2008-2009

Sciences et mondialisations, XVIe-XXe siècle

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Mardi de 17 h à 19 h (salle 3, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 25 novembre 2008 au 3 mars 2009. La séance du 16 décembre se déroulera en salle 1, celle du 17 février en salle 7

Il n’y a pas une, mais plusieurs mondialisations: de celle du commerce à celle de nos jours, en passant par l’âge des empires planétaires (ibériques, ottoman, chinois, néerlandais, britannique…) et la mondialisation industrielle. Toutes ont au premier chef touché les savoirs scientifiques et techniques: savoirs et savoir-faire navigationnels, géographiques, botaniques, médicaux, ethnographiques, commerciaux, historiques, linguistiques, administratifs… furent radicalement transformés à la lumière des interactions avec d’autres civilisations. Au cours des siècles, allant de pair avec les régimes changeants de la mondialisation, les modes de construction, de légitmation et de circulation des savoirs et savoir-faire scientifiques et techniques, tout autant que leur contenu, ont subi d’importantes mutations.

Cet enseignement se propose de repérer et d’historiciser ces changements, des premiers contacts entre différentes cultures aux phénomènes actuels : relations scientifiques "Nord-Sud", "fuite des cerveaux", "big science" internationale, expertise… L’enjeu est de constituer une véritable histoire des sciences non-européocentrée.

16 décembre 2008 : Mary Terrall, UCLA et directrice d’études invitée à l’EHESS interviendra sur "Circulation et histoire naturelle au XVIIIe siècle : échantillons, instruments, lettres, dessins et naturalistes"

17 février 2009 : Le séminaire "Sciences et mondialisations, XVIe-XXe siècle" et le séminaire du GRIHL "Ecriture et action (XVIe-XIXe siècle)" changent de programme et joignent leurs forces pour engager une discussion ouverte à tous ayant pour thème : Des États Généraux de la recherche de 2004 aux “réformes” actuelles pour l'enseignement supérieur et la recherche en présence d'Alain Trautmann, ancien responsable de SLR

 

Aires culturelles : Afrique, Allemandes (études),

Suivi et validation pour le master : Semestriel

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Histoire - Histoire des sciences

Intitulé général : Expansion européenne et formation des savoirs, XVIe-XXe siècle

Direction de travaux d'étudiants : mardi de 14 h à 17 h, bureau 19, 105 bd Raspail 75006 Paris

Réception : sur rendez-vous

Niveau requis : ce séminaire est ouvert aux participants intéressés de tous niveaux

Adresse(s) électronique(s) de contact : raj(at)ehess.fr

Compte rendu

Le séminaire de cette année a été pour l’essentiel consacré à un approfondissement du concept de « zone de contact », au cœur de mes recherches sur le rôle de l’interaction dans la formation et la transformation des savoirs et des sciences. Nous nous sommes penchés sur un espace spécifique dans lequel des rencontres interculturelles productrices de savoirs ont eu lieu ainsi que sur les mécanismes de leur organisation et de leur dynamique. Il s’agit de la ville de Calcutta au XVIIIe siècle. Créée de toutes pièces à partir de 1690 comme comptoir de commerce par des agents de la Compagnie anglaise des Indes orientales, elle va se transformer en à peine un siècle d’un ensemble de huttes en terre en principale ville de l’Inde britannique. La dynamique commerciale, sociale et culturelle de Calcutta favorise très tôt une culture cosmopolite aussi bien qu’une diversité religieuse et linguistique. Principal port de commerce maritime avec l’Inde, elle émerge aussi comme une des capitales mondiales des sciences, siège de l’Asiatic Society of Bengal fondée en 1784. Cette société savante, conçue à l’image de la Royal Society de Londres, devient rapidement un puissant outil pour la diffusion – en Asie comme en Europe et en Amérique du Nord – de la production savante de ses membres, qui s’étend de la linguistique et de la philologie aux mathématiques, à l’astronomie, à la géographie, à la géologie et à l’économie. C’est encore à Calcutta que sont créés le premier service cartographique de l’empire britannique (dans les années 1760), l’un des plus importants jardins botaniques du XVIIIe siècle (en 1787) et, en 1800, la première institution britannique d’enseignement supérieur en Asie – le College of Fort William. C’est là aussi qu’en 1839 sont conduites les premières expériences au monde de télégraphie sous-marine. Loin d’avoir affaire à un simple transfert des sciences occidentales, on y est confronté à une construction conjointe de l’activité savante et urbaine. C’est en effet l’administration de la justice qui, dans un contexte de socialibilités hétérogènes, engendre le brassage des pratiques et savoirs commerciaux, religieux, linguistiques, naturels, historiques, administratifs et juridiques et joue un rôle crucial dans l’émergence de Calcutta comme capitale savante à l’échelle mondiale pendant cette période. Ainsi, la cour de justice apparaît à la fois comme un carrefour où s’entrecroise une myriade de réseaux, mais aussi comme lieu où les savoirs s’ordonnent, se structurent par leur mise en forme institutionnelle.

Dernière modification de cette fiche : 16 février 2009.

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