S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.
Lundi de 17 h à 19 h (salle 7, 105 bd Raspail 75006 Paris), les 17 et 24 novembre 2008 ; puis (salle 8, 105 bd Raspail 75005 Paris) du 1er décembre 2008 au 9 février 2009. La séance du 9 février se prolongera jusqu'à 20 h
Nous poursuivrons l’exploration des faits religieux par l’image. Après une conclusion provisoire à propos des pèlerinages, thème retenu ces deux dernières années, nous étudierons des relations visuelles traitant des événements rituels, en Afrique, dans le monde musulman et sous d’autres horizons géographiques et religieux. Nous nous emploierons à comparer aussi bien les approches filmiques, les choix d’écritures visuelles, que les formulations religieuses et les pratiques associées. Comme par le passé une attention particulière sera portée aux comportements individuels et collectifs reflétant l’adaptation des dogmes aux réalités culturelles, géographiques, sociales, politiques et psychologiques.
Mots-clés : Anthropologie, Arts, Culture, Esthétique, Image, Religieux (sciences sociales du), Visuel,
Aires culturelles : Afrique, Asie centrale, Contemporain (anthropologie du, monde), Musulmans (mondes), Transnational/transfrontières,
Suivi et validation pour le master : Semestriel
Domaine de l'affiche : Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie
Intitulé général : Images du religieux en Afrique
Renseignements : contacter le secrétariat du CEAf (01 53 63 56 60) ou Jean-Claude Penrad (01 53 63 56 65)
Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous.
Réception : sur rendez-vous le mardi.
Site web : http://htt://ceaf.ehess.fr
Adresse(s) électronique(s) de contact : penrad(at)ehess.fr
Les premières séances du séminaire, afin d’entrer immédiatement dans l’actualité du thème, ont été mises à profit pour travailler directement sur les tournages effectués lors de notre dernière mission aux Comores, en septembre et octobre 2008. La présentation et l’analyse des rushes relatifs à des cérémonies de la Shadhiliyya Yashrutiyya, une confrérie musulmane, à Moroni et à Djoyédzi, et de ceux relatant des moments du « Grand Mariage », nous ont permis d’aborder concrètement, en direct, les questions reliant l’ensemble du processus conduisant du terrain à un récit visuel d’une activité rituelle.
La question de la centralité de l’image et du montage mettant en œuvre la matière visuelle d’un discours, hors les éléments sonores, a particulièrement bénéficié de la présentation d’Olivier Schetrit, étudiant à l’EHESS, qui est intervenu avec le concours de deux interprètes en langue des signes, à partir du film « les sept péchés capitaux », une œuvre du réalisateur sourd-muet Laurent Beskardès. À cette occasion, nous avons poussé la réflexion et les échanges, sur le langage cinématographique, en utilisant de courts extraits de « l’Homme d’Aran » (1934) un film de Robert Flaherty. Nous avons en effet coupé le son de ce documentaire-fiction, l’un des premiers sonorisé, afin de faire ressortir ce qui est propre au langage des images jouant des cadrages, de la lumière, des assemblages de plans, des rythmes, du temps, pour produire du sens, de la connaissance et de l’émotion.
Danièle Joncquers (CNRS) est revenue sur ses travaux filmiques, notamment « Les enfants du Nya » et « Regards sur la transe » tournés chez les Minyanka du Mali, pour étudier le positionnement rituel des enfants dans cette société. En contrepoint, nous avons fait référence au film de Carmen Opipari et Sylvie Timbert, « Barbara et ses amis au pays du Candomblé », où les frontières entre croyance et apprentissage des pratiques du croire, notamment la possession, sont explicitement traitées par l’image cinématographique. Les expériences musulmanes, centrales dans nos propres travaux, ont occupé le reste des séances avec un retour sur l’œuvre de Brian Moser consacrée aux derviches du Kurdistan avant d’accueillir Jean-Louis Triaud (Université d’Aix-Marseille-I/Provence) autour d’une émission religieuse, de la chaîne télévisuelle France 2, dédiée aux mourides du Sénégal. Le décryptage de ce document, en présence du réalisateur et du cameraman nous a permis d’apprécier les limites documentaires d’un film réalisé pour une émission religieuse du dimanche matin et notamment le poids des interlocuteurs locaux qui peuvent prendre en main le document, dans le cadre de stratégies qui leur sont propres. Le débat sur les conditions de production des images, de leur diffusion et de leur utilisation par les sciences sociales a toujours émergé de nos discussions.
Deux séances ont été réservées pour la présentation critique des travaux d’étudiants. David Dupuis, Mohamed Moussouni, Hélène Veiga Gomez et Lisette Winckler sont intervenus dans ce cadre.
Publications
• « Identités disséminées. Musulmans d’origines indopakistanaises en Afrique orientale », Lusotopie, 15 (1), 2008, p. 125-140.
• « L’intangible et la nécessité. Arabe et kiswahili en islam d’Afrique orientale », REMMM (Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée), 124, 2008, p. 27-45.
Dernière modification de cette fiche : 17 décembre 2008.
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