S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.
2e et 4e mercredis du mois de 15 h à 17 h (salle M. et D. Lombard, 96 bd Raspail 75006 Paris), du 26 novembre 2008 au 27 mai 2009. La séance du 11 février se déroulera en salle 9, 105 bd Raspail
Ce séminaire traitera des sociétés de traditions nomades (pasteurs nomades, agropasteurs, pêcheurs, chasseurs-collecteurs, gens du voyage). Il privilégiera largement les sociétés pastorales des espaces turco-mongol, sibérien et africain . Il s’appuiera sur quatre cas concrets issus d’expérience de terrain, à savoir : les agrotranshumants kirghizes, les éleveurs bouriates de Sibérie, les pasteurs de la steppe mongol, les pasteurs nomades et agro pasteurs saharo-sahéliens (Arabes, Touaregs et Peuls). La problématique générale s’attachera à appréhender le destin des « identités nomades » qui s’inscrivent dans des contextes d’organisations socio-politiques diversifiées (post soviétique, fédéralisme, décentralisation). Seront traités les rapports spécifiques à la nature, les techniques de préservation de la biodiversité dans ses relations avec les aires protégées et l’émergence d’un foncier pastoral. Politiques des États et processus de sédentarisation seront analysés. Il abordera les religions et les croyances : islam, bouddhisme, chamanisme.
Mots-clés : Anthropologie,
Aires culturelles : Afrique, Asie centrale, Europe centrale et orientale, Russie,
Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)
Renseignements : André Bourgeot, Laboratoire d'anthropologie sociale, 52 rue du Cardinal-Lemoine 75005 Paris, tél : 01 44 27 17 59
Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous
Réception : sur rendez-vous
Niveau requis : lettre (ou courriel) de motivation et, pour une inscription en thèse, master ou diplôme de l'EHESS, préparer un projet de recherche écrit.
Adresse(s) électronique(s) de contact : bourgeot(at)ehess.fr, andre.bourgeot(at)college-de-france.fr
Le contenu du séminaire s’est appuyé essentiellement sur la transmission de connaissances acquises à partir des terrains de recherche menés chez les éleveurs bouriates de Sibérie, les agro-transhumants kirghyzes, les pasteurs nomades mongols, les pasteurs nomades et agro-pasteurs saharo-sahéliens touaregs, arabes et toubous d’Afrique de l’Ouest ainsi que les Peuls d’Afrique centrale.
Afin de procéder à des clarifications terminologiques, une distinction entre nomadisme et pastoralisme (trop souvent assimilés) s’est imposée. Pour ce faire, il a fallu décrire et analyser les spécificités du nomadisme et des sociétés nomades (chasseurs collecteurs, pêcheurs, « gens de voyage » et le cas limite de l’agriculture itinérante sur brûlis) fondées sur la mobilité et la flexibilité tout en entretenant des rapports particuliers avec la nature sur laquelle s’exercent des prélèvements.
À ces sociétés sont associées des formes d’organisation sociale originales (bandes pour les chasseurs collecteurs, flottilles pour les pêcheurs, caravanes pour les gens de voyage) et une technologie appropriée.
L’essentiel de l’enseignement a porté sur le pastoralisme nomade et les sociétés pastorales qui renvoient à la domestication des animaux et dont la caractéristique majeure réside dans le fait que la relation de l’homme à la nature est fondamentalement médiatisée par l’animal organisé en troupeau et dont la composition relève de règles très élaborées.
Différents cas de pastoralisme nomade ont été présentés. L’agro-pastoralisme, et ses variantes (agro-transhumants, agro-éleveurs) ont été traités en introduisant des relations à la terre considérée comme un élément de la nature (différente des ressources naturelles apprêtées par les animaux) transformée à l’aide d’outils.
Sur la base de cas concrets, il en a découlé la présentation d’une typologie du nomadisme et du pastoralisme assortie d’une méthodologie et des critères qui ont présidé à sa construction en insistant entre autre sur le fait qu’une typologie n’est pas un modèle : elle procède d’une nécessité de clarifications terminologiques visant à une certaine rigueur d’exposé et d’écriture.
Enfin, souhaitant manifester mon opposition aux « réformes » proposées par le ministère de la Recherche et de l’Enseignement supérieur et celui de l’Éducation nationale concernant le statut des enseignants chercheurs, la formation des enseignants du secondaire, l’avenir des établissements de recherche et l’aide aux doctorants, j’ai participé, ainsi qu’un certain nombre de collègues, à un programme alternatif de séminaires (Changeons le programme !) qui analysait l’origine et les effets de ces « réformes » sur la place du savoir dans notre société et le rôle qu’on souhaite assigner aux chercheurs.
Dernière modification de cette fiche : 29 janvier 2009.
EHESS (Siège)
190-198 avenue de France
75244 Paris cedex 13
Tél : 01 49 54 25 25