2008-2009

Religion et grammaire culturelle en Corée

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

1er et 3e jeudis du mois de 11 h à 13 h (salle 1, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 6 novembre 2008 au 4 juin 2009

La religion est une des sources principales de la grammaire culturelle qui est un ensemble de principes générateurs des modes de pensée, de sentiment, de comportement et d’organisation sociale au niveau de la civilisation. La Corée, la Chine et le Japon partagent certains éléments de la grammaire culturelle dans la mesure où ils font partie de la même civilisation de l’Extrême-Orient qui est fondée sur les trois religions communes: le confucianisme, le bouddhisme et le taoÎsme. Mais chaque pays a formé sa propre grammaire culturelle en fonction de son expérience historique et de sa propre tradition religieuse. Cette conférence présente douze éléments clés de la grammaire culturelle coréenne et les met en relation avec les deux religion de la Corée: le confucianisme et le chamanisme. Pour comprendre l’origine, la formation, la reproduction, la diffusion et la transformation de la grammaire culturelle coréenne, on emploie une approche transdisciplinaire et on combine trois grands axes: un axe historique qui explique la genèse de la grammaire culturelle, un axe sociologique qui analsye le fonctionnement de celle-ci et un axe anthropologique qui cherche sa spécificité à travers une analyse comparative avec celles de la Chine et du Japon.       

Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)

Mentions & spécialités :
  • Sociologie
    (Séminaire de recherche M1S1 M1S2 M2S3 M2S4)

Domaine de l'affiche : Sociologie

Renseignements : Soo-Bok Cheong, 18 rue Eugène-Manuel 75116 Paris, tél : 01 45 04 14 75

Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous

Réception : uniquement sur rendez-vous

Adresse(s) électronique(s) de contact : paris.cielbleu(at)wanadoo.fr

Compte rendu

Nous avons commencé une série de conférences composée de quatre parties en présentant une réflexion théorique sur la notion principale de notre recherche : la « grammaire culturelle ». Dans les séances successives, après avoir mis en lumière le sens et l’importance de cette recherche, nous avons fait la comparaison entre les trois pays de l’Extrême-Orient du point de vue de la grammaire culturelle : Corée, Chine, Japon, bien que la Corée soit l’objet principal de notre conférence. En prenant appui sur la notion de grammaire culturelle et l’analyse comparative à différents niveaux, nous avons extrait la grammaire culturelle commune des trois pays de l’Extrême-Orient. La deuxième partie de notre conférence a été consacrée uniquement à la grammaire culturelle de la Corée. Nous en avons introduit douze éléments constitutifs. D’abord six éléments de la grammaire culturelle principale : le matérialisme dans ce monde, le caractère émotionnel, le famillio-centrisme, l’importance des réseaux privés de connection, l’autoritarisme et l’évitement du conflit. Ensuite, six éléments de la grammaire culturelle dérivée : le nationalisme sentimental, l’obéissance à l’État fort et centralisé, la priorité donnée à la vitesse, l’optimisme démesuré, l’emploi de tous les moyens sans considération morale, la double norme. Après avoir explicité ces douze éléments, nous avons recherché l’origine religieuse et historique de ces douze éléments de la grammaire culturelle coréenne. Les influences du confucianisme, du chamanisme, du bouddhisme et du taoïsme sur la formation de la grammaire culturelle ont été interprétées sous l’angle du syncrétisme et de la logique d’amalgame dans l’histoire de la religion en Corée. Nous avons finalement formulé le « cristal » composé du confucianisme et du chamanisme qui est le noyau dur du fonds de la grammaire culturelle coréenne. Pour conclure la deuxième partie, nous avons présenté le processus historique de la mise en place, de l’enracinement de la grammaire culturelle à travers des cérémonies, des livres, des écoles et des associations locales. Après avoir fait une analyse globale de la grammaire culturelle, nous avons procédé, pour la troisième partie de notre conférence, à une recherche précise en se focalisant sur le rapport père-fils en Extrême-Orient en général, et en Corée en particulier. Étant donné que le rapport père-fils fondé sur la vertu de la piété filiale est un archétype de toutes les autres relations humaines, nous avons relu les textes confucéens, surtout Entretiens de Confucius et Le livre de la piété filiale pour construire la forme idéale du rapport père-fils dans le confucianisme. Nous avons mis en lumière la place de l’individu dans la tradition confucéenne et nous avons cherché la possibilité de formation du sujet individuel en Extrême-Orient modernisé en prenant la perspective théorique de la sociologie de l’action. Dans la quatrième et la dernière partie de notre conférence, nous sommes revenus sur la Corée actuelle et nous avons enquêté sur la possibilité du changement dans différents éléments de la grammaire culturelle. Nous avons donc analysé le lieu principal de la reproduction de la grammaire culturelle : la famille. Le modèle confucéen de la famille a été abordé du point de vue du féminisme et de la révolte des jeunes, et la réaction des hommes adultes a été étudié également. Pour finir notre conférence, nous avons esquissé six directions de l’action rénovatrice par laquelle les acteurs sociaux peuvent réformer tel ou tel élément de la grammaire culturelle dans six domaines principaux : la famille, l’école, les mass media, les sciences humaines et sociales, les arts et la littérature, et les religions.

Dernière modification de cette fiche : 24 novembre 2008.

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