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Mensuel, mardi de 14 h à 16 h (EHESS-Toulouse, Maison de la recherche de l'UTM, 31000 Toulouse), à partir du 18 novembre 2008
Le but de ce séminaire est d’aborder la question de la relation, cognitive et pratique, des hommes à leur environnement naturel à travers des études de cas empiriques et la lecture (ou relecture) de travaux théoriques. Deux axes seront privilégiés dans le séminaire. D’une part, la réflexion sur les problématisations anthropologiques de la catégorie de « nature », cela impliquant la comparaison de ses contenus et usages dans des aires culturelles différentes. D’autre part, les présupposés, enjeux et implications des politiques publiques de protection de la nature, en Europe et ailleurs. Le séminaire est ouvert aux étudiants de master et de doctorat qui effectuent une recherche sur ce thème.
Mots-clés : Anthropologie, Environnement, Savoirs, Spatialisation, territoires,
Suivi et validation pour le master : Semestriel
Centre : CAS - Centre d’anthropologie sociale
Site web : http://www.ethno-info.com
Adresse(s) électronique(s) de contact : marlene.albert(at)wanadoo.fr
Le séminaire, cette année, a été centré sur les représentations de la forêt. Dans la séance introductive, M. Albert-Llorca et P. Pérez ont précisé les raisons de ce choix. S’arrêter sur cet objet permet de revenir sur l’opposition entre sauvage et domestique, qui a été maintes fois évoquée au cours des séminaires des années précédentes. La forêt est en effet, en Occident, considérée comme le lieu par excellence du sauvage, de l’altérité. De là, la place tenue par les travaux sur les peuples sylvestres dans l’histoire de l’anthropologie et celle qu’occupe l’étude de l’imaginaire de la forêt dans la naissante ethnologie de l’Europe, dans les années 1970-1980, de Jacques Le Goff à Yvonne Verdier. Deuxième raison, plus politique, de s’intéresser au rapport aux espaces forestiers : ils soulèvent de façon particulièrement aiguë la question des modalités et des limites des politiques de protection de la « nature », en particulier dans les pays du Sud.
Les autres séances ont été consacrées à des études de cas qui ont toutes porté sur des sociétés non européennes, à l’exception de celle qu’a animée Marie-Dominique Ribéreau-Gayon. Elle y a présenté, en effet, un exposé sur la façon dont les Landais ont commenté les effets, particulièrement désastreux dans la région, de la tempête qui a sévi cet hiver. Elle a montré que tous soulevaient la question, récurrente dans les Landes, de la légitimité de la forêt : présentée comme un espace naturel aux touristes, elle fut créée au milieu du xixe siècle et sa création n’alla pas sans susciter de vives résistances.
Les autres séances ont porté sur les Lacandons (Chiapas, Mexique), qu’étudie Patrick Pérez, les Kasua de Nouvelle-Guinée (Florence Brunois), les Totonaque (Mexique, Nicolas Ellison), les Aït Ba’amran, une population berbérophone du Sud marocain (Romain Simenel), les Konda Reddis, une tribu de l’Inde du Sud (Thanuja Mummidi). Les exposés ont fait apparaître l’intérêt d’une approche phénoménologique des rapports qu’entretiennent ces sociétés avec leur environnement (P. Pérez, T. Mummidi), la récurrence de la conception de la forêt comme lieu où cohabitent et sont en interaction humains et non-humains (P. Pérez, N. Ellison, F. Brunois, T. Mummidi), l’opposition, d’un côté, entre ces conceptions ontologiques et les modes de gestion qu’elles impliquent et, de l’autre, l’option naturaliste promue par les sociétés occidentales (N. Ellison, R. Simenel, F. Brunois).
Dernière modification de cette fiche : 24 novembre 2008.
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