S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.
Lundi de 11 h à 13 h (salle 2, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 3 novembre 2008 au 25 mai 2009
Le séminaire présentera les concepts et les méthodes propres à la socio-histoire, ainsi qu’un panorama des recherches empiriques réalisées dans ce domaine au cours de la période récente. Deux grands thèmes seront privilégiés cette année. La socio-histoire du politique abordera la question de la xénophobie, du nationalisme et du racisme. Les questions culturelles seront appréhendées en prenant appui sur des études en cours, consacrées aux représentations de l’immigration dans le spectacle vivant. On s’interrogera notamment sur le problème de la transposition des acquis de la recherche historique dans le langage théâtral.
9 février 2009 : [Dans le cadre du mouvement de mobilisation pour l'enseignement supérieur et la recherche, l'opération "Changeons le programme" propose une série de débats et d'interventions à propos des différents aspects des « réformes » en cours] « Les usages publics de l’histoire »
Mots-clés : Culture, Épistémologie, Histoire, Historiographie, Littérature, Mouvements sociaux, Politique, Sciences, Sociohistoire,
Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (hebdomadaire)
Domaine de l'affiche : Histoire - Problèmes généraux
Intitulé général : Sociohistoire des relations de pouvoir, XIXe-XXe siècles
Renseignements : Gérard Noiriel, EHESS, IRIS, 96 bd Raspail 75006 Paris, tél : 01 53 63 56 35
Direction de travaux d'étudiants : lundi de 13 h à 15 h, EHESS, IRIS, 96 bd Raspail 75006 Paris
Réception : Estelle Girard, EHESS, IRIS, 96 bd Raspail 75006 Paris, tél : 01 53 63 56 58
Niveau requis : nécessité d'un projet écrit
Adresse(s) électronique(s) de contact : noiriel(at)jourdan.ens.fr
Le séminaire a débuté par quelques séances de présentation de la sociohistoire, accompagnées de lectures de textes classiques en histoire et en sociologie. On a utilisé ensuite la « boîte à outils » du sociohistorien pour explorer quelques chantiers de recherche en cours.
La question du « racisme » dans les dernières décennies du XIXe siècle a été abordée pour étudier la façon dont s’est formé le système de représentations collectives qui a abouti à conceptualiser la haine des autres à l’aide du lexique racial.
Un second ensemble d’études a été présenté concernant les questions culturelles. La réflexion sur les rapports entre construction et réception des discours publics a conduit à reprendre le problème des liens entre l’intellect et l’émotion. Nous avons montré ainsi tout l’intérêt que l’historien pouvait tirer des écrits sur le théâtre, depuis Aristote jusqu’à Bertolt Brecht, en passant par Diderot. Un travail, mené en collaboration avec plusieurs artistes, a permis de tester, sur le plan pratique, un certain nombre d’hypothèses évoquées dans le séminaire, notamment sur le processus de transposition du savoir historique dans le langage artistique.
Le séminaire de cette année a été également marqué par la mobilisation des chercheurs contre les projets visant à réformer le statut des universitaires. Nous avons mobilisé les outils de la sociohistoire pour tenter d’expliquer pourquoi ce mouvement était une manière de défendre l’autonomie de la démarche scientifique. La construction d’une vérité « objective » (au sens que la science donne à ce terme) nécessite de se tenir à distance du pouvoir politique et du pouvoir économique. Mais l’autonomie ne signifie pas la « liberté ». Étant donné que les chercheurs sont payés par l’État, ils doivent « rendre des comptes » aux citoyens qui leur permettent d’exercer leur activité. Dans les professions scientifiques, c’est « le jugement des pairs » qui fournit cette évaluation collective. Le séminaire a montré comment cette conception de l’autonomie était apparue, et les contradictions auxquelles elle se heurte. On a présenté aussi des exemples historiques qui prouvent que lorsque la science est asservie au point d’être confondue avec l’expertise, les conséquences sont souvent dramatiques pour la démocratie.
Publications
• Histoire, théâtre et politique, Marseille, Agone, 2009
• « L’immigration : naissance d’un « problème » (1881-1883) », Agone, n° 40, 2008, p. 15-40.
• Conférence théâtrale sur l’histoire du clown « Chocolat » (production : « Les Petits Ruisseaux », metteur en scène : Jean-Yves Pénafiel). Travail présenté à Paris (Cité nationale de l’histoire de l’immigration), Ivry, Roubaix, Amiens, Saint-Brieuc, Montpellier, Mitry-Mory, Créteil et Besançon (mars-juin 2009).
Dernière modification de cette fiche : 7 février 2009.
EHESS (Siège)
190-198 avenue de France
75244 Paris cedex 13
Tél : 01 49 54 25 25