2008-2009

Sciences et savoirs, politique et démocratie, marchés et États, 1750-1850

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Mensuel, mardi de 14 h à 18 h (Centre Alexandre-Koyré, MNHN, pavillon Chevreul, 3e étage, 57 rue Cuvier 75005 Paris), dates fixées ultérieurement

Le but de ce séminaire est de tenter un bilan historiographique et théorique de la manière dont nous posons la question des savoirs entre politique et démocratie, marchés et Etats, du milieu du XVIIIe siècle au milieu du XIXe siècle. Les idées de départ sont de revenir sur les « révolutions » scientifiques et techniques de cette période ; sur les transformations concomitantes du politique et l’émergence de nouvelles formes de gouvernement ; sur la place des savoirs dans la transformation de l’espace public et des opinions publiques ; sur ce qu’on demande à ces savoirs pour gouverner autrement ; sur ce que les porteurs de ces savoirs prétendent offrir ; sur l’efficace de ces offres et les résistances qu’elles suscitent — en bref de revenir sur la place des savoirs et des sciences dans les évolutions et reconfigurations sociales et politiques. Ouvert en mars 2008 par une conférence de Simon Schaffer, professeur à l’université de Cambridge, sur le rôle de la métrologie scientifique dans la structuration d’un espace public normé et ‘égalitaire’, ce séminaire consistera en une série d’invitations de collègues français et étrangers à qui nous demanderons de nous présenter leur vision de cette question.

La période 1750-1850 n’est donnée qu’à titre indicatif. Nous voulons signifier le moment qui va des Lumières au milieu du XIXe siècle, une période qui est celle de la mise en place des gouvernements représentatifs, des États modernes et de formes de gouvernement très marquées par les savoirs scientifiques. C’est aussi, bien sûr, le moment de la première montée en puissance de savoirs techniques nouveaux — des machines à vapeur à la chimie et au gaz d’éclairage —, des premières grandes « bio-politiques publiques » — pensez à la vaccination —, comme des premières grandes controverses publiques sur les manières (administratives, politiques, judiciaires ou via la bataille de l’opinion) de « réguler » ces savoirs et technologies qui transforment radicalement sociétés, natures et environnements.

Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Histoire - Histoire des sciences

Intitulé général : Sciences, sociétés, pouvoirs : approches historiques

Renseignements : Dominique Pestre

Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous et séminaires au Centre Alexandre-Koyré

Réception : sur rendez-vous uniquement

Niveau requis : master

Adresse(s) électronique(s) de contact : pestre(at)ehess.fr

Compte rendu

Le second séminaire porte sur Sciences et savoirs, commerce et États, politique et démocratie au tournant des XVIIIe et XIXe siècles. Cette période est en effet marquée par 1) l’émergence d’une société civile active et différenciée et l’apparition de nouveaux modes de production et circulation de l’information ; 2) un afflux croissant de denrées, de produits manufacturés et de techniques, et l’apparition de formes inédites de consommation. Cette situation induit 3) des engouements mais aussi des contestations nombreuses menant à des formes de régulation inédites : administrations recourant à l’expertise d’académiciens, constitution de contre-expertises locales, plaintes auprès de tribunaux, décisions de justice amenant à des ajustements de la part des producteurs. Cette période est aussi 4) une période de reconfiguration de l’État marquée par le développement d’administrations techniques, des techniques agricoles à la gestion des ressources et aux services d’hygiène, administrations qui prennent en charge de nouveaux rôles de régulateur et affirment ainsi que la nature et la société peuvent et doivent être redéfinies conjointement. Enfin, 5) cette période est celle d’une première globalisation marchande et politique qui remodèle les régimes de savoirs et en fait naître de nouveaux, notamment sur l’administration et l’État.
Le séminaire de cette année a porté sur les savoirs de police et leur évolution face aux résistances des populations et des industriels, sur la diffusion des inventions et l’économie des savoirs pratiques, sur la transformation de la législation des brevets, sur le marché des sciences et des techniques, sur le gouvernement colonial et les savoirs. Dans le cadre de l’initiative « Changeons le programme ! », un séminaire s’est aussi tenu sur l’impact du discours néolibéral sur l’historiographie de la Révolution industrielle britannique et sur la manière d’aborder les formes de gouvernement des populations.
Le cours de master est une introduction nouvelle et systématique aux rapports entre les sciences, les savoirs populaires et pratiques, les techniques et le politique. Construit thématiquement, il mobilise l’histoire et repose sur l’étude de cas s’étageant du milieu du XVIIIe siècle à nos jours.

Dernière modification de cette fiche : 24 novembre 2008.

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