S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.
2e et 4e vendredis du mois de 13 h à 15 h (salle 1, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 14 novembre 2008 au 12 juin 2009. Pas de séminaire le 22 mai. Une séance supplémentaire le 19 juin (salle 1)
Dans le prolongement du séminaire de l’année dernière, qui a examiné « le sexe des politiques sociales », en analysant sous l’angle du genre la configuration formée par le système de protection sociale avec les manières de « faire couple » et de « faire famille », le séminaire de cette année étudiera les régimes de genre qui caractérisent les interventions sociales aujourd’hui. Il s’agira d’analyser les modalités empiriques de l’action sociale et du travail social : comment le nouveau paradigme des politiques publiques, celui de l’autonomie, se décline au masculin et au féminin dans ce registre spécifique de l’intervention pour et sur autrui ? Le champ du social connaît des transformations multiples qui affectent les métiers et les modalités du travail avec les usagers. Sous le vocable de « l’Etat social actif », la rationalité managériale se combine avec la mise en mobilité des personnes, appelées à trouver elles-mêmes leurs supports, à compter sur leur propres ressources, notamment biographiques. Les opérateurs sociaux ne viennent plus tant donner une aide sociale ou garantir l’effectivité d’un droit qu’accompagner des usagers qui deviendraient ainsi « acteurs » de leurs démarches et de leur insertion. Ces mutations du travail social, que l’on peut rassembler sous un registre de la présence sociale, se centrent sur la relation et l’écoute, et pratiquent très largement l’injonction biographique pour travailler « l’activation » des usagers. Une lecture de genre de ces évolutions permet de les resituer dans les débats sur la solidarité et les transformations de l’Etat providence. Mobilisant les problématiques du genre et du care pour décrire le champ du social, le séminaire s’appuiera notamment sur des matériaux issus d’une enquête sur la sexuation des interventions sociales.
Programme 2008-2009
Vendredi 14 novembre 2008 : Introduction au séminaire. Présentation
Vendredi 28 novembre 2008 : Participation à la journée « jeune recherche » de l’Institut Emilie du Châtelet
Vendredi 12 décembre 2008 : Care et genre : repenser le travail social
Vendredi 9 janvier 2009 : Présence sociale, genre et activation
Vendredi 23 janvier 2009 : Coline Cardi, « Quel contrat de genre dans les dispositifs d’aide à la parentalité ? »
Vendredi 13 février 2009 : Dans le cadre de la mobilisation "changeons de programme" à l’EHESS, le séminaire se tiendra avec une discussion sur : «La division sociale et sexuée de l’enseignement et de la recherche transformée en compétition généralisée entre chercheur-e-s : care et transmission en milieu académique».
Le séminaire de Patricia Paperman et Bernard Conein, « Au-delà de la justice : care, genre, décence, reconnaissance », prévu initialement le 13 février à 11 h, s’associe à cette initiative. Catherine Marry y contribuera également.
Vendredi 27 février 2009 : dans le cadre de l'opération "changeons le programme", la séance sera consacrée à "Genre et production de la connaissance : retour sur des expériences collectives (CERFI années 70, APRE années 80)"
Vendredi 13 mars 2009 : Elisa Herman : « Engagement professionnel et engagement féministe auprès des femmes victimes de violence »
Vendredi 27 mars 2009 : Elise Lemercier, « Les médiatrices interculturelles sur la scène publique du travail social »
Vendredi 10 avril 2009 : Marie-Thérèse Coenen, « Genre et formation au travail social en Belgique »
Vendredi 22 mai 2009 : pas de séminaire
Vendredi 12 juin 2009 : Travaux d’étudiants & conclusions du séminaire
Vendredi 19 juin 2009 : Marianne Modak, professeure à la Haute école de travail social et de la santé de Lausanne présentera les résultats d'une recherche récente : « Les conditions de production du “care” chez les assistants et assistantes sociales dans un but de reconnaissance. Une enquête en Suisse »
Mots-clés : Genre, Mouvements sociaux, Politique, Santé, Sociologie, Travail,
Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)
Renseignements : Marc Bessin, CEMS, 54 Bd Raspail, 75006 Paris, 01 49 54 25 59, bessin(at)ehess.fr ou Numa Murard, université Paris VII, Centre de sociologie des pratiques et représentations politiques CSPRP, Case postale 7101, 75205 PARIS Cedex 13, 01 57 27 66 90, Murard(at)univ-paris-diderot.fr. En confirmant par mail votre participation, vous recevrez les textes et informations liées au séminaire.
