2008-2009

Le handicap : histoire politique, pratiques médico-sociales et expériences intersubjectives (II)

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

2e et 4e mardis du mois de 11 h à 13 h (salle 8, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 9 décembre 2008 au 9 juin 2009. La séance du 10 mars est reportée au 7 avril (même heure, salle 4)

L’histoire de la notion de handicap trouve ses fondements dans la distinction qui s’opère progressivement au Moyen Age au sein des « pauvres ». La mise en place et l’institutionnalisation des dispositifs d’assistance nécessite de définir les populations qui y sont éligibles. Les personnes qui ne peuvent subvenir à leurs besoins en raison de leur âge, de leur état de santé, ou encore de leur situation sociale, peuvent légitimement bénéficier des secours contrairement aux « vagabonds » et « mendiants » physiquement intègres, qui sont dans l’obligation de travailler. Le principe d’une assistance laissée au gré des bonnes volontés locales dominera jusqu’au XXe siècle, sous des formes variables.

Deux événements importants vont contribuer à infléchir le traitement social et la signification du handicap. Suite aux vagues d’industrialisation, l’importance des accidents du travail pose le problème de la prise en charge de l’invalidité qui en résulte. Par ailleurs, la grande guerre est à l’origine de nombreuses blessures et mutilations. Dans les deux cas, la responsabilité collective est reconnue et ouvre des droits à réparation, sous la forme d’indemnisations financières d’abord (indemnisation des accidents du travail, pension d’invalidité des mutilés de guerre), puis de la réadaptation, via les pratiques de rééducation et d’appareillage. De façon plus générale, toute personne que l’invalidité écarte de la norme sociale (travailler, avoir une famille…), doit être réadaptée pour pouvoir à nouveau répondre à cette norme et réintégrer la société.

L’emploi du terme « handicap », apparu dans le courant du XXe siècle et qui sera généralisé à partir des années 1970, consacre cette nouvelle approche. Il englobe tout type de déficience, quelle que soit sa nature ou son origine. La catégorie de « personne handicapée » se substitue alors aux précédentes (infirmes, invalides, inadaptés, idiots…) en les unifiant sous une qualification commune de « personnes à réadapter » associée à des dispositifs institutionnels et législatifs, principalement la loi d’orientation en faveur des personnes handicapées, votée en 1975. Celle-ci institue le statut de « personne handicapée », assorti de droits spécifiques, de modes d’aide et de prise en charge, en particulier dans le cadre d’un secteur spécialisé.

La fin des années 70 est le théâtre de nouvelles transformations à l’échelle internationale sous l’impulsion de la mobilisation collective des personnes handicapées et de l’émergence d’un mouvement pour une vie autonome. Parallèlement, un nouveau champ de recherche se construit dans les pays anglo-saxons et scandinaves : les disability studies. Une entreprise de classification menée sous l’égide de l’OMS est l’occasion d’un grand débat, toujours ouvert, autour des conceptions du handicap. Ces transformations offrent de nouvelles grilles de lecture de l’expérience du handicap et de nouveaux espaces d’échanges que les personnes peuvent ou non s’approprier pour faire sens à leur biographie.

Le séminaire propose d’étudier les transformations du traitement social du handicap à partir d’une analyse des politiques, des dispositifs institutionnels mis en place et des modalités pratiques de prise en charge des personnes concernées. L’attention sera portée sur différents moments d’inflexion historiques des politiques (lois de 1975 et 2005), sur l’évolution des conceptualisations du handicap (émergence des disability studies, débat autour des taxinomies…), des pratiques professionnelles (réadaptation, prévention des handicaps à la naissance) et sur le rôle des collectifs de personnes handicapées ; ces transformations seront analysées en relation avec les expériences individuelles et collectives. Pour cette seconde année, l’argumentaire sera développé à partir d’autres catégories de « handicaps », certaines d’apparition récente (handicap psychique), d’autres au contraire très anciennes (les sourds et les aveugles) et un espace de discussion sera ouvert autour de recherches en cours.

Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)

Mentions & spécialités :

Renseignements : Renseignements et inscriptions: mcoutant(at)ehess.fr

Adresse(s) électronique(s) de contact : mcoutant(at)ehess.fr

Dernière modification de cette fiche : 26 janvier 2009.

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