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Lundi de 17 h 30 à 19 h 30 (INHA, salle de séminaires de la bibliothèque Gernet-Glotz, 2 rue Vivienne 75002 Paris), les 20 octobre, 24 novembre, 8 décembre 2008, 5 et 19 janvier, 2 février, 2, 16 et 30 mars, 27 avril, 11 et 25 mai, et 8 juin 2009
Ce séminaire s’inscrit dans la lignée des travaux de l’atelier « Antiquité et sciences sociales », créé au sein du Centre Louis Gernet en 2003. Cette année, l’atelier poursuivra l’étude de la notion grecque d’agalma ainsi que l’enquête comparatiste autour des questions que soulève la figuration. Afin de cerner plus finement la polysémie du terme agalma, on poursuivra l’exercice de lecture attentive aux contextes d’énonciation, en élargissant le corpus documentaire aux textes en prose (notamment Hérodote et Platon) et aux inscriptions. Le dialogue comparatiste sera assuré par la participation d’anthropologues et d’historiens spécialistes de différentes aires culturelles. L’atelier mènera une série d’enquêtes explorant toute une palette de sèmes, de la « belle offrande » à l’éclat de la parure, convoquant, entre autres, la brillance, la bigarrure et l’éphémère. Au centre de cette interrogation, se situe le problème de l’emprise, de la capture du regard et de la relation à l’invisible.
Mots-clés : Anthropologie, Anthropologie et linguistique, Antiquité (sciences de l’), Arts, Histoire, Religieux (sciences sociales du),
Aires culturelles : Afrique, Amérique préhispanique, Europe,
Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)
Domaine de l'affiche : Anthropologie historique
Intitulé général : Atelier « Antiquité et sciences sociales »
Renseignements : Marcello Carastro, Centre Louis Gernet de recherches comparées sur les sociétés anciennes, INHA, 2 rue Vivienne 75002 Paris, tél : 01 47 03 84 16
Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous
Réception : sur rendez-vous
Niveau requis : tous niveaux
Adresse(s) électronique(s) de contact : carastro(at)ehess.fr, sdugast(at)mnhn.fr, ivonne.manfrini(at)hesge.ch
Poursuivant les recherches inaugurées l’an dernier et consacrées à une approche critique de la notion de figuration, le séminaire a approfondi l’étude du champ sémantique du terme grec agalma, tout en élargissant le dialogue comparatiste qui anime les travaux de l’atelier « Antiquité et sciences sociales ». L’analyse de la polysémie d’agalma a été menée à partir d’une étude systématique des sources littéraires d’époque classique en prose (Hérodote, Thucydide, Platon, Xénophon). Ces enquêtes ont mis en évidence la valeur relationnelle de l’agalma, objet qui suscite l’admiration des dieux et des hommes. Une attention particulière a été portée aux effets que cet objet est censé produire sur ses destinataires, ainsi qu’aux gestes qui s’organisent autour de lui. L’articulation possible avec la sphère des pratiques sacrificielles a pu également être confirmée par l’étude d’un passage d’Hérodote qui remet profondément en question le lien souvent considéré comme privilégié entre agalma et figuration.
Les recherches de l’atelier sur les emplois du terme agalma ont bénéficié des interventions de plusieurs collègues. L’exposé de Claude Calame (« Esthétique et pouvoir de la statue et du poème : agalma chez Pindare et Bacchylide ») a inauguré une réflexion sur les formes sonores et acoustiques de l’agalma évoquées dans certaines compositions poétiques grecques. Qu’il s’agisse de rendre les dieux présents parmi les hommes ou de transformer un homme en une instance d’un autre ordre, la notion d’agalma apparaît comme un vecteur privilégié pour instaurer un rapport entre les mondes visibles et invisibles. D’autres interventions ont permis d’étendre l’enquête à des corpus plus tardifs. À travers l’étude des lapidaires grecs, Sonia Macri (« Pierres figurées et préfiguration de l'avenir dans les lapidaires anciens ») a mis en évidence une certaine convergence entre des formes que l’on pourrait qualifier de figuration spontanée, dans la mesure où des formes produites par la nature sont reconnues comme des manifestations du divin, et les figurations artificielles. Comme dans les repérages initiaux qui avaient servi d’amorce à ce séminaire, la notion d’éclat est apparue centrale au sujet des matériaux naturels considérés comme portant la marque du divin : cette propriété est perçue comme le signe d’un lieu de passage vers l’invisible. Une attention particulière a été également accordée aux traditions néoplatoniciennes et paléochrétiennes qui ont notamment dématérialisé l’agalma, grâce aux interventions de Marguerite Harl (Université Paris IV/Sorbonne) sur « Les sources platoniciennes des emplois d'agalmatophoreô chez Philon d'Alexandrie et quelques Pères de l'Église » et de Frédérique Ildefonse (CNRS), sur une occurrence d’agalma chez Plotin (Sur le Beau, Ennéade, I, 6 [1]9). Se livrant à une comparaison serrée des textes de Platon et de Plotin, Frédérique Ildefonse a mis en évidence l’évolution au terme de laquelle Plotin réalise une véritable torsion de la pensée de Platon, en transformant la transitivité qui imprègne les textes de ce dernier en une réflexivité. Deux interventions ont également enrichi les travaux du séminaire de dialogues comparatistes. Danouta Liberski-Bagnoud (CNRS) a présenté une fine analyse intitulée « Les objets du devin et l'objet du désir. À propos d'une forme de divination par le bâton pratiquée par les Kasena (Burkina Faso et Nord du Ghana) » qui propose une relecture de l’interprétation lacanienne de l’agalma à partir des matériaux ethnologiques sur l’arsenal rituel d’un devin Kasena. Youri Volokhine (Université de Genève), par son exposé intitulé « Quelques aspects du visage des dieux en Égypte ancienne. Autour du thème de la “perfection” faciale », a permis de prolonger les réflexions inaugurées l’an dernier par Sylvie Donnat sur la notion de neferu. Qu'ils soient tous vivement remerciés.
Dernière modification de cette fiche : 24 novembre 2008.
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