Site web : http://cems.ehess.fr/document.php?id=149
Adresse(s) électronique(s) de contact : bessin(at)ehess.fr
Le séminaire s’est organisé autour des interventions sociales et du travail social, en nous éloignant des aspects juridico-administratifs et politiques abordés l’année précédente, pour nous intéresser cette fois aux relations de face-à-face. Dans ce prolongement, nous avons étudié les régimes de genre qui caractérisent les interventions sociales aujourd’hui. Le champ du social connaît des transformations multiples qui affectent les métiers et les modalités du travail avec les usagers. Sous le vocable « l’État social actif », la rationalité managériale se combine avec la mise en mobilité des personnes, appelées à trouver elles-mêmes leurs supports, à compter sur leurs propres ressources, notamment biographiques. Ces mutations du travail social, que l’on peut rassembler sous un registre de la présence sociale, se centrent sur la relation et l’écoute, et pratiquent très largement l’injonction biographique pour travailler « l’activation » des usagers. Une lecture de genre de ces évolutions a permis de les resituer dans les débats sur la solidarité et les transformations de l’État social. Mobilisant les problématiques du genre et du care pour décrire le champ du social, le séminaire s’est appuyé notamment sur des recherches menées en France, en Belgique et en Suisse.
Le séminaire nous a permis d’étudier d’une manière collective les pratiques et les savoirs mobilisés par les intervenants sociaux pour « s’arranger » avec le genre, cela dans les deux dimensions principales de leur activité. Premièrement dans les interactions avec les usagers ou clients qui révèlent la sexuation des publics-cibles, des formes de dépendance qui les constituent et des horizons d’autonomie qui leur sont proposés. Deuxièmement dans les interactions entre salariés et bénévoles, professionnelles et profanes, qui révèlent la dimension genrée des identités professionnelles et des répertoires d’action. Ce travail collectif met en évidence l’impensé qui frappe le genre dans le domaine du travail social et qui risque de renforcer les inégalités sociales et sexuées, parfois racialisées, que les politiques sociales entendent corriger.
Le travail du séminaire a permis enfin de mener une analyse collective du concept d’autonomie au prisme du genre. L’activation du welfare en vue de l’autonomie des individus présuppose que ces individus franchissent successivement les étapes de la vie sur un rythme et suivant des modalités qui font fi de la différence de sexe et de genre. Or les rapports sociaux de sexe et de genre font qu’il existe, volens nolens, deux sortes d’individus et deux sortes d’autonomie. Si la première est conforme au schéma de la souveraineté individuelle, de l’homo clausus, de la déliaison des attachements qui entravent le gouvernement de soi, la seconde renvoie volontairement ou par force à l’interdépendance, à la liaison constitutive, à la fois liée et liante, de la vulnérabilité. Dès lors le projet d’une autonomie susceptible de constituer un paradigme efficace pour les transformations de l’État social ne peut faire l’économie d’une réponse à cette différenciation continuée.
Ce séminaire s’est appuyé sur les interventions et les textes de Coline Cardi (les dispositifs d’aide à la parentalité), Élisa Herman (sur le travail social féministe), Élise Lemercier (les médiatrices de quartier), Marie-Thérèse Coenen (les formations au travail social en Belgique), Marianne Modak (le care des assistantes sociales en Suisse) et Odile Steinauer (sur les associations d’aide aux victimes).
Nous opposant aux réformes imposées par le gouvernement sur la recherche et l’enseignement supérieur, nous avons participé à l’opération « Changeons le programme ! » en consacrant plusieurs séances du séminaire aux impacts genrés des restructurations du monde académique, notamment en revenant sur les premières expériences de recherche collective féministe des années 1970.
Dernière modification de cette fiche : 18 juin 2009.
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