et les itinéraires des cadavres destinés à l’apprentissage des jeunes médecins au début du xixe siècle en Angleterre ; Denise Sant’Anna (professeur à l’Université de São Paulo) a proposé l’histoire d’une évolution récente qui lie les régimes de vie et l’esthétique de la minceur ; Maria Mensa (UQAM) a précisé, en tenant compte de la dimension du genre, les modifications que le HIV/sida a introduites dans les politiques de santé publique, elle a aussi analysé les logiques des cultural studies qui ont traité de cette question.
Les travaux en cours du directeur d’études sur l’histoire de la Croix-Rouge française ont été exposés et discutés au cours de plusieurs séances, en particulier les origines des sociétés françaises de Croix-Rouge ainsi que leurs différences, mais aussi leur rôle dans la formation des infirmières. La position de la Croix-Rouge française au cours de la seconde guerre mondiale a également fait l’objet d’une séance, nourrie par le dépouillement systématique des comptes rendus des séances du Conseil d’administration.
Outre la coordination du master Erasmus Mundus, le directeur d’études a poursuivi ses coopérations européennes au sein du réseau « Health and social welfare policy », son rôle de coordinateur du master européen PhoenixEM Dynamics of Health and Welfare et dirige la formation doctorale « Santé, population, politiques sociales » au sein de l’École doctorale de l’EHESS.

Publications
• « L’épidémie créatrice de frontières », Cahiers du Centre de recherches historiques, Autour du 101e anniversaire de Fernand Braudel, n° 42, octobre 2008, p. 149-176.
• « Health visitors, a central figure in the fight against tuberculosis : the example of France (1920-1939) », dans Seeing People, sous la dir. d’Annika Sanden, Liu-Tryck, Linköping, 2008, p. 151-160.
• « Utopia as future : economic and political development and health », dans History of the social determinants of health. Global histories, contemporary Debates, sous la dir. d’Harold J. Cook, Sanjoy Bhattacharya et Anne Hardy, Orient BlackSwan, 2009, p. 213-227.
• « Le contrôle des grandes crises épidémiques », Les tribunes de la santé, Presses de Sciences Po, printemps 2009, n° 22, p. 41-50.

Dernière modification de cette fiche : 3 juillet 2009.

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